Critique de Goal of the Dead

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Première mi-temps

de Benjamin Rocher

Deuxième mi-temps

de Thierry Poiraud

Avec Alban Lenoir, Patrick Ligarnes, Bruno Salomone, Charlie Bruneau,  Ahmed Sylla, Tiphaine Daviot

France – 2013 – 2h20

Rating: ★★★☆☆

Disponible en exclusivité iTunes le 29 Mai puis  le 4 Juin sur les plateformes VOD et enfin le 11 Juin en DVD/Blu-ray. 


En trois ans et demi d’existence de Celluloïdz, rares ont été les occasions de défendre la bannière tricolore en matière de cinéma d’Horreur (hors exception évidente de Hélène Cattet et Bruno Forzani). Arrivés après la bataille, quand la mouvance était à bout de souffle, on avait fini par penser que le ciné de genre français avait subi trop d’hémorragie dans cette fuite incessante des artisans du genre vers des contrées moins frileuses et par se résigner à l’idée qu’il ne fallait plus compter sur du 100% français.

Heureusement, l’espoir subsiste encore, preuve en a été lors de la projection d’un projet aussi fou qu’ingénieux, Goal of the Dead, film en deux parties, orchestrée respectivement par Benjamin Rocher (La Horde) et Thierry Poiraud (Atomic Circus). Choix délibéré ou constat objectif, le film ne sortira pas dans le circuit traditionnel, quatre projections du film sont prévues au cinéma 3 Luxembourg à Paris, en présence de l’équipe, avant que le film ne parte en tournée en province où il sera présenté lors de soirées spécialisées comme Deviant Zone à Avignon ou l’Absurde Séance à Nantes et dans des festivals, avant d’arriver directement en DVD en juin.

Le pitch de départ: Sam Lorit, joueur de foot en fin de carrière à l’Olympique de Paris, retourne dans son bled natal, Caplongue, qu’il a déserté 17 ans plutôt pour rejoindre l’équipe de la  capitale, à l’issue d’un match durant lequel la petite ville avait presque réussi à gagner sur la grande. Petite ville de fervents supporters de son équipe locale, Caplongue réserve à l’équipe une rencontre qu’ils ne sont pas prêts d’oublier.

S’inspirant du Grindhouse de Tarantino et Rodriguez, dont ils empruntent l’idée d’inclure de fausses bandes annonces, hommage ici aux VHS 80’s star des vidéo clubs à la Street Trash, Benjamin Rocher et Thierry Poiraud proposent non pas deux films distincts mais un même film en deux parties. Basé sur un seul scénario sans rupture de temps, Première Mi-temps et Deuxième Mi-temps parviennent néanmoins à garder une cohérence et une continuité, donnant à l’ensemble l’aspect d’un seul et même film en deux chapitres. Seule réelle rupture, les choix de réalisation des deux metteurs en scène, chacun apportant sa patte et son propre style.

Axant délibérément son segment sur l’aspect comique du film, Benjamin Rocher parvient à faire rire et sourire et à donner du corps à ses personnages principaux, aidé par un casting réussissant à garde un jeu toujours juste, qu’il soit comique, tragique ou horrifique. Les vannes sont fun, parfois même assez originales et on sent chez les deux réalisateurs, l’envie de s’inscrire dans la vague de la comédie horrifique européenne, dont Alex de la Iglesia et Edgar Wright font partie des chefs de file. Petit bémol, Première Mi-temps souffre de sa principale mission, poser les bases de l’intrigue et des persos, perdant du coup en moments épiques et surtout, n’ayant pas réellement l’occasion de livrer sa scène de zombies, celle-ci intervenant tard et manquant de clarté.

Deuxième Mi-temps, le second segment signé Thierry Poiraud, se déroule alors que la contamination fait rage dans le village. Le réalisateur est alors en charge de toute la partie Horreur/Action du double programme. Là encore, bien que des motifs de mises en scène s’avèrent originaux et bien menés, cette seconde partie se perd en revirement plus secondaires, manquant de puissance et de clarté au moment du climax. Des imperfections qui pourraient gêner les puristes nourris aux Romero, mais qui n’altèrent pourtant pas le réel plaisir de spectateur que procure le film, notamment parce qu’il a le mérite d’être fait par des fans de films de genre pour d’autres fans, parce qu’il transpire le désir de faire un vrai film de genre français, qui soit réellement dans son temps et qui cherche à vraiment faire plaisir aux spectateurs.

Sans être parfait, Goal of the Dead constitue néanmoins une initiative intéressante et importante pour le cinéma de genre en France, de par sa volonté de faire une vraie comédie horrifique à la Iglesia ou à la Wright, avec du foot et des zombies.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.