Pourquoi Edgar Wright a quitté Ant-Man (et pourquoi c’est plutôt une bonne chose)

Incroyable coup de tonnerre dans la sphère cinéphilo-geek vendredi dernier à l’annonce du départ d’Edgar Wright, (la trilogie Cornetto, Scott Pilgrim) du projet Ant-Man, pour divergences créatives. La nouvelle a de quoi choquer, Wright et son acolyte Joe Cornish bossant sur le script depuis 2006, et la production devant débuter incessamment sous peu, Marvel ayant déjà fixé la date de sortie du film au 17 juillet 2015.

Au vue de l’énorme investissement de Wright dans l’affaire, et ce dès le départ, il y a fort à parier que le désaccord “créatif” en question soit assez significatif pour que le réalisateur abandonne son rêve. Mais avec un certain recul, il aurait été difficilement inévitable, pour plusieurs raisons.

Edgar Wright est un vrai cinéaste, qui a imposé son style à la fois avec gloire et honneur avec sa trilogie Cornetto ( Shaun of the Dead, Hot Fuzz et The World’s End), et Scott Pilgrim VS The World, bide US mais film résolument culte également, ce qui n’a pas pour autant ébranlé Marvel dans son choix de réal pour narrer les aventures de l’Homme-fourmi.  Ses fans l’admirent et l’adulent notamment pour ça, cette liberté totale, en tant que scénariste et en tant que réalisateur. Il s’est donc investi depuis presque dix ans à tous les niveaux du projet, de l’écriture du scenario à la préparation pré-prod.

Le problème majeur, c’est qu’entre-temps, Iron Man est sorti, puis le 2, puis The Avengers, et toutes les franchises parallèles bâties par la firme depuis. Entre-temps, une stratégie a été établie, un cahier des charges constitué et une uniformité s’est imposée, pour pouvoir satisfaire le public visé et constitué, ne se limitant plus aux geeks et fans en tout genre, mais visant une audience plus largement familiale. Peut-être la version de Wright différait trop de ce schéma. Quoi qu’il en soit, selon le site Latino-Review , il semblerait que Marvel ait fait passer il y a 3 mois des notes concernant le scenario, a priori sur la moralité de l’histoire et des personnages, contraignant Wright et Cornish à livrer deux nouvelles versions du script, prenant en compte des notes de la firme, tout en conservant leur vision initiale.

Mais il y a 6 semaines, toujours d’après Latino-Review , Marvel aurait décidé de reprendre le script en main, le faisant réécrire par deux scénaristes quasi-anonymes. Wright aurait encaissé, préférant attendre de voir ce que donnerait cette nouvelle réécriture. Mais après en avoir pris connaissance, cette dernière aurait été qualifiée de “mauvaise” par Wright lui-même, appauvrie et à mille lieux de sa vision.

On pensait un peu naïvement que Marvel  était en train de devenir une super écurie au delà des franchises, faisant ces derniers temps des choix audacieux comme confier Avengers à Joss Whedon ou Les Gardiens de la Galaxie à James Gunn (réalisateur issu de Troma, rappelons-le). Il semblerait que le vernis s’écaille déjà, les limites de cette ouverture d’esprit artistique apparaissant dès qu’un projet dépasse le cadre du “tout public”.

On croise les doigts pour James Gunn, et on se console en se disant qu’Edgar Wright, un de nos réalisateurs préférés, a su conserver son intégrité et sa liberté de création.

On conservera donc en tête ce tweet de son ami Simon Pegg : “Incredibly proud of my friend @edgarwright, this morning as I am always.”  (« Incroyablement fier de mon ami Edgar Wright, ce matin comme je le suis toujours »).

Ses fans le sont aussi.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.