Critique de Cartel

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The Counselor

De Ridley Scott

Avec Michael Fassbender, Cameron Diaz, Javier Bardem, Brad Pitt, Penélope Cruz, John Leguizamo et Bruno Ganz

Etats-Unis/Royaume-Uni – 2013 – 1h57

Rating: ★★★★☆

Afin de payer le diamant avec lequel il a demandé sa fiancée en mariage, un avocat s’associe avec des criminels pour un trafic de drogue entre le Mexique et les États-Unis. Mais le plan foire et le cartel mexicain décide de faire un ménage radical dans ses contacts. Notre avocat va vite comprendre qu’il s’est foutu dans un sacré merdier.

Considéré comme l’un des plus grands écrivains américains contemporains (Méridien de sang, No Country for Old Men, La Route) Cormac McCarthy signe avec The Counselor son premier scénario pour le cinéma. Tout comme ses romans s’affranchissent des conventions d’écriture habituelles, (McCarthy écrit généralement au présent, dans un style très simple et il n’hésite pas à rajouter des conjonctions de coordination comme le «et» et cette apparente simplicité vient amplifier la violence des histoires humaines qu’il raconte) The Counselor ne cherche aucunement à suivre les équilibres scénaristiques d’usage (les trois actes, le climax median…), préférant nous présenter des personnages qui n’ont pas le temps d’agir et dont les têtes vont bientôt tomber.

L’intrigue n’est pas prévisible, elle est annoncée. En effet, le personnage de Brad Pitt, assez proche de celui de Woody Harrelson dans No Country For Old Men, avertit d’emblée le non-héros de l’histoire (Michael Fassbender enfin de retour) sur le pire auquel il peut s’attendre. Ce pire arrivant très vite, le film se concentre donc sur l’attente, celle des condamnés, conscients ou pas du châtiment qui va les frapper, et sur la culpabilité du Counselor, le conseiller, l’avocat, celui qui est censé savoir et défendre mais qui se révèle corrompu, naïf et lâche. Tout comme nous, Fassbender sera le spectateur impuissant du massacre annoncé, prenant conscience des deux mondes qui se succèdent dans une existence : le monde de l’insouciance puis le monde de la résignation, sans possibilité de faire marche arrière.

Dans The Counselor, les hommes mettent leur monde en péril pour briller dans les yeux de celles qu’ils aiment. Mais comprennent-ils vraiment ce qu’attendent les femmes ? Jouant sur le blanc et le jaune qui qualifient le prix d’un diamant, Ridley Scott oppose les relations Cruz/Fassbender et Diaz/Bardem. Dès la séquence pré-générique, les premiers font l’amour dans des draps blancs immaculés, représentant l’état de grâce que Fassbender va inutilement mettre en péril. On retrouve les seconds dans une ahurissante scène de masturbation féminine sur le pare-brise une voiture de sport de couleur jaune, couleur qui suivra la vénéneuse Cameron Diaz. Si Ridley Scott a bien du mal à transcender la seule grosse scène d’action du film (une fusillade sur une route déserte), il parvient toutefois à apprivoiser le rythme si particulier des récits de Cormac McCarthy, fluidifiant les deux heures d’un récit très bavard. Certes, The Counselour n’atteint pas les mêmes sphères que No Country For Old Men mais il n’en reste pas moins un thriller atypique et innovant, grave mais parfois drôle, interprété par des acteurs prestigieux et investis.

 

The Vug

 

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».