Critique de En Quarantaine 2

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Quarantine 2

de John Pogue

Avec Mercedes Masöhn, Josh Cooke, Mattie Liptak

Etats-Unis – 2011 – 1h26

Rating: ☆☆☆☆☆

Ah, mon très cher lecteur, depuis le temps que j’attendais cela ! Enfin, je vais pouvoir abattre ma colère sur une bonne grosse purge des familles ! Enfin, je vais me laisser aller à des flots de verbiages à la mauvaise foi assurée et assumée, à des envolés lyriques ultra-violentes copieusement vomies sur une bouse infâme, inutile, complètement suicidaire et, je te l’accorde, sans défense, pour satisfaire mon pendant sadique, le versant masochiste ayant été très largement récompensé par le visionnage entier du dit bousin, et, je peux te l’affirmer, cela tient véritablement de l’exploit, tant mes yeux ne cessaient de saigner toujours plus abondamment à chaque image douloureuse que me balançait avec un jemenfoutisme certain ce résidu de fond de pellicule ! Et pourtant Quarantine 2, car il va bien falloir le nommer, est la séquelle de Quarantine, remake opportuniste mais pas du tout catastrophique du génial Rec de Jaume Balaguero et Paco Plaza.

Opportuniste donc, très certainement, tant le tournage de Quarantine a été embrayé rapidement, directement, à sec, sans vaseline, alors même que le chef-d’œuvre des réalisateurs de La Secte sans Nom et des Enfants d’Abraham venait à peine de débuter sa carrière en salle. Et pourtant, le résultat que constitue Quarantine est tout à fait honorable : remake plan par plan oblige, les géniales idées de base ne peuvent pas totalement disparaître, le found-footage demeure donc de bonne qualité même si, de fait, il sent à plein nez le déjà-vu, et, John Erick Dowdle se permet, et c’est tout à son honneur, quelques élans persos, quelques digressions gores, plutôt bienvenues, comme cette séquence de brisage de crâne d’infectés à coup de caméra. Cependant, la question est simple mais légitime : pourquoi ? Quarantine, même avec les meilleurs intentions du monde, est immédiatement à reléguer au rang de remake vain, dont l’utilité demeure et demeurera toujours à prouver, une abbération fun, c’est à n’en pas douter, mais complètement vide d’une démarche autre que purement mercantile, d’un véritable sens artistique !

Dès lors, l’annonce d’une suite à la chose (annonce, c’est beaucoup dire, étant donné que l’accouchement de cette suite en 2011, et son expulsion en DTV se firent dans l’indifférence la plus totale) eut pu ne pas être une si mauvaise nouvelle : au pire un found-footage gore avec des zombies de plus, un truc à se mater un soir de doute entre deux shots et un pétard, une bonne petite série B, voire Z, sans prétention qui, du moment qu’elle assure son quota de violence, meuble parfaitement une heure trente de vide en pilotage automatique dans la vie d’un cinéphage déviant ! Eh bien, cher lecteur, c’était visiblement beaucoup trop en demander ! Pourtant, encore une fois, le point de départ laisse un petit espoir : Quarantine 2 n’est pas le remake de Rec 2. Cette séquelle propose de s’affranchir de tout ! Exit le found-footage, le scénario prend sa propre direction : on sort de l’immeuble du premier opus, l’action prend place dans un avion ! Bref, on balaie tout et on fait sa petite tambouille dans son coin ! Why not ? J’aimerais maintenant, si cela ne te dérange pas mon ami, m’adresser à John Pogue, le responsable qui a fomenté le projet : pourquoi ne pas t’être cantonné à un remake ? Pourquoi ? Tu aurais (peut-être…) pu faire mieux…

Bon, le synopsis, à dire vrai, on s’en balance : des stéréotypes dans un avion qui, au choix,  passent leur temps à se moucher, ont été mordus ou griffés par un animal, ou possèdent même un animal arborant un comportement étrange,… Bref, suspense : qui est le contaminé ? L’avion décolle. Une gentille et jolie hôtesse de l’air pour qui c’est le premier vol, elle est stressée, heureusement elle rencontre un beau mec trop gentil pour être honnête, professeur de maternelle qui la dragouille justement façon cours de récréation niveau moyenne section ! Bon, le golfeur obèse se met à faire de l’écume avec sa bouche et devient un peu agressif alors, après avoir mangé le nez de la seconde hôtesse très conne parce que, je te le donne en mille, elle est blonde, il faut atterrir pour trouver du secours, ça fait dix minutes que le film est commencé ! Le reste du métrage se déroule dans le sous-sol désert d’un aéroport : tout le monde se fait mordre et marche en accéléré, il y a des rats albinos infectés, un chat également infecté qu’on ne voit jamais mais qui miaule lui aussi en accéléré à chaque attaque, et le beau mec trop gentil est vraiment très très méchant et veut détruire le monde (oui, je spoile, je suis un dingue moi… Et, surtout, ce truc honteux le mérite) ! En fait oui, le scénario, on s’en branle, si tant est que cela assure le minimum syndical du point de vue de la mise en scène, des péripéties rencontrées, … Et là, hélas, trois fois hélas, tout le monde semble ne rien en avoir à foutre de ce qu’ils sont en train de faire !

Filmé n’importe comment, cadré avec les pieds, photographie dégueulasse, plans flous non coupés au montage suivis d’une mise au point hasardeuse, et profitant, pour justifier du naufrage technique, de l’excuse de vouloir conserver un style found-footage sans en faire réellement, Quarantine 2 est absolument irregardable et parfaitement malhonnête ! Scénario écrit par un gosse de trois ans qui assure également la partie maquillage à la truelle, fausses bonnes idées embarrassantes (les séquences mettant en scène des animaux infectés sont navrantes quand, encore une fois, on a le privilège de les voir à l’écran), acteurs à la ramasse qui essaient tant bien que mal de se sortir de cette galère à grand renfort de cabotinage pathétique, non vraiment, il n’y a rien,  strictement rien à sauver au cœur de cette déjection faite film. Et si tu fondes tes ultimes espoirs sur la possibilité de quelques effets gores, sinon bien foutus, au moins rigolos, eh bien, tu peux toujours aller te les carrer bien profondémment, parce que non, Quarantine 2 n’est pas gore : les infectés expirent leur dernier souffle quasiment toujours de la même manière, le corps truffé de balle en contre-jour, et, à part un ou deux plans un poil sanglants (mais vraiment un poil, juste histoire de dire qu’on est quand même dans un film de zombies), autant te prévenir de suite, tu n’auras rien d’autre à te mettre sous la dent. John Pogue aurait au moins pu choisir l’option racolage harcore, violence putassière, bourrinage gratuit, force est de constater qu’il n’a même pas pris la peine de s’engager dans cette direction pourtant pas bien fine ; il préfère, la tête haute, se foutre de ta gueule et, mine de rien, vomit sans vergogne, avec un irrespect total sur le génial matériau de base de Balaguero et Plaza.

Alors oui, Quarantine 2 constitue, je dois tout de même très honnêtement l’admettre, un excellent défouloir critique, merci à John Pogue d’avoir su, avec autant de radicalité, toucher le fond et ainsi m’offrir cette petite récréation. A mater, c’est autre chose, mais avec ces quelques lignes, j’espère t’épargner, mon cher ami parfois trop curieux et surtout cinéphile boulimique, une heure trente de calvaire ! Et si d’aventure, légalement ou illégalement (petit galopin va !), tu te retrouves en présence de la purge dont il fut question ici, s’il-te-plaît, jette-la ou glisse-la de suite dans ta corbeille sans te poser de question, et dès que c’est fait, cours sans réfléchir te remater pour la énième fois Rec, ça te fera un bien fou, tu auras immédiatement la sensation d’avoir sauvé, de justesse, ton âme !

Naughty Bear

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About Naughty Bear

Esprit vengeur adepte donc de la loi du Talion enfermé dans une peluche : œil pour œil, dent pour dent de préférence marteau au poing (quand il n’a pas les mains occupées à manipuler des cartes à jouer)… tout cela en version nounours bien sûr ! Aimant humblement à philosopher sur toutes formes de monstruosités y compris la sienne »Je sais que je suis une bête, cependant j’ai le droit de vivre non ? »… tout cela en version nounours bien sûr ! Un scanner récemment effectué a pu révéler qu’il possédait en guise de rembourrage des pellicules plein la tête (hardcores si possible), l’écriture s’avère dès lors le seul et unique moyen de les exorciser. Avez-vous déjà vu un nounours armé d’une machette se confectionnant un masque avec le cuir ou plutôt le tissu de ses victimes ? Maintenant, oui.