Critique: The Major

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Mayor

De Yuri Bykov

Avec Denis Shvedov, Irina Nizina, Ilya Isaev et Yury Bykov

Russie – 2013 – 1h39

Rating: ★★★★☆

Conduisant comme un dingue pour rejoindre sa femme qui vient d’accoucher, l’officier de police Serguei Sobolev fauche un gamin devant les yeux de sa mère. Appuyé par ses collègues et sa hiérarchie qui maquillent les preuves en sa faveur afin d’éviter un scandale politique, Serguei commence à éprouver un sentiment de culpabilité qui va s’accentuer quand les parents de la victime font les frais des violences policières cherchant à les intimider.

Vainqueur du Prix Nouveau Genre de l’Étrange Festival 2013, The Major est le second long-métrage du réalisateur russe Yuri Bykov. Dressant le portrait pessimiste d’une Russie corrompue, le film vient mettre en évidence l’ambiguïté qui délimite le pouvoir, la loi et la justice, soit les trois notions qui doivent être séparées et indépendantes dans toute démocratie qui se respecte. Dans les plaines gelées du plus grand pays du monde, c’est le despotisme local qui prend l’ascendant sur les idéaux constitutionnels, pliant la loi à sa convenance et étouffant la justice pour garantir la longévité de son propre pouvoir.

L’injustice génère la violence désespérée. En partant de cette idée qu’il pousse à son paroxysme en la confrontant à la froideur mécanique d’un système refusant de reconnaître et d’assumer ses torts (allant jusqu’à incarner lui-même le grand nettoyeur chargé de faire disparaître toutes les preuves), Yuri Bykov fait de The Major un puissant réquisitoire qui nous remue les tripes doublé d’un polar efficace et respectueux des codes du genre (on penserait presque à une collision entre Fargo et L.A. Confidential).

Avec son utilisation intelligente du scope et des plans-séquences, Yuri Bykov se montre également cinéaste virtuose sans pour autant verser dans l’esbroufe technique ni oublier sa direction d’acteur ici sans faille (le film était en compétition en Semaine de la critique à Cannes – on comprend vite pourquoi). Sa fin abrupte et à contre-courant pourra laisser perplexe mais The Major reste un bel uppercut cinématographique.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».