Interview du FIST

 
 
 

Le FIST (Films Insolites et Séances Trash) fait bouger la scène culturelle rennaise depuis plus d’un an en projetant des films de genre aux quatre coins de la ville. A travers des soirées joyeusement barrées, un esprit résolument Punk et une démarche réellement cinéphilique, le FIST s’est chargé d’occuper une place jusque là vacante au cœur de la métropole, pour le plus grand plaisir des amateurs de cinéma bis. En proposant une alternative réjouissante aux séances ciné traditionnelles, il remue, secoue et invite le public à découvrir ou redécouvrir un cinéma trop souvent mis à l’écart, ce même cinéma que nous défendons chez Celluloïdz. Ainsi, une interview de Gwenn et Marie, le duo derrière l’association, s’imposait.

 

©Melvin Seri Z

Le FIST est apparu sur rennes en 2012, d’où vous est venue l’idée de lancer cette association ?

Marie : Il y a une dizaine d’années Gwenn et moi étions jeunes étudiants à Rennes 2 et nous avons créés avec d’autres copains Le Absurde Picture Show en hommage au film culte The Rocky Horror Picture Show bien évidemment mais aussi en hommage à l’Absurde Séance de Nantes dont le créateur Jean Maurice Bigeard reste toujours une inspiration pour nous. Le Absurde Picture Show proposait des films et des animations décalées dans le cadre de la fac. Notre grand fait d’armes fut le mini festival gore au sein de Rennes 2 au Tambour : In Gore We Trust où nous avons passé La Nuit des Morts Vivants, Braindead et Cannibal Holocaust, le tout accompagné de courts-métrages et d’une conférence sur le gore animé par Jean Maurice Bigeard et mon frère, grand amateur de films gores. C’est à lui d’ailleurs que je dois mon goût pour les films bis.

Puis, pour des raisons professionnelles, nous sommes partis sur Paris. Nous avions toujours l’idée de recréer une association de cinéma mais comme il y avait déjà Panic Cinéma au Nouveau Latina et Pas de pitié pour les navets à La Cantada II nous n’avons pas tenté une nouvelle aventure. Par contre, lorsque nous sommes revenus sur Rennes il y a deux ans, cela nous titillait toujours et comme la place était encore libre pour un cinéma différent et décalé nous n’avons pas hésité une seule seconde.

Gwenn : Nous avons pensé que si nous relancions la machine, il n’y avait pas de raisons pour que le public ait disparu.

 
 

Sur Celluloïdz notre slogan est « Il n’y a pas de genre mineur », cela correspond t-il aussi à l’approche défendue par le FIST ?

Marie : Oui, totalement ! Au FIST nous défendons le cinéma de genre au sens vaste. Pour beaucoup de personnes, le cinéma de genre signifie essentiellement le cinéma bis, Z ou nanars. Pour moi, le cinéma de genre signifie un cinéma différent, décalé et absurde.

Gwenn : Étant gosse, je passais mes nuits à mater tout et n’importe quoi en cachette – de préférence pas en entier – du temps où on était abonnés à Canal+. J’ai en tête des séquences de films incroyables qui m’ont profondément marqués sans même que je sache le titre ou le genre. Et puis des potes au collège m’ont passé des VHS à peine visionnables de Evil Dead ou Histoire de fantômes chinois. Plus tard j’ai fait des études de cinéma. J’ai été passionné par l’étude du western et des films de Dario Argento que je regardais quelques années plus tôt en VHS, VF, pan & scan en me gavant de cacahuètes et de mauvais whisky coca. J’étais trop content de pouvoir citer des auteurs publiés comme Jean-Baptiste Thoret ou des profs pour justifier le fait de m’intéresser aux films d’horreur ou aux comédies des John Landis, des ZAZ ou de Jackie Chan. Ca m’a fait prendre conscience que ce n’était pas qu’un plaisir coupable. L’asso est montée autour de passionnés de cinéma qui défendent les films sans distinction de genre. Je crois que pour nous tous, le genre n’est rien d’autre qu’une classification, un moyen de ranger sa dvdthèque.

 

Ainsi, vous proposez des films en marge sans pour autant vous cloisonner à un genre en particulier comme le prouve des séances passant de The Wicker Man de Robin Hardy à Calmos de Bertrand Blier, ou de la projection d’un inédit sur grand écran comme Universal soldier 4 : Le jour du jugement de John Hyams. Cette diversité est-elle un souhait ?

©Melvin Seri Z

Marie : Oui, bien évidemment ! Avec le FIST on ne voulait pas se cantonner à des films légers et comiques comme Capitaine Orgazmo, la première séance du FIST. On a eu envie de faire découvrir des films qui nous tenaient à cœur. Au FIST il n’y a pas de compromis, je ne pourrai pas passer un film que je ne peux pas défendre, c’est pour cette raison qu’il n’y aura jamais de nanars au FIST car je n’aime pas ça. Je pense qu’une bande-annonce de nanars est bien suffisante et qu’un nanar en entier est totalement indigeste. Après, certains pourront peut-être me dire que Capitaine Orgazmo en est un mais je ne suis pas d’accord avec ça. Je ne veux pas me moquer d’un film, cela ne m’intéresse pas. Orgazmo est une parodie, c’est un film comique.

Gwenn : C’est un résultat. Mais c’est bien qu’il en soit ainsi. En fait ça rejoint la réponse précédente: nous voulons passer des films que nous aimons et qui ne sont pas montrés, et comme nous ne sommes pas cloisonnés dans nos goûts, voilà le résultat. Je serais incapable de monter une association de films asiatiques ou de films d’horreurs, même si j’adore ça. Rien que le fait d’avoir une ligne éditoriale « coup de poing » me semble contraignante.

 

Comment se déroule la sélection des films au sein de l’équipe ?

Marie : Avant tout on veut se faire plaisir et essayer de faire découvrir ou redécouvrir des films au cinéma. Après, c’est une autre paire de manches pour trouver les copies … Surtout à notre époque où le 35mm est moribond … J’ai vécu la mort du 35mm en tant que distributrice de films chez ED Distribution et je peux vous dire que lorsque l’on arrive à dégoter une copie 35 c’est le pied ! Malheureusement, c’est de plus en plus compliqué …

Gwenn : Proposer n’est pas le souci principal, nous avons tous beaucoup d’envies et souvent en commun. Le vrai problème c’est de trouver.

Marie : En tout cas je suis super contente d’avoir pu montrer des films comme The Woman de Lucky McKee qui a été une grosse claque à l’Absurde Festival de Nantes (merci Jean Maurice!), ou encore Calmos de Bertrand Blier qui est véritablement un OVNI cinématographique, le film commence très misogyne et finit ultra féministe ! Mais ma plus grande fierté c’est d’avoir pu montrer le chef-d’œuvre inédit en salle Universal Soldier 4 que je considère comme un des meilleurs films de l’année 2013. Ah et puis bien sur Cry Baby, un de mes films préférés, que l’on a passé au Mondo Bizarro pour une soirée Rockab’ endiablée. LA meilleure séance du FIST pour moi !

 

On ressent l’envie de proposer davantage qu’une simple séance ciné où les spectateurs viennent, s’assoient devant le film et se barrent. Il y a une vraie recherche thématique et une prestation. Ainsi, quand vous projetez Predator, vous choisissez comme thème la filmographie de John McTiernan, que ce soit en distribuant dans la salle un ticket « magique » en référence à celui du jeune Danny dans Last Action Hero ou en te déguisant, Gwenn, en Jean McClin, pastiche français du célèbre John McClane. Autre exemple, pour Cry Baby de John Waters la soirée avait pour thème le rockabilly avec concert et défilé après la projection. C’est important pour vous d’offrir un spectacle vivant et proche du public ?

©Melvin Seri Z

Marie : Oui et c’est peut-être même le plus important pour nous au FIST, c’est ce qui fait la différence. On aime bien que ce soit animé, en sachant bien que l’on n’est pas des comédiens. Mais c’est important que le spectacle soit là, on s’amuse sur scène, on essaye de faire participer le public. Ce n’est pas toujours facile mais c’est ce que l’on recherche, à savoir se faire plaisir et donner du plaisir aux gens. Et grâce à nos partenaires on offre des supers cadeaux sélectionnés avec soin et amour par le FIST. Maintenant on privilégie le qualitatif au quantitatif !

Gwenn : Nous avons toujours eu envie, déjà du temps de l’Absurde Picture Show, de proposer une présentation qui accompagne le film. Je crois qu’on ressent un film différemment si on se sent en accord avec les autres spectateurs dans la salle. Un peu comme quand on mate la télé entre potes en se passant les bières et les chips. Il y a une convivialité qui transforme ta vision du film. Par exemple, pour Predator ça a super bien marché cette histoire de concours de bras de fer. Les gens étaient contents, ils ont bien gueulé ensemble, ça détendu l’ambiance. Un peu l’inverse de L’année dernière à Marienbad présenté par Alain Resnais.

Par contre le thème nous a un peu été imposé par les évènements: après Calmos et Universal Soldier 4 on ne voulait pas se retrouver encore une fois habillés en militaires. Et puis les mecs de Free John McTiernan avaient mal pris mon texte de présentation où je faisais une blague sur le fait qu’il était en tôle pour avoir fait des bouses comme Rollerball et Le treizième guerrier. Alors on a décidé d’en rajouter une couche. Mais comme on ne ressemblait pas du tout aux personnages, on a inventé cette histoire de sosies français … Je te remercie d’y voir de l’art.

Enfin, nous faisons vraiment ça pour le public, l’asso nous rapporte beaucoup de satisfaction mais ça ne se mange pas. Alors oui, plus le public s’éclate, plus on est contents. Et on a l’impression que le mélange des genres pour Cry Baby au Mondo Bizarro a bien pris. C’était pour nous un rêve de passer dans cette salle dans laquelle nous avons vu tant de concerts mythiques, puisque la musique est aussi une grande passion. Voir que les gens étaient autant là pour le film, le concert et le dj set, ça nous a conforté dans l’idée de développer les animations autour du film. Alors on sait bien que certaines salles y sont plus propices que d’autres, certains publics plus réceptifs. On travaille encore là dessus et toutes les séances seront différentes mais de manière générale on développe cet aspect.

 
 
 
 
 
 

Difficile de parler du FIST sans évoquer le soin apporté aux affiches. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Gwenn : Avec Joie !

Marie : C’est grâce à Melvin alias Seri Z, notre cher graphiste, que le FIST a acquis une véritable identité visuelle. On a rencontré Melvin à Paris dans un bar de copains : le Houla oups, le meilleur bar de Paris ! Melvin est un vrai anarcho-punk, il est connu dans le milieu. C’est un super dessinateur, il fait des BD, des pochettes de CD, des affiches, des T-shirts … Et en plus c’est un gros fan de cinéma ! Il est en train d’écrire un livre sur Mad Max ! C’est un passionné et nous au FIST on lui fait entièrement confiance pour les affiches des séances. On n’a jamais été déçu ! C’est lui qui a créé notre super logo. J’ai toujours hâte de découvrir le nouveau visuel qu’il a nous a concocté, son trait est reconnaissable et nos affiches sont appréciées et attendues. En tant qu’ancienne distributrice de films je porte un regard très critique sur les affiches de cinéma que je trouve souvent très laides et peu originales. Avec Melvin c’est toujours un bonheur !

Gwenn : C’est un vrai fanatique de cinéma doublé d’une encyclopédie d’anecdotes passionnantes. Dans sa baraque les murs sont peints de fresques à la gloire de ses films préférés. Bref, on est tellement fans de son taf qu’on lui laisse carte blanche absolue. En gros, c’est lui qui est responsable de la charte graphique du FIST et personne ne s’en est jamais plaint.

 

L’année dernière a eu lieu la 10ème édition du festival Court Métrange sur Rennes avec qui vous avez notamment partagé l’affiche lors de La Nuit du Fantastique. A quand le FISTival ?

Marie : Avec Gwenn on fait partie de Court Métrange depuis le début et du coup on était très content de réitérer l’expérience de La Nuit du Fantastique. Pour la 9ème on avait passé Poultrygeist de Lloyd Kaufman pour finir la nuit en beauté avant le petit déj’. Pour la 10ème, avec le FIST on était carrément co-organisateur de la soirée, et du coup on s’est bien fait plaisir en proposant deux épisodes de la série inédite Garth Marenghi’s Darkplace et The Taint de Drew Bolduc, un film découvert d’ailleurs lors de L’Absurde Festival à Nantes encore une fois ! On était super content de l’ambiance et on s’est vraiment bien amusés alors oui, bien sur on y pense au FISTival ! Et on a même en projet de faire le Fistounet pour les enfants ! Et ceci n’est pas une blague !

Gwenn : On en rêve et exactement sous cette appellation car elle est tellement évidente. Il faut juste qu’on trouve un cinéma qui nous fasse confiance et on se lance. Mais bon, pour l’instant on a plus planché sur les jeux de mots que sur le reste …

 

Quel est votre point de vue sur la scène culturelle rennaise actuelle ?

Marie : Au niveau musical à Rennes cela bouge plutôt pas mal. Je pense par exemple à l’asso Kfuel qui m’a fait découvrir de nombreux groupes de noise en organisant des concerts fabuleux au Mondo Bizarro, à la Bascule ou encore au Grand Sommeil. Il y a aussi l’asso qui organise des supers concerts de tarés au Terminus et le Tapette Fest. Par contre au niveau cinéma ce n’est pas la panacée … Et ce ne sont pas mes comparses de Le Cinéma est Mort et ceux de En attendant Godard qui diront le contraire …

Gwenn : Franchement, ce n’est pas si mal. En tant que gros consommateur de concerts, avec une salle comme le Mondo Bizarro et quelques autres bars comme le Sympa, le Petit bar, le Gazoline ou le Grand sommeil, je ne me plains pas de la musique. Je sais que c’est dur partout pour les cafés-concerts et je remercie les patrons de galérer pour nous proposer ça. Au niveau des festivals on est pas mal gâtés non plus. Rennes a une réputation de ville rock et active, un peu comme Bordeaux, et qui aurait pu se reposer sur ses lauriers. Mais après le passage de Bernadette Malgorn à la préfecture au début des années 2000, ça a bien réveillé les punks. Ouais, ce qu’il nous faut c’est une bonne mairie de droite, ça va motiver la créativité.

 

©Melvin Seri Z

Quelles sont les prochaines séances du FIST ?

Marie : Pour bien commencer l’année le FIST vous propose une soirée musicale le 14 janvier au Diapason avec Cinémaniacs avec Walk Hard de Jake Kasdan, une parodie de Walk the Line. Le 6 Février vous aurez l’honneur de voir Forbidden Zone de Richard Elfman (le frère de Danny) à l’IFA en version colorisée totalement inédite en France, un mélange entre The Rocky Horror Picture Show et les vieux films de John Waters. Le 1er avril sera projeté le film préféré de Gwenn : Y a t-il un flic pour sauver la reine ? des ZAZ, encore au Diapason car on y est toujours super bien accueillis !

Et bien sur il y aura d’autres séances ! Tout ce que je peux vous dire c’est de surveiller notre site et notre page Facebook pour être au courant de l’actualité du FIST et n’hésitez pas à venir au Petit Bar le 17 janvier pour l’Apéro FIST !

Gwenn : Ça évolue régulièrement car en tant que séance itinérante on a des nouveaux projets en permanence.

 

©Melvin Seri Z

Fist oblige, quel est votre film coup de poing ?

Marie : Peu de films m’ont foutu une grosse claque. Pour rester dans le FIST The Woman et Universal Soldier 4, et autrement le film qui m’a le plus traumatisé est La Vie Nouvelle de Philippe Grandrieux, je l’ai vu à l’Arvor à sa sortie et je n’ai pas réussi à le revoir car ce film m’a totalement foutu en l’air, je suis sortie de la salle en tremblant et en chialant, toute la soirée j’étais mal. Mais en fait c’est ce que je recherche au cinéma, être dérangée, être mouvementée, me prendre des grosses baffes dans la gueule et malheureusement cela ne m’arrive pas souvent avec les films contemporains. J’aime les films sans concession !

Gwenn : Mon film préféré en gros … Ca change tout le temps. Pendant longtemps ça a été Salo ou les 120 journées de Sodome de Pasolini, puis L’homme des hautes plaines de Eastwood, et L’homme qui tua Liberty Valance de Ford. Ensuite j’ai découvert Peckinpah qui m’a foutu une beigne à chaque film. Sans oublier Evil Dead de Sam Raimi qui m’a terrorisé autant qu’émerveillé à chaque visionnage. Redemande moi ça demain je t’en sors cinq différents … ou dix !

 

Quel a été votre coup de cœur ciné 2013 et quel est le film à venir qui vous fait le plus saliver?

Marie : Mon coup de cœur 2013 c’est Le Transperceneige de Bong Joon Ho ! C’est un véritable bon divertissement intelligent et magnifique visuellement ! Il n’y a rien à jeter, à part cinq minutes à la fin mais on s’en fout, c’est rare ! Et sinon la série Black Mirror qui est incroyable ! Pour le film à venir qui me fait saliver je ne sais pas trop … Le nouveau film de Gregg Araki (White Bird in a Blizzard) et peut-être celui de Lucky McKee (All Cheerleaders die). Mais j’ai tendance à être déçue par mes réalisateurs fétiches alors du coup j’essaie de ne pas trop en attendre d’eux. Romero, Argento et Cronenberg m’ont tellement déçue. Ah si, j’ai hâte de voir Nymphomaniac de Lars Von Trier car j’ai adoré Antichrist ! Et puis voir le nouveau De La Iglesia (Les sorcières de Zugarramurdi) quand même !

En fait ce qui me réjouit c’est de passer mes films préférés au FIST ! J’adorerai par exemple faire une nuit Re-animator !

Gwenn : Le Transperceneige! Sans hésitations, génial de A à Y (oui, j’ai juste un souci avec les discours explicatifs). C’est beau, violent, barré… Bien FIST quoi! Et pour les films à venir, en tant que vieux con et défaitiste, j’ai arrêté de saliver de peur de retomber sur un Prometheus. Mais bon, j’avoue que j’attends beaucoup de Alex de la Iglesia. J’aime bien les sorcières.

 

Le site du FIST : http://fistrennes.wordpress.com/tag/le-fist-rennes/

La page Facebook du FIST : https://fr-fr.facebook.com/FISTrennes

Le Blog de Seri Z : http://seri-z.blogspot.fr/

Le tumblr de Seri Z : http://melvinzed.tumblr.com/

Propos recueillis par Nico Darko

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About Nico Darko

Depuis sa rencontre nocturne avec un lapin géant lui prédisant la fin du monde s’il ne lui filait pas son portefeuille, Nico Darko a décidé qu’il était temps pour lui de se calmer sur une certaine boisson à base de malt et de houblon. Désormais, il se consacre à sa nouvelle passion pour les emballages alimentaires de marque péruvienne, mais il lui arrive aussi de vaquer à des occupations bien plus banales comme participer à des tournois de bowling avec son coéquipier Jeff Lebowski ou discuter littérature avec son ami Jack Torrance (dont il n’a d’ailleurs pas eu de nouvelles depuis l’hiver dernier).