7 films que l’on ne montrerait pas à ses enfants, sauf en dessins animés

 
 
 

Les années 80 (que l’on peut dater de 82 à 92 du point de vue de la culture pop) sont une période extraordinaire pour le cinéma et pour l’entertainment en général. Pour le cinéma, les 80’s demeurent une période folle où les studios mettaient des thunes dans la Recherche pour les effets spéciaux et dans des prods pouvant largement outrepassé le simple PG. Pourtant, depuis Star Wars, tout le monde à Hollywood avait pigé l’importance du merchandising et de l’implication des têtes blondes dans le processus. Alors à partir de la seconde moitié de la décennie, les émissions pour enfant se sont vues envahir de dessins animés librement adaptés de films , et pas toujours de ceux que l’on montrerait à un gamin. Des persos de films parfois ultra badass pouvaient devenir des héros de dessins animés, des figurines et autres jouets…

 

Rambo (Rambo: The Force of Freedom)

 

 

Diffusé aux Etats-Unis en 1986 et en France en 1987 sur Canal + et en 1991 sur la Cinq.

Un an seulement après la sortie de Rambo 2, suite confirmant le succès de Stallone et de son personnage de soldat badass, la société de prod Ruby-Spears (à qui l’on devra par la suite la série animée Police Academy), se lance dans la production d’une série animée mettant en scène John Rambo. Pour la première fois, un film Rated R se voit décliner en programme destiné aux enfants. Problème, les spécialistes en psychologie de l’enfant consultés préconisent alors au vue de la cible visée, qu’aucune référence directe ne soit faite au livre originel de David Morell, ni aux films, ni au Vietnam, ni aux prisonniers de guerre, ni aux méthodes Rambo. En résulte donc un dessin animé riche en corps à corps et en gunfight, mais sans aucune effusion de sang, de violence explicite ou de gore, sans même que jamais un mort ne soit montré à l’écran, et ce, malgré que le personnage principal soit une caricature non dissimulée de Stallone. Qu’importent les sacrifices (et sacrilèges), l’important c’était surtout que les gamins se ruent sur les figurines des personnages, histoire de concurrencer doublement GI Joe et sa série créée en 1985.

 
 

Robocop  (RoboCop: The Animated Series)

 


 

Diffusé aux Etats-Unis en 1988 et en France en 1990 sur TF1 et en 1991 sur la Cinq.

La mode de l’adaptation de rated R en dessin animé étant lancée, le succès rencontré en 1987 par le premier blockbuster US d’un réal hollandais encore peu connu s’avère un pari fort alléchant dans lequel Marvel Productions n’hésite pas à s’engager.  Là encore, le matériel de base est assez sombre et violent, nihiliste même et semble difficile à adapter pour un jeune public sans le dénaturer. Bien que la séquence d’ouverture des épisodes met en scène très brièvement le meurtre de Murphy, le dessin animé fonctionne comme un buddy movie de flics, se permettant toutefois d’aborder des thèmes de société ou d’actualité peu communs pour des programmes pour enfants, comme le terrorisme, l’espionnage ou même  le conflit au Moyen-Orient.  Enfin, RoboCop est réellement présenté comme un Super justicier, s’interrogeant sur son humanité, le genre de questions existentielles que se posent les super héros. Faut dire qu’en plus, ED 209 et Murphy, ça fait des jouets super chouettes!

 
 

Conan l’Aventurier (Conan: The Adventurer)

 


 

Diffusé en 1992 aux États-Unis et en France en 1993 sur M6 et en 1996 sur TF1.

Cas particulier que ce Conan, dessin animé sorti 10 ans après le film culte et rated R de John Milius et qui, contrairement à Rambo, se réfère davantage au monde du roman originel qu’à la version musclée et badass avec Schwarzy. Conan n’a pas perdu ses parents enfant dans d’ignobles circonstances, ils ont été changé en statues de pierre. Une enfance beaucoup moins traumatisante faisant de notre barbare musclé préféré un héros aussi fort que respectable. Du coup, bien que respectueuse de l’univers de Robert E. Howard, cette série animée reste bien plus soft, faisant de Conan un équivalent de Musclor. Là encore, entre les acolytes du Bien (Jasmine, le magicien Loup-Gris et Mischa et Sasha, ses frère et soeur changés en loups, Falkenar, Zula, Snagg, le viking ou Nidole, le petit phoenix) et les gros vilains (Iramon et ses hommes serpents), il y a de quoi faire une belle collection de jouet (avec en bonus Tonnerre le sombre destrier du barbare), le succès de la série animée assurant de belles courbes de vente!

 
 

Beetlejuice

 

 

Diffusé de 1989 à 1993 aux États-Unis et en 1990 sur Canal +, en 1993 sur Antenne 2 et en 1998 sur France 3.

1988, juste avant de se lancer dans la franchise Batman, Tim Burton réalise Beetlejuice, une comédie fantastico-macabre à grosse tendance horrifique. Estampillé PG aux Etats-Unis, un équivalent de tout public avec avertissement, le film n’est clairement pas destiné aux plus jeunes, de base, certaines scènes pouvant être choquantes pour les moins de 12 ans, ce qui en fait un film hybride, voire schizo, Beetlejuice ayant certains aspects du héros enfantin, son humour, notamment, se rapprochant de celui d’un enfant de 6 ans. Il n’en fallait pas plus à la chaine ABC pour lancer sa version cartoon. Le morbide est atténué, l’aspect crasseux de Beetlejuice renforcé au point de prendre des airs de Crados (vous savez, les cartes à collectionner représentant des gamins dégueu, dont les noms sont des jeux de mots) et la magie s’opère sur les 6-12 ans. Niveau merchandising, les multiples tours de Beetlejuice sont une réserve sans fond pour des figurines à mécanisme que les gamins peuvent collectionner. Néanmoins, la gamme de jouets est à l’effigie du film et non du dessin animé et antérieure à celui-ci.

 
 

Toxic Crusaders

 

 

Diffusé aux Etats-Unis  et en Angleterre en 1990. Inédit en France.

Crée par le truculent Lloyd Kaufman, padre de Troma Inc., Toxic Crusaders est le dessin animé dérivé de la franchise Toxic Avenger, fleuron et gros succès de la firme, mettant en scène le super héros maison, un pauvre gars changé en monstre après avoir été aspergé de déchets toxiques. Pour peu que l’on connaisse un peu l’univers Troma, ultra gore et explicitement cul, on imagine mal montrer ça à des gosses. Néanmoins, la série animée mise plutôt sur le message écolo, Toxie et ses potes devant combattre une race extraterrestre ne pouvant vivre que grâce à la pollution (comme l’oxygène pour nous). Ce dessin animé demeure le précurseur d’une vague de cartoons axés écolo qui déferla aux débuts des 90’s, comme Captain Planet, qui lui a traversé l’Atlantique pour venir jusqu’à nous. Comme pour Rambo ou Conan, la bandes à Toxie et ses antagonistes aux noms et aux looks de Super Vilains font une gamme de figurines topissime avec un univers ultra original.

 
 

La Guerre des tomates (Attack of the Killer Tomatoes )

 


 

Diffusé en 1990 aux Etats-Unis et en 1993 en France sur M6

John De Bello sortit en 1978 une comédie bis très inspirée par les productions Troma, L’Attaque des tomates tueuses. 10 ans plus tard, le bonhomme remet le couvert avec Le Retour des tomates tueuses (un des premiers rôles au ciné de George Clooney), suivi en 1991 d’un troisième volet,  Les Tomates tueuses contre-attaquent, puis de Killer Tomatoes eat France, l’année suivante. La mode de la série animée pour enfant étant à l’horrifique potache, cette saga Z, gentiment gore et pouet-pouet (sortie PG au ciné) apparaît pour les gars de Marvel Productions comme le sujet parfait pour un nouveau dessin animé. On reprend le visuel de tomate de l’affiche des films, on décline plein de personnages du second opus et encore plus de tomates et on tient son merchandising en prime. Surfant là aussi sur la fascination des gamins pour les trucs crados, le dessin animé durera deux saisons.

 

 

Crypte Show (Tales from the Cryptkeeper)

 

 

 

Diffusé en 1993  aux Etats-Unis et en 1994 en France sur M6.

Version pour enfant de la série Les Contes de la Crypte, dont le titre VF se réfère à la variation ciné de Stephen King et Romero, Creepshow ( sorti en 82, soit sept ans avant la série télé), Crypte Show présente le même type de narration, un gamin lisant un comic book où un mort vivant officie de narrateur pour raconter de terribles histoires macabres. Les gamins aiment avoir la frousse, rien de tel que les anthologies regroupant toute sorte de monstres, qui font en prime un super sujet pour une gamme de figurines, de quoi composer son propre museum de l’Horreur. Bien loin d’être aussi cauchemardesque que sa version adulte, le dessin animé ne durera que trois saisons, concurrencé par le succès de live-action comme Fais-moi peur! (Are you afraid of the dark?).

 
 

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.