Nos Ghibli préférés

 
 
 
 

L’annonce de la pause dans la production de films du studio Ghibli nous a tous un peu chamboulé à la rédaction, faisant nous aussi partie de son immense fanbase. Du coup, on a pris nos plus jolies plumes pour rendre hommage à nos films préférés de la firme.

 

Le choix de Miho: Le Tombeau des Lucioles d’Isao Takahata (1988)


Durant la Seconde Guerre mondiale, sous les bombardements de Kobe, deux enfants fuient et tentent de survivre dans ce Japon dévasté. Il faudrait bien plus que ce résumé pour rendre justice au film d’Isao Takahata. Le tombeau des lucioles est une allégorie à tous les niveaux : sur l’enfance qui passe trop vite, sur l’humanité qui n’apprend jamais de ses erreurs, sur l’importance du souvenir… Et si la mort rôde tout du long, ce n’est que pour mieux révéler la fragile et éphémère condition de la vie. Un film devant lequel les larmes coulent, certes, mais surtout un monument d’animation et de poésie.

 

Le choix de Gutbuster: Si tu tends l’oreille de Yoshifumi Kond (1995)


Si tu tends l’oreille s’inscrit dans un cadre urbain réaliste, s’efforçant de dépeindre le quotidien d’une adolescente nommée Shizuku. Mettant l’accent sur des problèmes pouvant paraître futiles aux yeux d’un adulte, le film adopte le point de vue de l’héroïne en exprimant les tracas de la jeunesse.   Loin des fresques épiques dessinées par Miyazaki. Loin de l’imagerie issue de la mythologie japonaise. Loin de la complexité de l’œuvre de Takahata, Si tu tends l’oreille prouve que la simplicité peut être un vecteur émotionnel très puissant. Quiconque ayant connu un amour de vacances durant ses jeunes années sera ravi de revivre la nostalgie liée à ce genre d’expérience. Yoshifumi Kond?, réalisateur de Si tu tends l’oreille, était souvent perçu comme la relève du studio, le digne successeur de Miyazaki. Malheureusement, il est décédé en 1998, forçant Hayao à abandonner son projet de retraite.

 

Le choix de Naughty Bear: Mon voisin Totoro d’Hayao Miyazaki (1988)


Difficile ici de ne pouvoir m’exprimer autrement qu’avec grande émotion. Mon voisin Totoro est la première œuvre d’une part sortie du studio Ghibli, et d’autre part réalisée par Hayao Miyazaki, que j’ai pu donner en pâture à mes mirettes qui furent du coup immédiatement subjuguées ! Beau, tendre, intimiste, débordant d’imagination, le quatrième film de Miyazaki narre les aventures de deux petites filles forcées de déménager à la campagne avec leur père du fait de la maladie dont souffre leur mère (récit en partie autobiographique, en effet, la mère de Miyazaki , atteinte de la tuberculose, fut hospitalisée pendant plusieurs années, alors qu’il n’avait que six ans) ; elles vont très vite faire la connaissance des totoros, de curieuses créatures qu’elles vont devoir apprivoiser… Répondant à son meilleur ennemi, Isao Takahata qui, la même année, se lance sur le projet du tout aussi puissant Tombeau des Lucioles, Miyazaki préfère réagir au tragique par le merveilleux sans jamais tomber dans une quelconque niaiserie. Que dire si ce n’est que toutes les séquences du film sans exception, de l’arrêt de bus au réveil par Mei d’un totoro en passant par la poursuite des noiraudes dans la maison, sont autant de purs petits chefs-d’oeuvres de magie, de douceur et de poésie bercés par les partitions toujours magistrales de Joe Hisaichi. Une merveille!

 

Le choix de Lullaby Firefly : Princesse Mononoke d’Hayao Myazaki (1997)


Prenant place dans un Japon médiéval propice à la fantasy, Princesse Mononoke évoque une mythologie bien plus sombre que les précédents métrages du maître. Nature séculaire, dieux vivants et ancestraux, Miyazaki nous plonge dans le cœur même de la légende, nous émerveillant par une réalisation d’une grande maîtrise, une représentation sublime des paysages du Japon, tout en montrant les ravages de l’Homme et de son expansion, de la guerre  qu’elle entraîne, des offenses qu’elle constitue envers les dieux traditionnels. Bien qu’assez éloigné de la féerie d’un Totoro ou d’un Château dans le ciel, Princesse Mononoke recèle de moments de magie, tout en conservant une certaine crudité dans la mise en scène de la violence.  Et presque 15 ans après sa sortie en salles, je me souviens encore du frisson ressenti lors de sa découverte sur grand écran.

 

Le choix de The Vug : Pompoko d’Isao Takahata (1994)


Créatures mythiques de la forêt, les tanuki se lancent en guerre contre l’expansion urbaine du Tokyo des années 60 qui menace leur environnement. Pensé par Miyazaki et mis en œuvre pas Takahata, Pompoko marque la fusion des deux têtes pensantes de Ghibli. La mélancolie écologique du premier se retrouve complétée par l’acuité humaniste du second. Malgré leurs assauts comiquement dérisoires, ces sympathiques animaux magiques n’échapperont pas à une inévitable extinction liée à l’explosion démographique du Japon. Sans aucune invective accusatrice, Pompoko nous rappelle que l’écologie reste avant tout une simple histoire de cohabitation. L’une des œuvres les plus pertinentes de Ghibli.

 

Le choix d’Evilhost: Nausicaä de la vallée du vent de Hayao Miyazaki (1984)

Le premier film de Hayao Miyazaki sortie en 1984, et en France en…2006 ! Il aura fallu attendre 22 ans pour voir ce chef-d’oeuvre dans les salles de cinoche Française. Et quel film. Adapté du propre manga de Miyazaki, Nausicaä contient déjà tout les thèmes de sa filmographie, notamment ceux de Mononoke Hime. 1000 ans après une guerre purificatrice et la chute de l’humanité, le monde est sous la menace d’une jungle toxique qui semble inarrêtable. Nausicaä (Qui est à la fois Ashitaka et Mononoke), une jeune fille vivant dans un paisible village, voit bientôt les prémices d’un nouvelle catastrophe. Mais possédant en elle une pureté et une sensibilité qui lui permettent de communiquer avec les habitants de la forêt, elle devient le seul espoir d’une paix durable entre l’homme et la nature.

Fable écologique apte à vous faire chialer toute les larmes de votre corps par des moments de grâce comme seul Miyazaki sait les faire, le film permettra de créer le studio Ghibli suite à son succès. Pas aussi définitif que Princesse Mononoke (Faut pas déconner non plus), il n’en reste pas moins une œuvre séminale d’une beauté saisissante.

 

Le choix de Nightmare: Le Voyage de Chihiro d’Hayao Miyazaki (2001)

« Pour ceux qui ont eu 10 ans, pour ceux qui auront 10 ans ». Voilà la dédicace que Miyazaki adresse à ses spectateurs, en parlant du Voyage de Chihiro. En le regardant, pas de doute, on replonge en enfance dès les premières minutes. Peut-être est-ce parce que c’est le premier Ghibli que j’ai vu, idéalisé comme un doudou, mais Chihiro reste pour moi mon favori des studios. Chihiro, petite fille timide et peureuse, se retrouve prisonnière de la sorcière Yubaba dans un monde interdit aux humains, sorte de station thermale pour les esprits. Elle y apprend le courage, le dépassement de soi, le pardon, la peur et enfin l’amour incarné par le prince-dragon Haku. Un voyage, accompagné d’êtres plus originaux les uns que les autres, qui la fait grandir.   Le Voyage de Chihiro  incarne l’anime parfait qui regroupe émotion, aventure, humour, et comme toujours beaucoup de poésie, le tout souligné par une BO sublime.

 

Le choix d’Hamburger Pimp: Porco Rosso d’Hayao Miyazaki (1992)


Avant son film testamentaire, Le vent se lève (il faut tenter de vivre), Hayao Miyazaki avait déjà traité l’avant et pendant Seconde Guerre mondiale… Ainsi que l’aviation. Comme la plupart des films du maître, la poésie de la nature passe par les airs, « la mer de nuages » et il y a toujours un souci du mecca design. En effet, l’hydravion se définit par excellence de voler et naviguer sur l’eau, d’où les excellentes courses-poursuites, ou courses aériennes mis en image. Et ajoutons, comme autre constante du style Miyazaki, l’onirisme, l’univers du rêve, propice à la magie et au dépassement de soi. La scène la plus probante étant l’héroïne Fio Piccolo voyant Porco comme un homme et non comme un cochon, lors d’un état de semi-éveil… Idée qui a d’ailleurs été repris en clin d’œil dans Rebelle de Mark Andrews et Brenda Chapman en 2012. Dans le récit, une femme est transformée en ours…Et ce ne serait pas la seule… Notons aussi que l’humour par le personnage de Donald Curtis, avec une scène dans la plus pure tradition burlesque hollywoodienne face à Porco.


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