Critique Le Vent se lève

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Rating: 5.0/5 (1 vote cast)

 

 

Kaze Tachinu

De Hayao Miyazaki

Avec les voix de Hideaki Anno, Miori Takimoto, Hidetoshi Nishijima

Japon – 2013 – 2h06

Rating: ★★★★★

 

 

 

Tokyo, les années 20. Jiro, aîné pré-adolescent d’une famille de deux enfants, se rêve aviateur. Mais souffrant de myopie, il se tourne vers le métier d’ingénieur aéronautique comme son idole, le Comte Caproni qu’il rencontre en songe….

Loin de Porco Rosso, mais toujours dans l’idée d’univers onirique, Hayao Miyazaki en grand sage repense à son enfance (il est né dans les années 40) et à l’éveil artistique qui s’en est dégagé. Pour cela, en plus de son alter ego Jiro, pré-ado au début du film et adulte assumé à la fin, il crée un interlocuteur dans ses rêves de visionnaire, un ingénieur aéronautique italien. Ce dernier joue un rôle de professeur de la vie, car on a toujours l’impression de grandir trop vite en période de guerre et de vieillir trop vite en période de crise, de la course au développement aéronautique à la Seconde Guerre mondiale. Entre humour et contemplation de la nature, l’amour de Jiro se porte sur une peintre nommé Nahoko (d’ailleurs la nature dans sa beauté ne demande qu’à être peinte), le héros vit les cinq étapes de la rencontre (regard-parole-premier contact tactile-premier baiser-acte sexuel).  Alors le vent, omniprésent à en être un personnage à part entière, devient métaphore des inclinations émotionnelles, tantôt agressif, chaleureux voire délicat.

De plus, ce film est toute en épure… Mécanique. En effet, la Seconde Guerre est toute en évocation, jamais montrée, du moins jamais frontalement.  Un cauchemar prophétique au début du film, un tremblement de terre, une fuite d’un jeune homme dans les rues d’une ville allemande ou le fait que le héros se doit de se cacher de la police deviennent des substitutions du grand conflit. Mais il y a un travail de précision autant graphique que scénaristique sur la fabrication des avions: l’avion parfait est-il celui ressemblant le plus à un oiseau? De là, un dessin élastique tant sur les personnages selon leur humeur (le patron nain de Jiro) que sur les avions testés, dont souvent les ailes se cassent. Ces deux axes sont complémentaires pour souligner le travail « artistique et visionnaire » du métier d’ingénieur aéronautique, préférant partager leur rêve que d’êtres « des marchands d’armes ». Et l’avion est pensé comme objet artistique presque vivant, voire organique.

Si c’est son film testamentaire, Hayao Miyazaki, nous rappelle (merci grand sage) qu’il faut toujours aller chercher l’inspiration (une arrête de maquereau), croire en son talent servi par notre vision des choses, que l’amour est une belle énergie et pour conclure ne jamais négliger nos rêves car tout part d’eux. Le vent se lève…

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…