Critique de Du sang sur la neige [PIFFF 2013]

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Du sang sur la neige

De Julien Dunand et Gildas Houdebine

Avec Lionel Chouchan, Dario Argento, Jean-Baptiste Thoret, Philippe Rouyer, Christophe Lemaire, Gérard Lenne  et Nicolas Boukhrief

France – 2012 – 1h11

Rating: ★★★★☆

Ouverte en 1966, la station de ski d’Avoriaz s’est rendue célèbre non pas pour ses pistes enneigées mais pour un festival dont le prestige résonne encore dans le cœur des aficionados de l’âge d’or du cinéma fantastique moderne. Dès sa première édition en 1973, le festival d’Avoriaz impose en effet le cinéma fantastique dans la culture populaire française (on en parle chez Drucker, Mourousi…), se faisant le relais du bouillonnement créatif qui s’opère alors dans le genre dans les années 70 et 80, éclipsant par son aspect hautement bling-bling (les stars, les fêtes le ski…) un autre festival français important du genre, le Festival international du film fantastique et de science-fiction de Paris créé à la même période par Alain Schlockoff. Duel de Spielberg, Phantom of the Paradise et Carrie de Brian De Palma, Mad Max 2 de George Miller, Terminator de James Cameron, Elephant Man et Blue Velvet de David Lynch… Les Grands Prix d’Avoriaz pourraient être assimilés à des Palmes d’Or du cinéma fantastique, révélant des talents qui ont amplement confirmé leur poids dans le paysage fantastique.

De sa fracassante lancée jusqu’à son lent déclin puis sa fin en 1993 (et son remplacement par Gérardmer), le documentaire de Julien Dunand et Gildas Houdebine (Big John, NWR) retrace donc année par année l’épopée du festival d’Avoriaz, dont la santé sera intimement liée à celle du cinéma fantastique. Exhumant des images d’archive que l’on croyait oubliées (Michel Blanc fustigeant Massacre à la tronçonneuse et Terminator), Du sang sur la neige pointe le paradoxe entre la qualité de la programmation du festival et le faible intérêt que pouvaient alors avoir ses invités-vedettes (les mêmes que l’on voyait chez Drucker dans Champs-Elysées) pour le cinéma fantastique, venus à Avoriaz avant tout pour faire la fête et se faire photographier.

En contrepoint de cette joyeuse nostalgie, palpable en dépit des défauts des vieilles bandes vidéo retrouvées, Dunand et Houdebine tendent leur micro à des spécialistes du genre (Jean-Baptiste Thoret et Philippe Rouyer qui offrent les minutes les plus pertinentes du documentaire) et surtout, au créateur du festival, Lionel Chouchan, véritable faiseur d’évènements cinématographiques en France (on lui doit aussi le festival de Deauville et de Cognac) qui pose un regard plus que lucide sur cette étrange aventure de vingt ans, pointant sans fard toutes les contradictions d’une telle entreprise (les conflits d’ego, les Grand Prix mal choisis, la réputation gore plombant la dimension familiale de la station de ski, l’impossibilité d’avoir un vrai cinéma fantastique français moderne…). Destiné pour la télévision, ce documentaire se révèle aussi nostalgique que passionnant.

 

The Vug

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Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».