Critique de C’est la fin

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This Is the End

De Seth Rogen et Evan Goldberg

Avec Seth Rogen, Jay Baruchel, James Franco, Craig Robinson, Danny McBride

Etats-Unis – 2013 – 1h47

Rating: ★★★★★

Jay Baruchel, Seth Rogen. Deux potes ayant grandi au Canada, devenus acteurs avec plus ou moins de renommée. Le premier a joué dans une série et a eu des seconds rôles notables (Cosmopolis), l’autre a été enrôlé dans la communauté Judd Apatow (déjà dans Freaks & Geeks, En cloque mode d’emploi) en plus d’être un scénariste reconnu. Longtemps qu’ils se connaissent, longtemps qu’ils ne sont pas vus, alors Jay débarque à Los Angeles pour voir son ami Seth. Ce dernier lui propose alors d’aller à la soirée de James Franco, du côté d’Hollywood…

Un film où les acteurs jouent leurs propres rôles, c’est connu, mais de cette façon c’est inédit. En plus des deux vieux amis et de l’hôte bo-bo James Franco, on voit apparaître Rihanna, Michael Cera en cocaïnomane désagréable, Jonah Hill en metrosexuel, Jason Segel en blasé de sa propre série How I Met Your Mother Emma Watson en petit bout de femme forte, Danny McBride en connard fini et même Channing Tatum (pourtant je m’étais promis de ne plus regarder un film avec lui). Cela a l’air de la fête ultime (prends-ça dans tes dents réalisateur de Projet X) avec alcool cannabis et musique rap, vous voyez cela ressemble à vos soirées, vous n’avez donc rien à envier aux stars, mais le basculement de comédie à film fantastique de survie, quoiqu’un peu rapide, permet un huis-clos intéressant. Car on est tous égaux face à l’Apocalypse. C’est à la fois un buddy movie à six, où fusent les blagues potaches mais efficaces, une relecture de certains classiques du genre (L’Exorciste…).

Et le film n’échappe pas à la réflexion principale des comédies régressifs actuels : la crise d’adolescence qui peut durer jusqu’à 30 car il devient de plus en plus compliqué de devenir adulte sans se parjurer soi-même. « Qu’est-ce qu’on s’en branle du futur quand on comprend pas le présent » rappe Orelsan, jeune trentenaire, au même titre que les acteurs-personnages du film, excepté Craig Robinson. On joue alors sur l’entraide (personne n’aime dormir seul…), les actes de bravoure (le sacrifice de soi), l’application rigide de la démocratie (rationnement des vivres) et un regain d’intérêt pour la religion (les confessions, est-ce le Jugement Dernier ?). Ajouté à cela, des procédés de found footage ou de télé-réalité (dialogue avec la caméra) pour éviter de tourner en rond dans le récit.

Moins profond que Le Dernier pub avant la fin du monde mais plus osé, ce premier film réalisé par Seth Rogen se veut surtout actuel quand celui d’Edgard Wright se veut générationnel et plus mature. Mais dans les deux cas, faire du cinéma entre potes est une grande  jouissance.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…