Critique du Crocodile du Botswanga

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Le Crocodile du Botswanga

De Fabrice Eboué et Lionel Steketee

Avec Thomas Ngijol, Fabrice Eboué, Claudia Tagbo, Ibrahim Koma

France – 2012 – 1h30

Rating: ★★★★☆

Didier, agent de joueurs de football, doit amener son jeune prodige Leslie Konda dans son pays d’origine, le Botswanga. Il doit être décoré par le chef d’Etat Bobo Babimbi. Mais le Président semble avoir un projet, faire jouer Leslie dans l’équipe nationale, les crocodiles du Botswanga (en Afrique, chaque équipe nationale est associé à un animal hormis quelques pays) et il a besoin de l’aide de Didier…

Quatre ans après Case Départ, prouvant que l’on peut rigoler de tout, notamment et même de l’esclavage, la nouvelle comédie du duo comique passé par le Jamel Comedy Club se veut plus actuelle. En premier lieu, c’est une relecture de différents dictateurs noirs africains: Le côté sapeur de Mobutu de la République Démocratique du Congo ex-Zaïre, faisant même référence à son discours où il pleure et à sa parure léopard (devenant crocodile pour le coup), la stature militaire et ses relents racistes envers les juifs d’Idi Amin Dada d’Ouganda, le côté souverainiste de l’auto-proclamé Empereur de Centrafrique Bokassa et enfin Moussa Dadis Camara de Guinée, connu pour son coup de sang envers un homme d’affaires blanc que rejoue avec brio Thomas Ngijol lors d’une scène. « Maintenant il faut être un serial killer ou un politicien pour être une véritable rockstar », disait Jim Morrison. Mais ce n’est pas le culte de la personnalité qui intéresse le plus les auteurs.

Je le répète, le duo veut être actuel. Alors on traite, toujours avec humour ironique (c’est raciste mais vous comprenez que ce n’est pas vraiment raciste), les différents problèmes du continent africain. Du point de départ de la FrançAfrique (on évoque le cas particulier qu’a été l’Algérie et les histoires Total-Fina-Elf), aux innombrables guerres ethniques qui touchent encore des pays (Centrafrique, Congo, Rwanda) dans une ambiance paranoïaque (mais très drôle), à la question du Sida qui ne se retrouve jamais abordée de front (et cela c’est encore la réalité dans certains pays) ou encore l’impérialisme chinois, qui risque de devenir un vrai problème dans le futur, le cas de Madagascar n’étant pas unique (acheter des terrains pour cultiver le riz mais l’envoyer directement en Chine et non au commerce local). Enfin, il est aussi question de la déforestation poussée par les autres investisseurs étrangers. Mais c’est aussi tout une anthologie du comportement blédard m’as-tu-vu (sape, danse, proverbe insensé et « cheap ») avec jets de billets ou de bijoux. D’autres stéréotypes venant d’ailleurs sont évoqués (les Françaises sont des salopes, marocaine-marochienne…) pour aborder la question de l’intégration et de la France d’aujourd’hui : on a droit à une Marseillaise version gospel. Et de plus, l’équipe de France de football a été souvent prise à partie, ces dernières années, dans la question de l’immigration, intégration voire de l’islam(ophobie).

On peut conclure alors que la comédie de Papa, c’est fini et cela avec tout le talent que l’on prête ou non à Dany Boon (seul Rien à déclarer se montre actuel et le dernier qui va sortir, non merci). La France a changé ces 35 dernières années et le cinéma national devrait représenter cette nouvelle société avec ses différentes communautés, les nouveaux codes et nouvelles situations sans forcément tomber dans le Devine qui vient dîner? qui date de… 1967. Alors chapeau au duo Fabrice Eboué-Thomas Ngijol, mais aussi au duo Eric Tolédano-Oliver Nakache qui est à la tête de la nouvelle comédie française.

Hamburger Pimp


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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…