Critique de Through The Never

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Metallica Through The Never

De Nimrod Antal
Avec Dane DeHaan, James Hetfield, Lars Ulrich, Kirk Hammett, Robert Trujillo
États-Unis – 1h33 – 2013

Rating: ★★★★☆

Master Of Puppets, Nothing Else Matters, One, … autant de classiques qui ont permis à Metallica de dépasser son statut de leader de la scène métal pour devenir un groupe légendaire, peut-être trop mainstream pour certains métalleux, des icones pour les autres. Après avoir connu une période laborieuse dans les années 90 et le début de la décennie 2000, Metallica a retrouvé, après thérapies forcées et cannettes de bière aux oubliettes, la fougue (leur dernière tournée fut gigantesque) et le talent (Death Magnetic est leur meilleur skeud depuis le Black Album) qui les caractérise. Ainsi, il est peu étonnant de les voir débarquer sur grand écran, logique même tant le groupe s’est à de multiples reprises évertué à diversifier ses supports, que ce soit à travers bon nombre de captations live, de bouquins, de jeux vidéos, de documentaires (Some Kind of Monster en tête), …

L’originalité apportée au projet afin de le différencier d’un live classique (quand on n’a pas Scorsese derrière la caméra il vaut mieux trouver un autre point d’appui) est d’incorporer un récit au concert. Ainsi, un jeune roadie prénommé Trip se voit chargé d’aller récupérer un sac au contenu mystérieux au cœur d’une ville rapidement submergée par le chaos. Le personnage fait parti intégrante du concert, que ce soit par sa présence dans le public ou par les interactions faites entre son périple et le concert. Par exemple, lorsqu’il se bat contre une sorte de Spawn à cheval des incidents techniques se produisent au même moment sur scène. Fortuites, ces scènes tentent de distinguer le film des nombreux lives sommairement entrecoupés d’interviews ou d’archives. Hélas, le scénario bateau, très peu travaillé et bourré d’inepties ne parvient jamais à offrir autre chose qu’un long clip vidéo qui ne représente finalement, et heureusement, qu’un gros quart d’heure du film, toutes séquences emboitées. L’idée d’employer ces images afin de retranscrire les paroles des différents morceaux aurait pu être payante si elle ne se limitait pas à du symbolisme faisant davantage office de clin d’œil que de véritable arc narratif. Ces efforts néanmoins louables mis à part, on ressort de la salle en ayant vu ce que l’on souhaitait vraiment, à savoir un concert de Metallica pur jus. Aux manettes, Nimrod Antal, responsable entre autres du pathétique Predators sorti en 2010, ne fait pas de miracles mais offre ce qui sied certainement le plus au bon gros show à l’américaine proposé avec Through The Never.

Les plus gros riffs du groupe s’enchainent, les solos de Kirk Hammett sont filmés sous tous les angles et une ambiance épique se dégage de ce grand spectacle où les membres du groupe sont plus que jamais mis en avant. Forcément, malgré la qualité du spectacle (à la 3D à peine nécessaire) et un son aux basses tonitruantes, l’immersion est là mais n’est jamais comparable à l’expérience éprouvée en place et lieu d’un véritable concert. D’une parce que taper trop fort du pied et se mettre à headbanger dans la salle risquerait d’alerter les vigiles, et de deux car au delà de la musique c’est le jeu de scène des musiciens qui est scruté. A ce titre le stade de Vancouver offre un terrain immense aux quatre compères qui ne tiennent pas en place.

Si Metallica est généralement capable du meilleur comme parfois du pire (leurs ambitions mal calculées leurs ayant parfois causées du tort au point de s’engouffrer dans des projets casse-gueule tel l’album Lulu en collaboration avec le regretté Lou Reed), Through The Never les met en scène dans ce qu’ils sont avant tout : des bêtes de scène. En font-ils trop avec ce film? Pour les détracteurs du groupe surement, mais pour les autres c’est avant tout 1h30 de plaisir à chantonner et à taper (doucement) du pied. Un regret cependant, ne pas voir figurer le fabuleux morceau Fade To Black dans la setlist.

Nico Darko

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About Nico Darko

Depuis sa rencontre nocturne avec un lapin géant lui prédisant la fin du monde s’il ne lui filait pas son portefeuille, Nico Darko a décidé qu’il était temps pour lui de se calmer sur une certaine boisson à base de malt et de houblon. Désormais, il se consacre à sa nouvelle passion pour les emballages alimentaires de marque péruvienne, mais il lui arrive aussi de vaquer à des occupations bien plus banales comme participer à des tournois de bowling avec son coéquipier Jeff Lebowski ou discuter littérature avec son ami Jack Torrance (dont il n’a d’ailleurs pas eu de nouvelles depuis l’hiver dernier).