Critique d’Expendables 3

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Rating: 3.0/5 (2 votes cast)

The Expendables 3

De Patrick Hughes

Avec Sylvester Stallone, Jason Statham, Harrison Ford, Arnold Schwarzenegger, Mel Gibson…

États-Unis – 2014 – 2h06

Rating: ★★☆☆☆

 

Barney Ross et sa team sont envoyés en mission par la CIA pour stopper un trafiquant d’armes. L’opération tourne mal, laissant un des membre des Expendables grièvement blessé, avant que Barney ne découvre que ce trafiquant ne lui est pas tout à fait inconnu… Il décide alors de dissoudre son équipe et d’engager des nouvelles recrues.

Et voilà. En lisant le pitch, on comprend déjà que quelque chose cloche au royaume des gros bras. Le projet Expendables a été lancé et porté par Sly avec un amour du genre et une sincérité incroyable. La même sincérité qui a fait renaître Rambo en 2008 et Rocky en 2006. Il injecte dans ses deux personnages toute sa hargne et son envie de crier au monde que non, Stallone n’est pas mort ; car sous ses rides et son botox se cachent encore tout plein de gros muscles veineux.

Si Expendables n’arrive pas à atteindre la puissance de ces deux derniers films (notamment lorsque Stallone utilise les mêmes ficelles de motivation que dans John Rambo, à savoir retrouver espoir en l’humanité grâce à un personnage féminin fort), il transpire néanmoins l’envie de bien faire, d’offrir un dernier baroud d’honneur aux fans du cinéma d’action des années 80/90. Il fallait voir l’état de Sly à la fin du tournage, complètement épuisé, après plusieurs voyages à l’hosto (il n’a pas été doublé une seule fois dans le premier volet).

La suite sortie en 2012 garde le même esprit mais Stallone, ayant tout donné dans le film précédent, n’assure pas la réalisation de cet opus. On se retrouve devant un actioner certes fun, avec des personnages toujours aussi cool (Jean-Claude Van Damme déchire !), mais formellement brouillon avec des dialogues affligeants. La barre descend d’un cran, même si au final le déluge d’action et le capital sympathie des « sacrifiés » reste intact.

Il est difficile de ne pas baver devant l’impressionnant casting du troisième volet des Expendables. De plus, on récupère Harrison Ford à la place de Bruce Willis, que demande le peuple ? Et pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher d’être déçu à l’arrivée du générique de fin.

Je vais être clair tout de suite, si vous avez aimé les aventures de la bande à Barney Ross jusqu’à présent, vous trouverez de temps en temps votre compte devant Expendables 3. Notamment dans la première demi-heure, enchaînant les scènes d’action de manière spectaculaire. L’évasion du Doc (Wesley Snipes) est jouissive, une excellente entrée en matière qui plante bien le personnage, suivie de l’impressionnante opération intégrant le personnage de Stonebanks (Mel Gibson) qui va marquer le tournant tragique du métrage. Sans vous spoiler quoi que ce soit, sachez que Stonebanks est un bad guy particulier pour Barney Ross. Tellement particulier que Barney va décider de dissoudre les Expendables pour remonter une nouvelle équipe. La raison ? Il ne veut pas entraîner ses amis et risquer leur vie pour son désir obsessionnel de vengeance. Ils sont trop vieux, il est temps pour eux de quitter le sentier du guerrier (mais Statham et Couture ils ne sont pas si vieux, et puis… TA GUEULE !). C’est exactement le même mécanisme narratif classique que pour le premier film, un méchant très méchant, Barney veut l’affronter tout seul, puis finalement tout le monde se serre les coudes et l’équipe entière part au combat. Sauf qu’ici, Stallone a eu la mauvaise idée d’intégrer une nouvelle équipe. Sur le papier, faire se côtoyer les vieux de la vieille avec la nouvelle génération, pourquoi pas. Sauf que le concept de base des Expendables est oublié en chemin.

La rencontre vieux/jeune était déjà présente dès le premier film avec le duo Sly/Statham. Stallone a voulu étendre l’idée en la mettant cette fois-ci au cœur de son film. On se retrouve fatalement avec un scénario qui n’arrive pas à gérer son trop plein de personnage, faisant disparaître son casting de trognes boursouflées pendant un tiers du film au profit d’une nouvelle bande tout droit sortie d’un Sexy Dance. La scène d’action dédiée à la « new school » fait forcément tache dans un film ou le concept d’origine et de voir des gros bras bourrins défoncer des portes. Dans cette scène les portes on ne les défonce pas, on les ouvre en les piratant informatiquement puis on nous dit dans l’oreillette exactement tout ce qu’il se passe, pour ne pas prendre trop de risque.

Vous ne verrez aucune goutte d’hémoglobine dans ce film, aucune tête arrachée, pas de tripes, rien, nada. Les litres de sang ne font pas les bons films, on est d’accord, mais dans un Expendables ça amoindri forcément l’impact et la violence des coups. Même si la mise en scène est beaucoup plus soignée que dans le précédent film réalisé par Simon West, les incrustations foireuses et la pauvreté des décors (vous aimez les hangars gris et/ou désaffectés ?) ne rendent pas hommage au bon boulot qu’a fourni Patrick Hughes. Bon, les explosions en CGI et les hangars vides, c’est un peu la marque de fabrique d’un Expendables, cependant je pense qu’avec cet opus on atteint facilement l’overdose.

Au final Expendables 3, sans être une catastrophe, est décevant. Il montre les limites d’une franchise qui a du mal à se renouveler. Pire, elle laisse place à la fainéantise, ce qui fait mal au derche quand on se rappelle le taux d’implication de Sly et des autres acteurs sur le premier film. Stallone semble retomber dans ses vieux travers, il avait pourtant réussi à sortir la tête de l’eau en offrant des films ultimes, à contre courant, violents, intimes et remplis de sens qu’étaient son John Rambo et son Rocky Balboa. Allez Sly, fais pas chier, refais nous des bons films !

Gutbuster

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