Critique du Loup de Wall Street

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The Wolf of Wall Street

De Martin Scorsese

Avec Leonardo DiCaprio, Jonah Hill, Margot Robbie, Rob Reiner, Jean Dujardin

Etats-Unis – 2013 – 2h59

Rating: ★★★★★

 

 

Jordan Belfort, attiré par le monde de la bourse, décroche après son diplôme de fac un job de courtier dans une vieille institution de Wall Street. Il y découvre un monde factice où les règles de vie sont d’être constamment au téléphone,  de baiser pour se relaxer et de prendre de la cocaïne pour se motiver. Mais sa boîte ferme avant même qu’il fasse fortune. Il décide de prendre à bras le corps son rêve américain et devient son propre patron en ouvrant sa boîte de trading…

Comment d’une volonté de faire de la musique, une rock star se retrouve-t-elle avec une seringue à la main isolé dans un manoir (l’adaptation de The Wall de Pink Floyd par Alan Parker) ? Cette question vous semble loin du dernier film de l’italo-new yorkais le plus connu au monde? C’est pourtant bien le sujet du dernier film de Martin Scorsese. Que recherche-t-on? Qu’espère-t-on ? Du personnage timide refusant coke et alcool au déjeuner mais aspirant à devenir le meilleur trader de la boîte, Jordan Belfort devient un accro à tous les excès, surtout drogues et alcool. Pourtant c’est dans sa quête du bonheur, sa quête de satisfaction qu’il fait tous ses excès. L’argent semble alors faire le bonheur ou plus précisément ce sont la méthode et la démarche, légales ou non, pour se faire de l’argent qui sont procuration de jouissance et d’adrénaline pure. Nous sommes par conséquent dans une attirance-répulsion des traders par le mécanisme de fascination de la rock star, « ce personnage prend le risque dangereux que je n’ai jamais pris, dois-je l’envier? »

D’où une critique pyrotechnique, satirico-humoristique du capitalisme et du néo-libéralisme voire de l’ultra-capitalisme ou ultra-libéralisme. En effet, dans un contexte de l’ère Reagan, les années 80, jusqu’aux mandats Clinton qui finissent à la fin des années 90, cette ambition d’Amérique forte est une illusion que nourrissent Jordan et toutes sa bande. Prendre aux pauvres pour apprendre à prendre aux riches. Faire croire qu’on travaille pour le bien des gens alors que c’est pour le sien. Cela provoque l’idée comme quoi le rêve américain réside dans l’excès avec ce risque qui rend vivant le protagoniste principal, même si quelqu’un le prévient que ce n’est que de la poudre aux yeux (de même que le rêve américain), au point qu’il refuse de démissionner de son poste au risque d’aller en prison, après un monologue qui le rendait humain. Même si je pense que les spectateurs avaient déjà au préalable de la sympathie pour Jordan bien avant cette séquence.

Heureux qui comme Hamburger Pimp a fait un bon voyage, retrouvant le Scorsese qu’on adore, une fresque épique où cette fois-ci les gangsters sont en col blanc et travaillent dans les bureaux (mais toujours une voix off qui en rencontre d’autres) dans une imagerie à la fois eighties et MTV où tout semblait encore possible pour n’importe qui avec spontanéité (« vends-moi ce stylo ») et naturel, même si ce ne sera jamais naturel de se vendre ou savoir se vendre.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…