Critique de Locke

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Rating: 4.0/5 (1 vote cast)

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Locke

de Steven Knight

Avec Tom Hardy, Olivia Colman, Ruth Wilson

Etats-Unis / Royaume Uni – 2013 – 1h25

Rating: ★★★★☆

 

Ivan Locke est un contremaître accompli, marié et père de deux enfants. Un soir, au lieu de prendre sa route habituelle et de rentrer chez lui, il décide de partir suite à un mystérieux appel.

Les films à concepts relève de l’exercice de style casse gueule par excellence. Si on appréciera toujours la prise de risque liée à ces drôles de métrages, force est de reconnaître que bien souvent ça ne marche pas (Coucou Buried). il est donc assez énervant de voir une très bonne idée tuée dans l’oeuf pour de multiples raisons (Ryan Reynolds par exemple).

Locke se déroulant intégralement dans une voiture, le scepticisme plane pendant une bonne demie heure, tant le rythme est aussi plat qu’une autoroute. Une mise en place longuette, faite d’appels entre quelques personnes interagissants avec le personnage principal. Et pourtant le miracle s’accomplit, le film finissant par décoller de bien belle manière, exposant enfin ces intentions.

 

 

 

Sans trop en dire, et au delà du pseudo thriller dans lequel on aurait pu tomber, Steven Knight questionne le spectateur sur sa propre existence et l’impact d’un tiers sur nos futures décisions. Est ce que vous, moi, ou le voisin du dessus avons nous eu un jour entre les mains un choix tellement insensé qu’il aurait l’effet d’une bombe nucléaire sur notre vie ? Le genre qui change à tout jamais la construction minutieuse d’un idéal, de ses fondements au toit. Et si oui, a-t-on eu, ou aurions nous le cran de nous jeter à corps perdu dans l’inconnu ? Le film dresse d’ailleurs un parallèle intéressant entre le job de Locke et ses repères émotionnels, mais le spoil n’étant plus très loin je m’en vais donc me taire sur ce point.

Si on appréciera l’intelligence de l’histoire, il faut aussi dire que le processus d’identification marche du feu de dieu grâce à Tom Hardy, ce dernier délivrant l’interprétation solide d’une victime consentante de sa propre condition humaine, avec forces et faiblesses. Il est difficile d’en dire plus sans en révéler, mais je ne saurais que trop vous conseiller ce Locke. Et peut-être que vous finirez même par verser une petite larmichette d’émotion dans les derniers instants, ce qui est mon cas. Pas mal pour un film qui se passe uniquement dans une bagnole sur l’autoroute.

Evilhost

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About Evilhost

Venu du futur pour empêcher Argento de devenir aussi mauvais qu’Uwe Boll, j’ai malheureusement échoué dans ma mission. Ainsi donc, je suis bloqué dans cette réalité alternative ou Spielberg est considéré comme un génie, condamné par les dieux du bis à mater en boucle et pour l’éternité la filmo de Jean Luc Godard.