Critique de Nymphomaniac Vol.2

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 .

Nymphomaniac : Volume II

De Lars Von Trier

Avec Charlotte Gainsbourg, Stellan Skasgard, Stacy Martin, Shia LaBoeuf

Danemark, Allemagne, France, Belgique – 2013 – 2h04

Rating: ★★★★☆

 

Nous poursuivons l’exploration de la psyché de Joe, à travers la sexualité, étant donné qu’elle se considère comme nymphomaniaque. Elle a retrouvé son premier amour ou l’auteur de son  dépucelage, au choix, Jérôme. Mais un sentiment de vide semble la traverser… Du moins semble traverser son vagin…

Dans la quête perpétuelle du désir sexuel à accomplir, en écho dans notre réalité avec la quête constante de satisfaction consumériste (tout produit de consommation est à portée de main ou du clic), le personnage de Joe se retrouve dans une impasse. En effet, comment une nymphomane peut vivre en couple et gérer sa maternité tout en découvrant le masochisme et le fisting ? Ce qui apparaît normalement comme un accomplissement et l’état de bonheur ne l’est pour elle. Ce qui permet de voir dans le second opus, la critique sociétale du cinéaste danois. Entre humour et ironie sur la question des minorités, la séquence du plan à 3 avec deux frères noirs se transforme en scène tarantinesque, et évocation de figures religieuses. Il y a un questionnement sur le fait de savoir si la société se doit de dicter tout action de celui ou celle qui la compose, par la morale, la culpabilité et le châtiment. Ou plutôt qu’une personne peut agir et vivre comme bon lui semble, dans les limites de la loi. Ce qui fait de Joe une libertine dans les deux définitions les plus connues: à la fois comme personne libre de toutes convention sociale remettant en cause les dogmes établis (ses différents propos sur l’amour et la thérapie et les pédophiles), mais aussi comme personne s’adonnant aux plaisirs charnels avec une liberté qui dépasse les limites de la morale, dans une attitude vagabonde et anarchiste.

Et de la dialectique installée au premier volet ? On en apprend plus sur Seligman, qui est finalement l’exact opposé de Joe. Lui est intellectuel et cultivé, c’est la théorie, Elle est téméraire et entêtée, c’est la pratique. N’être seulement que dans l’un des deux domaines mène à la solitude, la complémentarité des deux pourrait mener au bonheur. Alors se construit un simili-chemin de croix pour Joe, tour à tour jalouse, victime d’infection vaginale, cherchant une héritière (la charmante P) pour son boulot illégal, jusqu’à son état semi-inconsciente dans la ruelle et sa prise de conscience, ainsi que la mienne en tant que critique. J’aurais la conscience que cet oeuvre serait féministe, car comme réplique Seligman, si Joe avait été un homme on n’aurait pas la même appréhension. On en demande de plus en plus aux femmes: de s’occuper de la maison, gérer les enfants tout en étant toujours élégante et apprêter car le jugement des hommes est facilement trivial et élitiste (Seligman cède lui aussi à ce genre de choses…) voire dominant. Alors le corps devient l’unique arme féminine, remis au goût du jour par les FEMEN, et jusqu’au-boutiste avec Joe.

Toujours insolent et osé, LarsVon Trier ajoute un rôle de prestige à Charlotte Gainsbourg, qui semble être devenue la meilleure actrice française sur ces dix dernières années. N’empêche que la version director’s cut, durant près de cinq heures, peut proposer d’autres intrigues et réflexions et pas seulement des images de nues explicites.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…