Critique de Lucy

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Lucy

De Luc Besson

Avec Scarlett Johansson, Morgan Freeman et Choi Min-sik

France – 2014 – 1h29

Rating: ★★☆☆☆

2014, année SF pour Scarlett Johansson. Après avoir été intelligence artificielle (Her) puis extraterrestre (Under the Skin), la New-Yorkaise devient mutante dans Lucy, le nouveau Besson basé sur une mésinterprétation scientifique : on n’utiliserait que 10% de notre cerveau. L’absorption d’une nouvelle drogue lui permet ainsi d’utiliser progressivement les 90% restants. Poursuivie par des gangsters coréens, Lucy part à la rencontre du professeur Norman qui s’y connait doublement en sciences puisqu’il est interprété par Morgan Freeman (narrateur de l’émission Voyage dans l’espace-temps).

Her, Under the Skin, Lucy… Cherchez l’intrus. Certes, Lucy témoigne d’une fascination certaine de Luc Besson pour son sujet. Pour illustrer le plus clairement possible son propos, le réalisateur n’hésite pas à intercaler dans son montage quelques stock-shots (dont encore quelques plans vus du ciel de Yann Arthus-Bertrand qui n’ont pas été utilisés dans The Tree of Life) ainsi qu’une séquence préhistorique où l’on rencontre l’autre Lucy, l’australopithèque originelle dont est issue l’Humanité toute entière. Et pour augmenter la pression, la progression du pourcentage cérébral gagné par l’héroïne s’affiche dans de sobres cartons rythmant le récit jusqu’à son climax. Dommage que tout cela ne soit davantage réfléchi, le film se contentant de recycler des idées visuelles déjà exploitées, jusqu’à sa conclusion empruntée à Akira.

Fidèle à lui-même, Besson rejoue ses mêmes gammes sur un air pseudo-scientifique. On a donc encore droit à la même héroïne bessonnienne – machine à tuer avec une coupe au carré, aux mêmes gangsters sadiques bessoniens (avec Choi Min-sik à la place de Gary Oldman ou Tchéky Karyo), aux mêmes fusillades bessonniennes (dont une dans les couloirs de la Sorbonne)…  Entre le sérieux du postulat de base (le rapport entre le cerveau et l’espace) et le rocambolesque de certaines séquences d’action (dont une petite course poursuite automobile bien emballée), on a presque l’impression d’assister à une collision entre The Tree of Life et Taxi, soit les deux extrêmes artistiques du cinéma produit par Besson. Besson n’étant pas Malick, le portenawak habituel reprend ses droits, donnant à Lucy des airs de film bis produit comme un blockbuster.

S’il reste dans les canons du divertissement labellisé par Besson, Lucy souffre des défauts récurrents de son géniteur : manque de subtilité dans la caractérisation de ses personnages, prévisibilité du scénario, traitement superficiel de thématiques pourtant originales… Du travail bâclé qui trouvera son audience (quoi qu’on en pense, Besson est vraiment aimé de son public), d’autant plus que Lucy renoue avec un cinéma d’action que le réalisateur semblait avoir délaissé depuis Le Cinquième élément. Dommage que cela soit naïf et convenu.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».