Critique de Byzantium

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Rating: 4.5/5 (2 votes cast)

Byzantium

De Neil Jordan

Avec  Gemma Arterton, Saoirse Ronan, Caleb Landry Jones, Sam Riley, Jonny Lee Miller

Irlande/Royaume-Uni – 2012 – 2h

Rating: ★★★★★

Eleanor, une jeune fille solitaire de 16 ans, vit avec Clara, une belle jeune femme qui prétend être sa soeur. Mais elles cachent un lourd secret depuis plus de deux siècles.

Dans le sous-genre du film de vampires, le nom de Neil Jordan ne peut être dissocié de son adaptation du roman à succès d’Ann Rice, Entretien avec un vampire, qu’il a réalisé en 1994, et qui demeure encore aujourd’hui un des meilleurs films de vampires « modernes ». Dix huit ans plus tard, le cinéaste irlandais retrouve les créatures de la nuit pour ce qui peut s’apparenter à un pendant féminin de son film culte. Excellent technicien, avec un sens de la photo puisée dans la beauté même de son pays natal, l’Irlande, Neil Jordan nous offre après la fable intimiste Ondine, un métrage superbement classieux, trop classique lui reprocheront certains, fort d’une esthétique soignée et porté par cette mélancolie poétique chère à Jordan.

Presque vingt ans après Ann Rice, c’est de nouveau vers une femme que s’est tourné le réalisateur, en l’occurrence Moira Buffini, auteur de la pièce dont est tiré le film, pour trouver l’histoire de vampire qu’il pourrait porté à l’écran. Rapprochant le vampirisme d’une magie ancestrale, Byzantium est bien un film de vampires, mais c’est un film de femmes vampires avant tout, avec pour moteur cette relation entre fraternité et maternité qui lie les deux héroïnes. De par la place des femmes au sein de la communauté vampirique, Byzantium innove brillamment dans un genre où ces dernières années, l’innovation du vampire passait un peu trop par l’actionner fantastique Underworld ou l’affront Twilight. Exception faite, le fabuleux Morse, que Neil Jordan, en cinéphile européen, a probablement vu, jouant lui aussi sur l’amour naissant de deux adolescents, l’un souffrant de la solitude du vampire, l’autre également solitaire et menant une existence morne. Visuellement, Neil Jordan offre de superbes séquences, parfois classiques (notamment les flashbacks), mais rappelant le fantastique étrange de La Compagnie des Loups ou d’Entretien avec un vampire. 

Porté par le somptueux duo d’actrices, Saoirse Ronan, tout en justesse et retenue et Gemma Arterton, hallucinante d’ambivalence, Byzantium est la preuve même que Neil Jordan parvient encore à nous surprendre et à nous émerveiller et demeure définitivement un maitre du cinéma fantastique.


Lullaby Firefly

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.