Critique de Europa Report

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Europa Report

De Sebastian Cordero

Avec Anamaria Marinca, Sharlto Copley et Michael Nyqvist

Etats-Unis – 2013 – 1h30

Rating: ★★★★☆

Satellite de Jupiter, Europe intéresse les scientifiques pour ses épaisses couches de glace qui pourrait abriter la vie. Avec 2010, suite mésestimée de 2001 l’odyssée de l’espace, le romancier Arthur C. Clarke faisait déjà d’Europe le berceau d’une future civilisation extra-terrestre à l’intérieur même de notre système solaire. Logique donc que le modeste found footage SF Europe Report cherche à suivre la voie royale tracée par Clarke et Kubrick.

Pas de métaphysique ici mais de la bonne vieille SF hard science pour décrire le long voyage des six membres de la mission internationale venue poser le pied sur la magnifique mais inhospitalière lune jupitérienne. Pas de parasites extraterrestres qui ferait basculer dans le found footage horrifique non plus (genre Apollo 18) mais un traitement vraiment respectueux du genre, préférant jouer sur l’émerveillement, le mystère et l’angoisse, constantes immuables des bonnes histoires d’exploration spatiale.

Reprenant le principe des vues subjectives de HAL dans 2001 sur la grande partie de son film, le réalisateur Sebastian Cordero (Rabia) fait de Europe Report un found footage statique et froid, appuyant ainsi la claustrophobie liée à son décor de navette spatiale. En sage élève de Kubrick (il utilise même Le Beau Danube bleu de Strauss dans un court clin d’œil), Cordero s’amuse également avec les joies de l’apesanteur pour truquer les perspectives, comme ce plan frontal des pilotes avec en arrière plan le reste de l’équipage en plongée verticale (voir la photo) qui va servir de macabre compte à rebours visuel au fur et à mesure que les membres de l’expédition décèdent violemment. Car, comme dans 2001, rien ne se passe comme prévu.

Si l’on ressent quand même ses limites budgétaires, Europa Report reste un petit film de SF plutôt inventif dans sa mise en scène et solidement servi par son casting trois étoiles (Anamaria Marinca à contre emploi, Sharlto District 9 Copley, Michael Millenium Nyqvist…). Avec en prime une approche scientifique aussi sérieuse que chez Shane Carruth (Primer), Christopher Nolan (Le Prestige) ou Duncan Jones (Moon), cet essai hard science est donc tout à fait recommandable.

 

The Vug

 

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Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».