Critique de Dark Star

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Dark Star

De John Carpenter

Avec Dan O’Bannon, Brian Narelle et Dre Pahich

Etats-Unis – 1974 – 1h23

Rating: ★★★★☆

Aux confins du cosmos… Le Dark Star est un vaisseau spatial qui parcourt l’Univers pour détruire les planètes susceptibles de quitter leur orbite. A son bord, l’équipage trompe son ennuie en vaquant à ses occupations routinières, à peine remis du récent décès du commandant de bord dont le corps et l’esprit, conservés en semi-vie, végètent dans une salle du vaisseau.  Mais bientôt, l’ordinateur de bord commence à montrer des défaillances techniques…

Toute ressemblance avec 2001 l’odyssée de l’espace n’est aucunement fortuite… Film d’étudiant gonflé en long-métrage par un producteur de films d’exploitation (Jack The Blob Harris), Dark Star marque l’acte de naissance cinématographique de John Carpenter et Dan O’Bannon. Faisant la jonction entre le cinéma de science-fiction sérieuse découlant de la révolution 2001 (Silent Running, Solaris…) et l’ère des premiers blockbusters SF (La Guerre des étoiles et Alien, deux œuvres-phares de la SF moderne sur lesquelles Dan O’Bannon a collaboré), Dark Star est une potacherie geek et fauchée que l’on n’aurait pas prise au sérieux si elle n’était à ce point séminale du cinéma SF moderne et, surtout, si derrière les gags lo-fi (un ballon de plage avec des mains palmées en guise d’alien) ne se trouvaient pas un réel et profond respect du genre.

Transi du chef-d’œuvre kubrickien, Dark Star cite 2001 l’odyssée de l’espace en permanence, retournant sa substance et sa moelle pour mieux souligner l’impossibilité de dépasser l’œuvre du maître, un peu comme le fit avant lui Electronic Labyrinth THX 1138 4EB de George Lucas (un autre projet d’étudiant) avec le cinéma SF de la Nouvelle Vague française (La Jetée, Alphaville). S’il n’en est pas le réalisateur, Dan O’Bannon marque de son empreinte la copaternité de l’œuvre en cosignant le scénario, supervisant les effets spéciaux, assurant le montage et incarnant à l’écran le sergent Pinback, personnage comique d’un civil embarqué par erreur sur le Dark Star, méprisé par des coéquipiers qu’il déteste.

Si son aspect cheap l’a confiné à une relative confidentialité lors de sa sortie, Dark Star a donc grandement influencé Alien et La Guerre des étoiles (et peut-être même The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy de Douglas Adams). Le premier en est une version beaucoup plus thunée et anxiogène (ajustée de quelques emprunts à Frissons de David Cronenberg), le second reprend à son compte l’idée d’un vaisseau destructeur de planètes (une Etoile noire nommée Death Star en VO). Réédité en DVD et Blu-ray par Carlotta alors qu’il était introuvable en France, Dark Star revient briller de ses mille feux psychédéliques sur nos écrans de salon, n’ayant rien perdu de sa virulence geek quarante ans après sa sortie. Cette réédition propose les deux version du film (réalisateur et producteur) ainsi que le copieux documentaire Let There Be Light : The Odyssey of Dark Star de Daniel Griffith qui revient sur la genèse de Dark Star (et où la veuve de Dan O’Bannon tire à boulets rouges sur John Carpenter qui lâcha O’Bannon après le film, passant pour un arriviste prêt à marcher sur la gueule de tout le monde pour atteindre les sommets – tsssss, ces histoires de cuisine interne…). Bref, dire que cette réédition est indispensable aux passionnés de la SF et de son histoire relève de la pure évidence (prochain rendez-vous du genre en mai avec la réédition elle aussi tant attendue de La Planète des vampires de Mario Bava par Artus – Quelle belle année rétro SF que 2014 !).

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».