Critique: Wolf Creek 2

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Wolf Creek 2

De Greg McLean

Avec John Jarratt, Ryan Corr, Shannon Ashlyn, Phillipe Klaus

Australie – 2013 – 1h47

Rating: ★★★☆☆

Mick Taylor, redneck sadique ultra violent, continue à hanter les environs de Wolf Creek, l’affluence de touristes dans la région égayant toujours ses parties de chasse.

En 2005, en plein essor du Splat-Pack et du torture porn, Greg McLean avait choqué les esprits en livrant son film de redneck à l’australienne, Wolf Creek, où un dégénéré nommé Mick Taylor arpentait les abords d’un cratère dont le champ magnétique bousille les batteries des bagnoles et empêche les portables de passer. Une très belle réussite, d’une violence graphique et d’une noirceur hallucinante, suggérant que le monstre est bien plus monstrueux qu’on oserait l’imaginer. Huit ans plus tard, bien tenté de réitérer l’expérience, McLean nous replonge donc dans l’aridité de son bush natal, spectateurs de l’activité favorite de Micky, la chasse à l’homme.

Démarrant sur une scène d’exposition presque drôle, le film bascule très vite dans l’Horreur avec une seconde attaque de Taylor, d’une brutalité étourdissante, comme on n’en a plus vraiment l’habitude ces dernières années. Reposant sur le schéma inverse du premier opus, Wolf Creek 2 présente ainsi une grande partie de cache cache à ciel ouvert avant de terminer en séquestration douloureuse pour le lièvre pourchassé. Cette première partie, la traque, apporte son lot d’idées follement badass, balançant l’air de rien un clin d’oeil (hilarant) à Duel, n’étant pas non plus sans rappeler Hitcher, autre film culte de bord de route. Tombant parfois dans la facilité pour surenchérir dans l’Horreur, intercalant ainsi des séquences peu utiles à l’intrigue pour rajouter une couche de sadisme goret, le film perd ce qui faisait la force du premier chapitre : sa subtilité. Là où le premier jouait en permanence sur l’ambiguïté de Mick Taylor, ce second opus repose entièrement sur son personnage, en dévoilant bien plus que nécessaire, levant un peu trop le mystère et se perdant de fait, dans une fin un brin trop décalée et/ou pas suffisamment exploitée pour être plausible.

Pourtant, McLean sait malgré tout plonger son audience dans une angoisse permanente, ne relâchant jamais ni la tension, ni la terreur. Ponctué de scènes gore et d’une violence visuelle forte, Wolf Creek 2 tient en haleine, instaurant un malaise palpable, certaines séquences frôlant l’insoutenable. Se pose néanmoins la question: était-il nécessaire de faire une suite et n’est-il pas trop tard ? L’Horreur actuelle a assimilé le torture porn de par sa violence crue, mais le public s’est lassé de la formule torture + redneck, maintes fois vue et revue la décennie précédente. En ce sens, Wolf Creek 2 arrive peut être un peu tard, n’apportant rien de neuf, ni au motif, ni au sous-genre, ni même à son premier volet, si ce n’est creusé un peu plus un personnage que l’on préférait plus ambigu et peu bavard. John Jarrat excelle cependant dans l’interprétation de ce boogeyman des temps modernes, chauvin, xénophobe, ultra patriote, revendiquant une culture et une identité australienne forte.

Arrivant un peu tard, après une décennie d’avalanche gore, ce Wolf Creek 2 n’atteint pas le niveau du précédent opus, qui jouait bien plus sur la suggestion et générait plus d’effroi encore en laissant planer le mystère. En concentrant davantage son film sur son boogeyman, McLean prend le risque de lui faire perdre de son charisme, le rendant plus cabotin que jamais. Mais c’est surtout en choisissant d’inverser le schéma scénaristique (une longue traque et une séquestration plus courte), le réalisateur, également scénariste,  bouscule les codes établis, mais déséquilibre également l’intensité terrifique de son film, l’horreur de la séquestration ne parvenant pas à offrir de climax suffisamment fort pour contrebalancer la première heure, réellement terrifiante. Une semi-réussite qui n’empêchera pas les fans du genre d’adorer.

Lullaby Firefly

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.