Critique de La Belladone de la tristesse

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Kanashimi no Belladonna

De Eiichi Yamamoto

Avec les voix de Aiko Nagayama, Katsutaka Ito, Tatsuya Tashiro

Japon – 1973 – 1h26

Rating: ★★★★★

Jeanne et Jean s’aiment. Ils veulent s’unir pour l’éternité, devant Dieu. Ils souhaitent mener une vie de paysans, mais lors du mariage, le Seigneur du village s’oppose à l’union. Car il désire aussi la jeune fille et veut asseoir son pouvoir…

Aux allures de conte Disney (deux chansons dans les dix premières minutes), ce film d’animation est un mélange complexe. En effet le travail pictural s’inspire à la fois des types de peinture (aquarelle, gouache, acrylique…) et de différents styles de peinture (estampe, impressionnisme, expressionnisme, surréalisme…) auquel est ajouté une grande dose de psychédélisme, une foire de couleurs. Et ceci sur des images très figées, rappelant le principe du dessin grand format zoomé par la suite, et on peut même avoir l’impression d’une pellicule à l’écran, une pellicule à grain, sépia ou noir et blanc. De cet esthétique, nous voici face à une réflexion tout autant complexe sur l’esprit corps et âme féminin. La condition féminine et le désir féminin croisent la figure du Christ et son chemin de croix.

Le récit, dans une ambiance vaporeuse et atmosphérique, traite de l’obscurantisme, de l’ignorance et de la superstition avec lapidation, hypocrisie et rituel tribal (cela se passe dans un village au Moyen-Age je crois). Sexe et violence sont entremêlés, les organes génitaux sont d’ailleurs détournés, conjugués à des figures chimériques pour signifier la présence du diable et l’absence de Dieu. Par conséquent la femme reste-elle le sexe faible amadouée par une ombre qui grossit au fur et à mesure des malheurs de l’héroïne à la différence du serpent parlant à Eve? Jeanne a-t-elle raison de son pacte avec celui-ci face au seigneur au masque de mort? Alors faut-il contraindre le désir féminin? L’entraver? L’ignorer? Sommes-nous dans un rape & revenge? Ce qui est sûr par contre, c’est qu’il est disséminé des références et clins d’oeil à des figures féminines: Jeanne d’Arc la pucelle d’Orléans (à la différence de la sainte héroïne non virginale), Brigitte Bardot, Barbarella, Jean Seberg

Aux hommes, ces lâches connards exprimant bien trop d’égoïsme, les femmes  se révèlent être des salopes qui ne savent pas ce qu’elles veulent. pardonnez-moi, elles veulent en fait l’égalité, l’égalité parfaite et universelle. Car souvenez-vous, avant la pochette du Combat continue d’Ideal J où une main noire serre la bannière tricolore, Eugène Delacroix faisait La liberté guidant le peuple et c’était une femme, à la fois symbole de désir et de révolte qui guidant la lutte avec le même drapeau…

Hamburger Pimp

 

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…