Critique de 47 Ronin

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47 Ronin

De Carl Erik Rinsch

Avec Keanu Reeves, Hiroyuki Sanada, Kô Shibasaki, Tadanobu Asano, Rinko Kikuchi

Etats-Unis – 2013 – 1h59

Rating: ★★★★☆

En 1701, dans la région d’Ako, un groupe de samouraïs est laissé sans chef, par conséquent ronin, suite au seppuku (hara-kiri) de leur seigneur daimyo Naganori Asano. Ce dernier fût condamné par le shogun Tokugawa Tsunayoshi suite aux accusations de blessures du maître de cérémonie  Yoshinaka Kira. Les ronin établissent une vengeance pour réparer l’injustice de leur défunt maître, 2 ans de travail, tout en ayant conscience qu’ils seront condamnés au seppuku, une mort digne pour un sabreur. Mais la version qui nous est donné à voir commence par le recueillement d’un enfant métis…

Vous l’aurez compris, ce fait historique est romancé à la sauce Hollywood car il n’y avait pas de « sang-mêlée » dans la troupe (pourtant le pays du soleil levant avait des étrangers bataves et même des noirs esclaves ou affranchis) réclamant justice pour leur maître tout en montrant leur bravoure. C’est la loi d’Hollywood, poussant un réalisateur occidental à faire jouer tout un casting japonais en anglais (avec accent à couper au couteau), prenant comme premier rôle Keanu Reeves, tout simplement parce qu’il fallait une star d’Hollywood. C’est un film de sabre fantastique au récit à la fois politique (la critique du système féodal shogun, présente aussi dans les films Seppuku et le remake de Takashi Miike ainsi que 13 Assassins), mais aussi un film romantique (une histoire d’amour impossible) et humaniste car le marginal essaie de se faire accepter dans l’adversité, Keanu Reeves toujours aussi mutique nous rappelant son personnage fétiche, Neo.

Pour préciser, dans le fantastique, on serait plutôt proche de l’heroic-fantasy avec notamment un bestiaire particulier. D’un cerf à la taille de buffle ou de rhinocéros ou de la sorcière se métamorphosant en renard argenté ou dragon, on peut immédiatement penser à l’univers de Miyazaki (surtout Princesse Mononoké et Le Voyage de Chihiro). Mais on peut aussi penser au film de fantôme chinois (que l’on peut aussi appeler kung-fu fantasy) par la sorcière séductrice, aux allures de concubine négligée, car mal coiffée, à la gestuelle lancinante et aux poses lascives. Et on peut ajouter la séquence ballet (fantastique dans les deux sens du terme) avec des êtres surnaturels (démons) aux habits de moine dans une grotte. Souvent, le passage dans une grotte dans ce genre de film hong-kongais est un passage de vérité pour le héros. Finissons par les combats, se révélant variés et côtoyant la qualité chorégraphique (dans le sens de ballet comme cité plus haut) des films de kung-fu, avec une préférence pour l’assaut final, précédé d’une infiltration (ninja pour le coup), le tout devant un spectacle de théâtre.

Comme je l’ai dit plus haut, le réalisateur étant occidental, et le film se destinant à un public occidental, il n’est pas trop axé sur le cérémonial hormis la pratique du seppuku, alors que la culture japonaise d’époque fourmille de codes par son organisation sociétale. Un film qui peut-être ne touchera que les passionnés de film asiatique mais un essai à saluer d’un homme parlant d’une culture qui n’est pas la sienne.

Hamburger Pimp

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Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…