Hommage à Philip Seymour Hoffman (1967-2014)

 

 

 

Jeune premier dans les années 90, il a les seconds rôles. De son allure de gros ours blond un tantinet propre sur lui, c’est tour à tour un météorologue (Twister), un acteur porno (Boogie Nights), un avocat foireux (The Big Lebowski), un infirmier messager (Magnolia, qui lui permettra de faire partie de la troupe de Paul Thomas Anderson) ou l’interprétation du critic rock gonzo Lester Bangs (Presque célèbre). Les années 2000 lui permettent d’être pris au sérieux par Hollywood et loin d’un physique de beau-gosse, il enchaîne dans le genre: patron obscur dans Punch Drunk Love, journaliste arriviste dans Dragon Rouge et prof raté dans La 25ème heure. Et au milieu de la décennie, la consécration par l’incarnation d’un des auteurs américains les plus célèbres, Truman Capote dans le film éponyme. De là une opportunité de jouer les méchants (Mission Impossible 3, Doute, The Master, Hunger Games) les anti-héros (7h58 ce samedi-là, Good Morning England, Synecdoche, New York ou Rendez-vous l’été prochain qu’il a réalisé) ou le cabotin attachant (La famille Savage, La guerre selon Charlie Wilson, Les marches du pouvoir ou Le Stratège).

Comédien de théâtre mais gueule de premier de la classe qui aimerait trop les sucreries, Hoffman est fait pour le cinéma de genre. En effet, son jeu exprime à merveille l’ambiguïté, l’entre-deux propre au cinéma de genre, mais aussi la colère et la violence, intérieure ou non. Mais c’est aussi le savoir de jouer des personnages humains, trop humains, avec fêlures et blessures secrètes. Faîtes le test: de notre top 10 2013, il aurait pu jouer nombreux premiers rôles, que ce soit l’ingénieur son de Berberian Sound studios, l’intello puceau de A Field in England, un copain de pub dans Le Dernier pub avant la fin du monde, on aurait même pu l’imaginer dans Only God Forgives ou Mud. Vous comprenez donc que c’est un acteur qui voulait avant tout montrer l’humanité de ses personnage avant d’en révéler ses buts et ses épreuves, qu’il joue un méchant ou non.

Et c’est d’ailleurs par un délire de genre (l’héroïne) qu’il nous a quitté. Son dernier rôle sera un chef des services de renseignement allemands dans le prochain film d’Anton Corbijn, Un homme très recherché, un film de genre donc. Mais peut-être que l’on s’attardera plutôt à son improvisation du Festin Nu de William Seward Burroughs dans son appartement… Repose en paix l’artiste

Hamburger Pimp

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…