Critique de Meurtres

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Murder Loves Killers Too

De Drew Barnhardt

Avec Christine Haeberman, Allen Andrews, Mary LeGault, Scott Nadler, Johnny Jenkinson et Kat Sumski

États-Unis – 2009 – 1h15

Rating: ★★★★★

Ils sont jeunes, ils sont irresponsables et n’en ont rien à foutre et surtout ils sont en week-end. Malheureusement ils ont loué le chalet de Big Stevie, qui attend bien patiemment planqué dans la chaufferie de pouvoir livrer libre cours à ses petites lubies, et pour qui l’expression having daddy’ issues semble avoir été inventée juste pour lui.

Alors 75 minutes certes, mais 75 minutes bien denses ! Dès le premier quart d’heure, le décor est planté, les personnages posés : tous aussi insupportables les uns que les autres (heureusement des scènes de nudité absolument gratuites viendront compenser un peu tout ça) hormis notre héroïne, celle qui est single, celle qui tient le mieux la bibine, et tout de suite ça se met à éviscérer à tour de bras. Mais ce qui frappe absolument et quasi-immédiatement dans ce petit slasher pas prétentieux du tout, c’est la qualité impeccable de sa mise-en-scène car non-content de s’en donner à coeur-joie avec les codes du genre – dont un clin d’œil immanquable au Shining de Stanley Kubrick – le réalisateur et sa petite équipe n’en finissent pas de nous jeter à la figure des trésors de cadrages ainsi que des merveilles de conduite de plan-séquence, de quoi faire vraiment pâlir bon nombre de productions contemporaines locales et boursouflées de temps psychologiques cliniques épuisants.

Ici il y a toujours quelque chose à regarder, que ce soit les circulations à l’intérieur de l’image d’une fluidité ahurissante auxquelles peuvent tout aussi bien succéder une série de plans fixes, enchainés avec un montage aussi cut qu’ un hachoir – et tous absolument virtuoses dans leurs variété de changement d’axes et de points de vue. Certaines scènes gores pourront peut-être vous soulever le cœur (un peu), mais c’est la redoutable efficacité de la mise-en-scène, exploitant le moindre coin de moquette de sa seule unité de lieu (pendant au moins les trois-quarts du film disons), qui risque bel et bien de vous décrocher la mâchoire.

Dans son dernier tiers, le film amorce un virage à 180 degrés dans son intrigue et ralentit quelque peu son rythme pour suivre notre tueur rentrant bien tranquillement au domicile familial après avoir accompli ses petites besognes. Pas de grandes théories ici non plus , on se rend rapidement compte que notre machine à tuer implacable est en réalité en pleine compensation d’une vie de famille exécrable. Le twist final apparaît ensuite comme un diable sur ressort qui surgit de sa boîte mais ponctue le métrage d’une petite réflexion bien sympathique sur les apparences. N’hésitez pas une seconde, préparez les chips et le pop-corn et come say hello to Big Stevie.

 

Nonobstant2000

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Le samedi soir il mange des chips. Pas de catch, pas de foot; si tu veux tu peux venir!