Critique de The Homesman

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The Homesman

De Tommy Lee Jones

Avec Tommy Lee Jones, Hilary Swank, Miranda Otto, Grace Gummer, Sonja Richter

Etats-Unis – 2014 – 2h02

Rating: ★★★★☆

Nebraska, 1854. Dans une petite bourgade, trois femmes viennent d’être diagnostiquées folles suite aux aléas de la vie, perte d’un être cher ou mauvaises récoltes et mort du bétail. Mais les maris ne semblent pas assez forts, pas assez courageux, pour entreprendre le voyage pour les placer en institut ou en foyer. La charge revient alors à Mary Bee Cuddy, fermière vieille fille (31 ans au siècle dernier, c’est vieux pour une femme non mariée) qui, à la rencontre d’un condamnée par pendaison, décide d’embaucher ce dernier dans ce long périple au centre des Etats-Unis…

À Celluloïdz, on a essayé de vous définir, de vous expliquer, le genre western à travers trois prismes [que vous pouvez retrouver ici], un genre qui n’existe maintenant que par tendance revival (Gore Verbinski et ses Rango et Lone Ranger) ou pour imager et comprendre la crise américaine actuelle. Le premier film de Tommy Lee Jones, 3 Enterrements, est aussi un western, où la frontière n’est plus l’ouest mais le sud (le Mexique). Et tout comme ce second film, il correspond au western crépusculaire comme la plupart des western contemporains, c’est-à-dire un western où la direction du voyage est rarement l’ouest mais plutôt l’est, dans une idée de quête spirituelle, intérieure, se rappeler d’où on vient pour savoir où l’on va. Alors ce duo mixte, transportant ces trois femmes meurtries (dans une roulotte rappelant les fourgons de police…)  vont à la fois s’apprivoiser, se faire confiance et se confronter.

Mary Bee, pieuse et instruite (elle vient de New York et adore la musique, quelle hipster!) est rude et autoritaire (ce qu’on lui reprochera tout au long du film) pour vivre  sa condition de femme non-mariée (une situtation qu’elle vit bien mal) quand Georges Briggs se montre totalement désabusé de ce pays où la propriété, maître-mot du fonctionnement américain, sera à jamais un concept flou (que ce soit une maison, des animaux, voire même des femmes) et la loi des armes reste la loi commune à tout le monde avant celle des mots. Cela amène à une magnifique séquence d’un hôtel enflammé, figure de vengeance mais aussi de besoin (nécessité fait loi, dicton pouvant être appliqué quand on a faim) comme dans Johnny Guitare de Nicholas Ray, mais aussi au développement de la friction et luttes des classes, ainsi que la faillite des banques (dernière partie du film).

C’est un portrait d’une Amérique peu flatteuse où s’enivrer reste la seule échappatoire…

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…