Critique de HK: Hentai Kamen [PIFFF 2013]

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HK: Hentai Kamen

De Yûchi Fukuda

Avec Ryôhei Suzuki et Fumika Shimizu

Japon – 2013 – 1h30

Rating: ★★★☆☆

Fils d’un super flic et d’une maîtresse sado-masochiste, Kyosuke est un lycéen qui manque de confiance en lui. Se découvrant des super-pouvoirs lorsqu’il se met une culotte déjà portée sur la figure, il devient le Pervers Masqué, le justicier le plus célèbre de la ville. Secrètement amoureux d’Aiko, la petite nouvelle qui vient d’intégrer sa classe, Kyosuke va tout faire pour la protéger. Un super-héros qui étire son slip jusqu’au épaules, qui porte une culotte sur la tronche et des bas-résilles, qui prend des poses de pin-up avant de frapper ses ennemis avec ses boules… Voilà le genre de craquage débile qui ne peut que susciter notre intérêt.

C’est quoi être pervers au Japon en 2013 ? Face aux difficultés sociétales de trouver une compagne (la situation professionnelle est un critère très important), voire tout simplement de tirer son coup sans aller aux putes, les Japonais sont devenus célèbres pour leurs fantasmes déviants. Il suffit de lire un hentai, ces mangas pornographiques très populaires, pleins de monstres à tentacules, de filles qui font pipi et d’autres pratiques qui mènent droit en prison (le viol et la pédophilie) pour rapidement s’en convaincre. Le Pays du Soleil Levant a démontré que le degré de chasteté affichée d’une culture est inversement proportionnel à son degré de perversion souterraine. Exemple : à défaut de toucher les filles, les Japonais peuvent acheter leurs petites culottes déjà portées pour les renifler. On s’appelle ça le BuruSera.

Adaptation du manga du même nom, HK: Hentai Kamen s’inspire de ce phénomène tout en posant un regard compréhensif sur ceux qui s’y adonnent. Dans le sens où la résignation et la frustration du quotidien amènent au désespoir, le film réfléchit non sans humour sur la notion de perversité à travers son héros, moralement droit sans ses bottes, qui refuse de se considérer en pervers alors que la société toute entière l’y contraint. Sa Nemesis sera donc son double : un usurpateur se revendiquant pervers non pas par frustration mais par choix, c’est à dire qui a les moyens de faire autrement (Aiko en tombe même amoureuse) mais qui préfère se complaire dans son vice.

Trash sans égaler le niveau radical d’un Noboru Iguchi (Zombie Ass, Dead Sushi), HK: Hentai Kamen assume sa potacherie à travers une histoire forcément loufoque et des personnages caricaturaux au possible. Si la première partie du film pose efficacement les bases de son délire (le prologue est tout simplement extraordinaire), l’accumulation des gags devient par moment lourdingue et le film n’aurait pas perdu d’être resserré d’un bon quart d’heure, du moins pour un public non-nippon qui n’est visiblement pas le cœur de cible du film (les Japonais et leur humour, c’est tout un monde). On ne boudera pas pour autant son plaisir tant HK: Hentai Kamen se révèle généreux à défaut d’être totalement maîtrisé. Un bon bis, quoi.

 

The Vug

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Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».