Critique de The Zero Theorem

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The Zero Theroem

De Terry Gilliam

Avec Christoph Waltz, Mélanie Thierry, David Thewlis, Lucas Hedges, Matt Damon et Tilda Swinton

États-Unis/Roumanie/Royaume-Uni – 2013 – 1h47

Rating: ★★★★☆

Dans un futur hyper-connecté. Qohen Leth est un informaticien au comportement étrange, vivant le plus souvent reclus dans la vielle chapelle dévastée qui est devenue son logement. Chargé par son patron Management de travailler sur le Théorème Zéro qui percerait les secrets de l’existence humaine, Qohen voit sa mission compromise par Bainsley, une jeune femme sexy adepte de cyber-romance, et Bob, le fils surdoué de Management.

Après la dystopie (Brazil), la fin du monde et le voyage dans le temps (L’Armée des douze singes), Terry Gilliam revient à la SF qui a fait sa renommée de cinéaste avec The Zero Theroem, accordant cette fois-ci le cyberpunk au mysticisme scientifique, soit le nihilisme technologique accordé à l’émerveillement des forces de l’Univers. Si la question du pourquoi du comment de l’Univers et de l’Existence avait déjà été tournée en dérision avec ses joyeux compères britanniques du Monty Python (La Vie de Brian, Le Sens de la vie), elle devient ici le reflet d’une vaine obsession scientifique dans un monde où la science s’est substituée à la religion et se retrouve paradoxalement devant les mêmes interrogations. Qohen, soit Cohen (« prêtre ») avec un Q comme Question, devient ainsi prophète d’une ultime vérité métaphysique que seule la science pourrait dévoiler.

S’il arrive bien à la bourre après Pi (le secret mathématique de l’Univers) et The Fountain (le repos cosmique de l’âme) de Darren Aronosfky, The Zero Theorem parvient à cerner son sujet sans réponse par une modélisation de l’Univers et de la Conscience en trois strates. D’abord le Cosmos, répondant aux lois immuables de la physique (nos atomes finiront tous dans un trou noir). Ensuite notre perception du Cosmos, réduite à nos sens, notre cerveau et notre durée de vie. Enfin l’intelligence cybernétique, issue de notre cerveau, qui génère à son tour de nouveaux mondes et consciences dans la plus totale virtualité.

Comme à son habitude, Terry Gilliam joue de la confusion du réel et laisse au spectateur le soin de décider au final dans quelle strate évolue réellement Qohen tout en ironisant sur la solitude du vivant qui se coupe de ses semblables pour atteindre Dieu, entreprise vaine pour l’ecclésiastique comme pour le scientifique. Loin d’être son film le plus évident, The Zero Theorem reste néanmoins d’une parfaite cohérence dans l’œuvre de Gilliam et offrira à ceux qui accepteront de jouer le jeu un trip mystique des plus intrigants.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».