Critique de Sharknado

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Rating: 2.0/5 (1 vote cast)

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Sharknado

D’Anthony C. Ferrante

Avec Ian Zering et Tara Reid

États-Unis – 2013 – 1h26

Rating: ★☆☆☆☆

Saleté de réchauffement climatique ! Une immense tornade se dirige sur la côte ouest des Etats-Unis. Ne me demandez pas pourquoi ni comment mais cette tornade est suffisamment puissante pour sortir les requins de l’eau, les faire tournoyer dans les airs puis les propulser, gueules en avant, sur les habitants de Los Angeles. Parti à la rescousse de sa fille et de son ex-femme, un surfeur va tenter de sauver la Californie de cette calamité.

Avec son pitch improbable, ce téléfilm diffusé l’année dernière aux Etats-Unis sur la chaîne Syfy vient consacrer le studio de cinéma de genre le plus cheap du monde : The Asylum (Mega Piranha, Titanic 2, Atlantic Rim pour ne citer que quelques titres évocateurs), temple du mockmuster et refuge de gars qui n’en veulent dans un paupérisme à faire passer Roger Corman pour George Lucas. Tourné pour un million de dollars en vingt jours, Sharknado s’accroche à son délire, faisant fi de ses incohérences scénaristiques, de ses raccords foireux, de son illisibilité permanente, de ses CGI miteux et de ses stars au rabais (Ian Ziering de la série Beverly Hills, Tara Reid d’American Pie) pour faire un grand festival WTF qui ne tient que par sa propension à exagérer son grand n’importe quoi et de l’assumer sans en avoir réellement les moyens techniques (le making-of en devient même touchant). Chez The Asylum, plus c’est foireux, plus le cahier des charges est pleinement rempli.

Bien que cela fasse partie du pacte de lecture, on rit plus souvent contre le film qu’avec le film même si Sharknado recèle quelques scènes gore fendardes (le héros n’ayant sauvé que les jambes du nouveau mec de son ex-femme, le reste du corps étant absorbé dans la gueule d’un grand squale). Mais sa texture filmique dégueulasse (l’usage des stock-shots rappelle les films d’Ed Wood et la colorimétrie foudroierait sur place n’importe quel étalonneur) et le sur-abus des effets numériques foireux (besoin d’une voiture qui accélère, bouge-pas je t’en fais une vite zef’ sur l’ordi !) enfoncent le clou et font de Sharknado une production vraiment navrante, d’autant plus que son réalisateur Anthony C. Ferrante est loin de briller par son inventivité.

On pourrait comparer Sharknado avec un autre récent navet de sharksploitation plus réussi comme Bait et ses requins de supermarché mais ce serait oublier que le second possède vingt fois le budget du premier. Bon, ce n’est pas obligatoirement les moyens qui justifient la qualité d’un film mais le côté vite fait/mal fait de ce film fauché qui se veut très spectaculaire ne suffit pas à combler le grand vide scénaristique sur lequel il repose. En plaisir honteux de fin de soirée sur NRJ12, ça pourra éventuellement être fun mais sinon, c’est vraiment trop mauvais pour être recommandable.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».