Critique de The Hobbit : La Désolation de Smaug

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The Hobbit : The Desolation of Smaug

De Peter Jackson

Avec Martin Freeman, Ian McKellen, Richard Armitage, Ken Scott, Orlando Bloom, Evangeline Lilly, Luke Evans et Benedict Cumberbatch

États-Unis/Nouvelle-Zélande – 2013 – 2h41

Rating: ★★★☆☆

Précédemment dans The Hobbit : Bilbo le Hobbit s’est laissé embrigadé par Gandalf le magicien pour partir à la chasse au dragon avec treize Nains dont Thorin, Roi sans trône que le guerrier orque Azog traque sans relâche avec sa meute. Gandalf se doute bien que Bilbo a chipé quelque chose durant leur traversée des cavernes des Montagnes de l’Est mais il s’inquiète surtout des signes annonçant un retour imminent de Sauron. Arrivée à mi-parcours de leur quête, la joyeuse bande a encore de nombreux obstacles à franchir avant d’affronter Smaug le dragon et de récupérer le trésor.

Conçu tout autant comme une adaptation fidèle du Hobbit de J.R.R. Tolkien que comme un vrai prequel cinématographique du Seigneur des anneaux, La Désolation de Smaug poursuit son exploration passionnée du background des Terres du Milieu. Peter Jackson avait certes chargé la mule dans le premier volet, engoncé dans la mise en place d’un réseau d’intrigues secondaires justifiant une trilogie de neuf heures. Enfin lancée sur ses rails, l’histoire peut désormais se laisser glisser sur ses enjeux dramatiques et privilégier l’action avec un enthousiasme digne d’un Steven Spielberg, en témoigne cette délirante poursuite fluviale en tonneaux.

Bon, Peter Jackson ne réussit pas tout non plus : la bestialité de Beorn tombe à plat au milieux des worgs, Azog laisse la place à un Bolg encore plus accessoire et Lacville n’a visiblement inspiré personne. En revanche, la confrontation de Bilbo avec le dragon Smaug (soit le point d’orgue de toute l’histoire du Hobbit) est à la hauteur des exigences, matérialisant pour le coup un vrai moitié-rêve de gosse (l’autre moitié sera dans le prochain volet). D’ailleurs, s’il n’y avait qu’une raison de se taper la trilogie en entier, ça serait juste celle-là. Encore faut-il aimer les Hobbits, les Nains, les donjons et les dragons. D’un point de vue merveilleux, on ne pourra donc pas reprocher à Peter Jackson de radiner, la collaboration avec les illustrateurs John Howe et Alan Lee restant définitivement payante.

Cependant, si l’imaginaire est généreux, l’émotion peine toujours autant à s’installer dans ce deuxième volet. Bien sûr, le roman de Tolkien était d’une tonalité légère puisqu’il était destiné à un très jeune public et Peter Jackson retranscrit assez bien la dimension amusante de l’histoire de Bilbo. Mais à trop vouloir la raccorder aux enjeux apocalyptiques du Seigneur des anneaux, il finit par plomber la dimension épique de l’histoire principale (Thorin et la reconquête de son royaume), relayée au second plan par la gravité du futur retour de Sauron qui étire la narration plus que nécessaire. N’affectant quasiment pas les personnages du Hobbit, cette gravité qui faisait toute la puissance épique du Seigneur des anneaux devient ici de plus en plus artificielle et presque pompière. S’ils retrouvent la saveur du Seigneur des anneaux, les deux premiers volets du Hobbit ne procurent en définitive toujours pas la même ivresse. On n’accablera pas Peter Jackson pour autant puisque le film reste au final un agréable divertissement familial et spectaculaire. C’est le minimum qu’on était venu chercher après tout…

 

The Vug

 

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Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».