Critique Les Chasses du Comte Zaroff

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The Most Dangerous Game

de Ernest B. Schoedsack

avec Joel McCrea, Fay Wray, Leslie Banks, Robert Armstrong

Etats-Unis – 1932 – 1h03

Rating: ★★★★★

Quel est le point commun entre Hostel de Eli Roth, Chasse à l’Homme de John Woo, Battle Royale de Kinji Fukasaku, Predator de McTiernan ou même Hunger Games de Gary Gross ?

Ils s’inspirent tous de près ou de loin des Chasses du Comte Zaroff.

Ce film, j’en avais entendu parlé pour la première fois il y a quelques années, à la fac, entre deux siestes. Puis plus tard encore dans le chef d’œuvre de Fincher, Zodiac où on se rend compte que le tueur cite le film dans les lettres qu’il envoie au San Francisco Chronicles.

Bref, après tout ce chemin, je l’ai enfin vu il y a quelques jours à l’Etrange Festival, dans sa version récemment restaurée.

Et c’est une assez grosse claque que je me suis prise en fait.

Mettons de côté l’humour involontaire qui a fait rire grassement une bande de pseudo-cinéphiles beaufs lors des moments les moins opportuns, et nous avons un film qui est le modèle ultime du Survival.

Avant même de vous dire pourquoi j’ai aimé, je vais d’abord vous raconter l’histoire de comment ce film a existé, parce que c’est passionnant, vraiment.

En gros, en 1932, les studios RKO préparaient King Kong, avaient monté l’équipe, préparé des décors de jungle gigantesques et testaient les effets spéciaux. En attendant que ces derniers soient prêts, ils se sont dit « et si on utilisait les décors qu’on a à dsposition pour faire un autre film plus petit ? », et ont choisi d’adapter la nouvelle  de Richard Connell « The Most Dangerous Game » (D’ailleurs, un truc que j’avais pas capté, « Game » en anglais veut dire Jeu, mais aussi Gibier).

 

Le film parle d’un jeune chasseur, Bob Rainsford, qui se retrouve face au mystérieux  comte Zaroff suite au naufrage du bateau sur lequel il voyageait. Zaroff, grand passionné de la chasse, dit à Bob qu’il a trouvé sur cette île « le plus dangereux des gibiers ». Ce dernier pense qu’il parle de tigres, mais se rend compte petit à petit que c’est l’humain la proie de cette chasse obsédant son hôte.

Je me suis pris à ce jeu tout du long. Malgré un scénario assez léger, le film capture l’essence de cette chasse à l’homme grâce à une ambiance super bien rendue par les décors, le cadre la lumière de son réalisateur et son chef opérateur, du drama, de l’humour, un enjeu passionnant, et un comte Zaroff ultra charismatique et très bien interprété par Leslie Banks dont c’est le premier film hollywoodien.

Le film n’est pas super profond, mais est hautement divertissant, un thriller de très, très, très bonne qualité, servi par un noir et blanc magnifique qui sait jouer sur les contrastes afin de mieux nous offrir le spectacle qu’est ce « jeu d’échec en extérieur » comme l’appelle Zaroff. Une bonne grosse série B qui ouvrira la porte à tellement d’autres.

Comme je le dis au début de cet article, c’est un film matrice, dans le sens où il a servi de moule pour un genre à part entière.

Hallucinant de voir que Schoedsack et Cooper sont responsables sur un an de deux chefs d’œuvres, l’un étant l’archétype du grand film hollywoodien, l’autre, sa face cachée, un petit film qui retentira longtemps, car fait par des gens qui voulaient tout à une époque où tout était encore à faire, et qui y sont arrivés.

Une curiosité, mais surtout, un grand petit film qui n’a pas vieilli et qui vu dans de bonnes conditions (la restauration est SUBLIME, j’insiste) n’a rien à envier aux films d’hier ou d’aujourd’hui.

Skreemer

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About Skreemer

Comme le dirait son bon pote Brassens, « Autrefois, quand j’etais marmot, J’avais la phobie des gros mots, Et si je pensais «merde» tout bas, je ne le disais pas… Mais Aujourd’hui que mon gagne-pain c’est de parler comme un turlupin, Je ne pense plus «merde» pardi ! mais je le dis. » En plus de tout ça, Skreemer a un goût certain pour la bagarre verbale avec les cons, les livres, les films et les bandes dessinées. Ses biscuits préférés sont les Hello Kitty à la fraise et il a toujours du Coca-Light et des clopes chez lui au cas où une demoiselle passerait. Par contre, il fait de longues phrases sans fin, avec plein de virgules dedans et n’aime pas les tomates. De plus, il est petit en taille et compense en utilisant du verlan.