Critique de Found [L’Etrange Festival 2013]

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Rating: 4.0/5 (1 vote cast)

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Found

De Scott Schirmer

Avec Gavin Brown, Ethan Philbeck, Phyllis Munro et Louie Lawless

Etats-Unis – 2012 – 1h43

Rating: ★★★☆☆

Passionné par les films d’horreur et les romans graphiques, Marty est un adolescent renfermé qui aime bien fouiller dans les affaires des autres. Il a ainsi découvert les lettres d’amour de jeunesse conservées par sa mère, la collection de revues pornos dans le garage de son père, les têtes humaines planquées dans la chambre de Steven,  son serial killer de grand-frère…

Premier long-métrage du jeune réalisateur américain Scott Schirmer, Found s’inscrit dans la lignée splatterpunk des films de Clive Barker et Lucky McKee. Concentré sur la relation entre deux frères, le film s’interroge sur les liens entre l’influence des œuvres violentes et les actes barbares perpétrés par les jeunes meurtriers à travers le point de vue de son jeune héros, un geek qui garde la tête sur les épaules en dépit de ses difficultés à s’intégrer socialement.

Si Found est une œuvre particulièrement gore, c’est avant tout par un malin jeu de distanciation. Se basant sur une séquence abominable de Headless, film dans le film à partir duquel le tueur s’inspire pour ses meurtres, Schirmer laisse hors-champ les agissements sanglants perpétrés dans la réalité, ne nous montrant que le résultat de cette réalité (les têtes découpées et énuclées) jusqu’au glaçant et cynique plan final.

Relevant d’une horreur réaliste et sensible, Found est un shocker assez efficace en dépit de son très petit budget et des défauts qui en découlent (direction approximative des acteurs, bruit blanc sur les prises de son…). On regrettera que l’histoire abandonne assez vite sa ligne comics (Marty et son meilleur ami travaillent sur une histoire de super-héros) pourtant promise dans le somptueux générique d’ouverture pour se concentrer quasi-exclusivement sur sa dimension horrifique (bien que l’on puisse considérer les meurtres de Steven, cherchant avant tout « à protéger » son petit frère, comme des formes d’actes super-héroïques). Reste un petit film lo-fi  inventif dans sa mise en scène et suffisamment dérangeant pour imprimer nos rétines.

 

The Vug

  

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».