Critique de Michael Kohlhaas

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Michael Kohlhaas

D’Arnaud des Pallières

Avec Mads Mikkelsen, Mélusine Mayance, Delphine Chuillot

France, Allemagne – 2013 – 2h

Rating: ★★★☆☆

Michael Kohlhaas, homme venu d’une contrée lointaine mais installé dans les Cévennes est éleveur et marchand de chevaux. Venu récupérer des chevaux prêtés à un baron de la région, il les retrouve dans un mauvais état ainsi que son valet qui avait un œil sur les bêtes. Il décide de mener l’affaire en justice, mais…
Je ne sais pas si Arnaud des Pallières a visionné Vahalla Rising, mais ceux qui l’ont vu savaient déjà que Mads Mikkelsen en costume de chevalier, ça claque plus que Sean Bean ou Viggo Mortensen. Tout aussi mutique dans le film de Nicolas Winding Refn que dans celui-ci, son personnage de héros « normal » semble être face à des forces qui le dépassent. En effet, c’est une lutte pour la justice qui parcoure les trois quart du film, que ce soient ses chevaux, son valet ou même sa femme. Et de l’injustice, il répond à l’injustice,  avec une action de désobéissance civile. Mais cela reste très épuré, tout comme le long-métrage de NWR mais le danois, à la différence du réalisateur français n’a pas peur de montrer le sang et la violence.

Car la vengeance anime moins le discours que la lutte pour le justice, entre conscience populaire – au fur et à mesure il se crée une armée autour de Kohlhaas car ils sont d’accord avec son combat – et plans tableaux (la brume bleutée sur les plaines). Mais lui aussi se retrouve à devoir faire preuve de justice, dans ses rangs pour éviter le pillage ou le meurtre crapuleux. Et bien sûr, dans une excellente séquence avec Denis Lavant en pasteur, il est question de justice divine. À la différence de Sergi Lopez et Amira Casar, Denis Lavant est utilisé à sa juste valeur avec ses diatribes sur la religion où sa « gueule de cinéma » est éclairée à la bougie, miséricorde.

Mais de très beaux plans et avoir le meilleur acteur du monde ne suffisent pas forcément à faire un bon film bien que le discours sonne d’actualité (comment un homme peut atteindre la paix intérieure quand il n’a pas la satisfaction de la justice qui a été inventé pour que l’homme dépasse le cadre de la vengeance?) et que la fin est funeste avec classe et élégance.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…