10 classiques de la littérature SF qui n’ont toujours pas été adaptés au cinéma

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A l’occasion de la sortie de La Stratégie Ender, d’après le chef-d’œuvre d’Orson Scott Card, on a fouillé dans notre bibliothèque afin de sortir 10 grands romans de science-fiction qui n’ont toujours pas été adaptés au cinéma.

LE MEILLEUR DES MONDES d’Aldous Huxley (1932)

Nouvelle Ordre Mondial, bébés-éprouvettes et lutte des classes. Avec 1984 de George Orwell, Le Meilleur des mondes se hisse au sommet des dystopies, ce genre où les utopies partent en vrille. Si quelques adaptations ont été tentées pour la télévision, la version cinématographique du classique de Huxley reste encore à faire. Il y a quelques années pourtant, Ridley Scott y avait réfléchi pour signer son grand retour à la SF (avec Leonardo DiCaprio en tête d’affiche). Plus aucune trace depuis si ce n’est une première affiche qui traîne sur le Net. Bien dommage…

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FONDATION d’Isaac Asimov (1951)

Grâce à une science statistique qu’il a lui-même inventée, un mathématicien a prévu tout ce qui allait se passer sur les 22 000 ans à venir. A la tête d’une colonie ayant survécu à la fin du monde, il devient ainsi le prophète d’une nouvelle humanité qu’il va guider sur des millénaires grâce à des messages holographiques. Bref, la saga d’un type qui a tout prévu pour un cycle SF aussi important que celui des Robots. Warner a les droits du bouquin depuis 2008, le nom de Roland Emmerich a même été avancé mais le projet est toujours en stand-by. Tant mieux!

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L’HOMME DEMOLI d’Alfred Bester (1952)

Philip K. Dick avant Philip K. Dick. Un homme d’affaire essaie de commettre le crime parfait dans une société où les policiers sont des télépathes et « démolissent » la réalité de ceux qu’ils épinglent. Premier Prix Hugo (la distinction la plus prestigieuse pour une œuvre SF), ce roman très efficace d’Alfred Bester donnerait un putain de Tech-Noir que même Roland Emmerich ne pourrait pas rater !

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UBIK de Philip K. Dick (1969)

La grande arlésienne du cinéma SF qui intéresse particulièrement les Français. En effet, dès les années 70, le godardien Jean-Pierre Gorin contacte directement l’écrivain pour une adaptation de Ubik, classique d’entre les classiques mêlant Le Livre des morts tibétain aux univers-gigognes et paranoïaques de Dick. Celui-ci élabore un scénario qui n’aboutira à rien. Il y a peu de temps, un nouveau projet d’adaptation est annoncé avec Michel Gondry derrière la caméra et Jim Carrey en Joe Chip. Les deux compères ayant réussi Eternal Sunshine of the Spotless Mind, on espère que le projet ne dormira pas longtemps dans les tiroirs.

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JACK BARRON ET L’ETERNITE de Norman Spinrad (1969)

En Jean-Jacques Bourdin du futur, le présentateur télé Jack Barron se fait le porte-parole des faibles face aux puissants. Mais lorsqu’on lui propose de la fermer en échange d’un copieux contrat pour devenir immortel, les idéaux de l’ancien révolutionnaire communiste sont mis à mal. Avec ce classique qui fit scandale en son temps (drogue, sexe, gros mots), Norman Spinrad faisait basculer la dystopie dans l’ère psychédélique. Qui aura les bollocks d’adapter ce joyau noir ? Pour l’instant, personne. Moi j’aurai bien misé sur Paul Verhoeven mais comme j’ai pas un rond…

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RENDEZ-VOUS AVEC RAMA d’Arthur C. Clarke (1973)

Dans son inestimable Science-fictionnaire, Stan Barets qualifie les histoires du type Rama de GTS, ce qui veut dire Grand Truc Stupide. Le GTS, c’est le vaisseau spatial gigantesque qui dérive sans fin dans l’espace et dont l’équipage, le plus souvent d’origine extraterrestre, a disparu depuis belle lurette. Aux Terriens d’explorer le GTS et de comprendre sa finalité, s’il en a une. L’adaptation de ce classique d’Arthur C. Clarke est devenue le fastidieux projet de l’acteur Morgan Freeman depuis bientôt 15 ans, projet qui intéresse toujours David Fincher bien que celui-ci ne soit toujours pas convaincu par les nombreux scénarios qui lui ont été proposés. Si vous voulez changer la face du cinéma SF, c’est donc le moment ou jamais de lui envoyer votre version de Rama (mais faudra se gaver, cela va sans dire).

LE MONDE INVERTI de Christopher Priest (1974)

Sur une planète hyperbolique, une cité mouvante doit se déplacer en permanence sur des rails afin d’atteindre coûte que coûte l’Optimum, un point hypothétique situé vers l’avant et garantissant la stabilité physique du monde. Les fans de Christopher Nolan connaissent Christopher Priest pour être l’auteur du vertigineux Le Prestige. Mais le chef-d’œuvre du romancier anglais reste indiscutablement Le Monde inverti, l’un des plus grands romans SF de tous les temps. Vue la démesure du projet, on comprend que personne n’ait osé s’attaquer à une telle adaptation.

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LES VOIES D’ANUBIS de Tim Powers (1983)

L’un des grands classiques de la littérature Steampunk qui met la SF à l’ère des machines à vapeur. Un professeur de lettres accepte de suivre des millionnaires à travers un portail temporel ouvert deux siècles auparavant par un sorcier égyptien. Paradoxes temporels, mondes parallèles, doubles de soi-même, science, magie et sociétés secrètes sont au cœur de ce petit bijou de complexité logique où l’on reconnait les voyageurs du temps quand ils sifflent Yesterday des Beatles. De quoi faire un film fantastique complètement fou.

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NEUROMANCIEN de William Gibson (1984)

Après Ubik, en voilà une autre Arlésienne du cinéma SF. Le classique cyberpunk de William Gibson nous plonge dans un monde futuriste peuplé de multinationales sans scrupules et de hackers nihilistes venus foutre le bordel en se branchant sur le Cyberespace. Ghost in the Shell, Strange Days, Matrix, Johnny Mnemonic (scénarisé par Gibson)… Un pan tout entier du cinéma SF des années 90 découle de Neuromancien. Depuis longtemps Vincenzo Natali (Cube, Cypher) a en tête d’adapter ce gros morceau de SF. De là à ce qu’il mette sa menace à exécution…

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HYPERION de Dan Simmons (1989)

Celui qui adaptera avec succès cet énorme cycle SF écrit par Dan Simmons deviendra le prochain George Lucas ou le prochain Peter Jackson. Difficile de résumer l’histoire de Hyperion tant son auteur semble avoir voulu faire tenir TOUTE la SF dans une même œuvre. Space Opera, paradoxes temporels, Fantasy, cyberpunk… Tout y passe ! Comme si Isaac Asimov, Philip K. Dick, Frank Herbert, Richard Matheson, Ray Bradbury, Jack Vance et K.W. Jeter avaient uni leurs efforts dans un même ouvrage. Scott Derrickson (Sinister, L’Exorcisme d’Emily Rose) caressait déjà l’espoir d’adapter la saga entière en un seul film. On espère sincèrement qu’il n’y arrivera jamais tant le matériel prête pour le coup à une parfaite franchise SF : mature, complexe, intelligente, complète et moderne.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».