Critique de The Raid 2

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The Raid 2 : Berandal

De Gareth Evans

Avec Iko Uwais, Arifin Putra, Yayan Ruhian, Julie Estelle

Indonésie – 2014 – 2h28

Rating: ★★★★☆

Après avoir survécu à l’immeuble bunker de The Raid, Rama se retrouve à nouveau plongé dans un autre bunker : une prison où la violence radicale est de rigueur. En effet, le flic doit s’infiltrer dans un gang dont le fils du caïd est en prison avec lui, ce qui pourrait l’aider à trouver le meurtrier de son frère…

D’un huis-clos jouant sur la verticalité (monter au dernier étage pour arrêter le boss criminel) nous passons à un huis-clos jouant sur l’horizontalité, la prison. En effet, les différentes scènes tournées au réfectoire, aux toilettes, mais surtout dans la cour à ciel ouvert (propice aux éléments climatiques et naturels), impliquent un univers carcéral brut et extrême. Mais c’est aussi  un espace magnifiquement délimité : que ce soit une porte séparant un homme de la meute ou des déplacements entre des tables de cantine, on a toujours l’impression que l’espace ou le cadre sont dans un processus de réduction. Pourtant le tournage a été fait en cinémascope par souci de cadre large. Le meilleur exemple est la mêlée sanglante dans la cour de prison, où des différents groupes se rassemblent au départ, puis se livrent à une bataille rangée. Et enfin, le summum est atteint avec la confrontation avec les policiers en noir pris en étau, dans des mouvements de caméra circulaires (en travelling, grue ou steadycam) et en plongée. Et c’est doublement le meilleur exemple pour sa graduation du combat et de la violence et sa diversité, pour un rendu fluide, dynamique et nerveux.

Bien que d’autres espaces peuvent être évoqués (métro, cuisine…), la nouveauté pour le réalisateur est de faire une séquence en voiture,  entre course-poursuite, gunfight et kung-fu très rapproché. Pourtant les autres scènes de combat, notamment avec une femme aux lunettes de soleil équipée de deux marteaux (clin d’œil et pied de nez à Old Boy et l’actrice n’est une vraie pratiquante du silat, l’art martial indonésien) ou d’un garçon avec une batte de base-ball, restent épurés pour être plutôt étirés dans la longueur avec un excellent travail sonore (le mixage et le bruitage ont été fait aux Etats-Unis dans les studios Skywalker). Et ces séquences s’enchaînent, passé l’épisode de la prison, à un rythme haletant dans des chorégraphies brutales (à faire pâlir toutes les scènes de ce genre réalisées par Zack Snyder). Néanmoins l’action ne suffit plus dans un film de 2h28, et les séquences de dialogue ou de progression du récit sont assez moyennes, hormis une bonne blague dans un tournage d’un porno crade et l’empathie que l’on peut avoir pour le personnage de Prakoso (Mad Dog dans le premier volet). En effet, il apparaît en héros sacrifié dans un guet-apens dans une discothèque à la couleur bleu pétrole, pour une fin dans la neige mortifère teintée de sang… D’ailleurs la plupart des couleurs du film sont assez sombres et froides.

On retrouve le côté « jeu vidéo » du premier volet, avec différents boss, le travail grandiose des combats bien au-dessus du premier volet mais Gareth Evans n’arrive pas à donner une dimension épique à son film. Alors gloire à lui, qui a malgré tout créé le film d’action d’épure.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…