Critique de Dracula 3D

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Dracula 3D

De Dario Argento

Avec Thomas Kretschmann, Marta Gastini, Asia Argento, Unax Ugalde et Rutger Hauer

Italie/France/Espagne – 2012 – 1h47

Rating: ★★★☆☆

Dracula est au cinéma fantastique ce que Hamlet est à la tragédie : un classique fondateur auquel veut se confronter chaque metteur en scène. Depuis Nosferatu le vampire de F.W. Murnau, on n’a plus assez de doigts sur les mains pour compter le nombre de réalisateurs qui ont apporté leur version du célèbre roman de Bram Stoker. Quinze ans après Le Fantôme de l’opéra, Dario Argento revient aux œuvres classiques avec cette version 3D de Dracula, raillée depuis de plus d’un an par à peu près tout le monde.

Resserrant l’action entière dans une petite localité nommé Passburgh, Dario Argento se concentre sur les deux composantes qui constituent le motif vampirique : le sexe et le sang. Avec une générosité toute italienne, il multiplie donc les scènes gore, les poussant aux limites du grotesque (Dracula décapite un mec d’un coup de griffes) tandis que ses actrices sont invitées à se mettre à poil dès que l’occasion s’y prête. Une surenchère souvent gratuite mais qui va faire tout le sel de ce Dracula.

Assumant ouvertement le côté bis de sa version, Dario Argento n’en a que foutre de disposer de faibles moyens pour en montrer un maximum à l’écran, accentuant le pouvoir de métamorphose du comte vampire. En véritable Manimal, Dracula se transforme en chauve-souris, en loup (jusque-là rien d’anormal) mais aussi en mouche, en chouette, en araignée et, cerise sur le gâteau du grand n’importe quoi, en mante religieuse géante (!!!). Lorgnant vers la perfection esthétique du cinéma gothique des années 60 (la sainte trinité Fischer/Corman/Bava), Dario Argento n’a certes plus la virtuosité évidente de ses débuts mais il n’en bâcle pas pour autant son travail. Avec ses couleurs criardes, ses contrastes marqués et ses cadrages recherchés, Dracula 2013 se veut avant tout graphique et iconique, comme une relecture fantasmée des grandes heures du gothique qui n’en est pas moins intéressante que celle d’un Tim Burton.

On pourra se gausser de ses effets numériques dégueulasses, de ses dialogues ridicules et de ses acteurs qui jouent mal (Rutger Hauer a l’air complètement paumé). Mais, au final, le Dracula de Dario Argento ne ressemble, pour le pire comme pour le meilleur, à aucune autre version connue tant le maestro italien cuisine le mythe à sa propre sauce. C’est bancal mais tellement généreux qu’il est bien difficile pour moi de réprimer la sympathie que peut m’inspirer cet étrange et incongru objet cinématographique.

 

The Vug

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Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».