Critique de Cheap Thrills

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Cheap Thrills

De E.L. Katz

Avec Pat Healy, Ethan Embry, Sara Paxton, David Koechner

États-Unis – 2013 – 1h25

Rating: ★★★★☆

Craig, époux aimant et père comblé d’un nouveau né qu’il adore, se voit menacer d’expulsion et virer de son emploi dans la même journée. Noyant ses problèmes dans un bar le soir même, il tombe sur Vince, un ami de lycée perdu de vue. Alors que les deux hommes trinquent, un étrange couple Colin et sa très belle femme Violet, les invitent à passer la soirée avec eux et leur proposent un jeu qui peu à peu va prendre une mauvaise tournure.

Co-scénarisé par Trent Haaga, à qui l’on doit le script du très discutable Dead Girl et premier film d’E.L Katz, Cheap Thrills est une vraie bonne surprise. Récemment dans un article-bilan sur l’Horreur des années 2000/2010, je concluais sur l’hypothèse que l’ère torture porn était derrière nous et que le sous-genre allait hiberner, disparaissant du paysage horrifique. Cheap Thrills dément subtilement mon intuition, prouvant qu’en réalité, il s’est probablement digéré dans un cinéma d’Horreur plus cru, plus réaliste et plus violent. Sans être réellement un torture porn, le film, à l’instar de The Woman, a conservé ce goût pour cette violence crue ultra réaliste au service d’une critique acerbe de la société, de ses principes fondamentaux et de la Nature Humaine et ses déviances.

Là où Lucky McKee traitait de la violence des hommes sur les femmes, Cheap Thrills s’attaque à l’inégalité riches /pauvres, à travers l’opposition de ces deux binômes, les deux potes d’enfance en galère de thunes et le couple de bourges s’ennuyant ferme au point de claquer à tout va pour n’importe quoi. Tout dans le film repose sur des oppositions,  la beauté froide de la femme, la sympathie inquiétante du mari, celui qui a fait des études pour avoir un job pourri et celui qui a arrêté ses études pour devenir hommes de main. Pour trahir leur emmerdement les nantis instaurent des jeux du cirque modernes, où le combat est mental, le joueur libre et consentant et le gain immédiat et en cash. Partant de petits paris inoffensifs, le film orchestre un crescendo dans l’Horreur, les humiliations volontaires devenant de véritables dilemmes, sans que jamais la menace ne soit réelle, la manipulation bien plus perverse consistant à jouer sur l’appât du gain et la nécessité des deux prolos. Funny Games où aucun des personnages ne seraient sous la contrainte. Funny Games en mode soirée entre « potes ».

Avec Cheap Thrills, E.L Katz livre un premier long métrage maitrisé, reposant sur un scenario inventif et porté par une réalisation ingénieuse, évitant le gore frontal pour amplifier l’horreur hors champ. Car l’Horreur de Cheap Thrills n’est pas graphique mais psychologique, intrinsèque à la perversité de ses personnages,  la manipulation des uns par la cupidité des autres. Une brillante lutte des classes en huis-clos.

Lullaby Firefly

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.