Les 30 cinéastes qui font le genre

 
 
 

Cher ami lecteur, voici donc le millième article publié sur Celluloïdz! Presque 3 ans et mille articles pour parler, décortiquer, faire connaître le cinéma qu’on aime, le cinéma de genre.

Même si notre époque est marquée par la mode du remake-reboot à gogo, elle n’en reste pas moins riche et généreuse en films et en réalisateurs de genre, bien que paradoxalement, les franchises et stratégies des studio entravent grandement la créativité et l’originalité. Pour fêter donc ce 1000e article, l’équipe s’est mobilisée pour définir une liste de 30 noms, les 30 réalisateurs qui font le cinéma de genre actuellement, les 30 mecs en activité qui le font évoluer, muter, qui le modernisent et l’immortalisent. 30 gars dont on est sacrément contents d’être les contemporains.

 

Tomas Alfredson

Après plus de dix ans de carrière en Suède, Tomas Alfredson se révèle au reste du monde en 2008, avec Morse. Ce film de vampire à l’étrangeté poétique saisissante, offre à Alfredson un succès d’estime, qui lui permet de s’attaquer à un projet beaucoup plus ambitieux : La Taupe. La minutie de la mise en scène, transforme ce qui aurait pu être un simple film d’espionnage, en une véritable partie d’échec, crispante et passionnante. Vivement la suite, Smiley’s People, prévue pour 2014.

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Darren Aronofsky

Jeune espoir de la fin des années 90 avec le thriller mathématique Pi, le réalisateur new-yorkais Darren Aronofsky concrétise son statut d’auteur avec le traumatisant Requiem For a Dream puis l’incompris The Fountain. Privilégiant les caméras à l’épaule depuis The Wrestler, Aronofsky adopte un style ouvertement réaliste qui explose avec Black Swan, son œuvre la plus aboutie. Prévu pour 2014, son prochain film racontera le mythe de l’Arche de Noé.

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Bong Joon-ho

Du thriller inspiré d’une histoire vraie qui avait secoué la Corée du Sud (Memories of murder), à la consécration deux ans plus tard avec une relecture de Godzilla, The Host (dans la liste des 30 films des années 2000), pour arriver au sobre et maîtrisé Mother, ce réalisateur sud-coréen mérite entièrement sa place ici. De ces films de genre il allie des discours de fond (le traitement des marginaux, le problème écologique et la dure condition humaine) à une mise en scène classique sans être classique. D’où notre attente pour Transperceneige.

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Joel & Ethan Coen

C’est un sport homologué” criait Walter Sobchak dans le cultissime The Big Lebowski sorti en 1998. Cette réplique pourrait facilement faire écho à la manière dont les frères Coen ont toujours abordé le cinéma depuis leurs débuts, c’est à dire en respectant cet art au plus haut point tout en y insufflant une touche hautement singulière. Singulière car l’une de leurs grandes qualités est d’être parvenu à constamment diversifier les genres abordés, au dedans desquels ils imprègnent toujours un second degré teinté de cynisme, soit de manière directe, soit de manière sous-jacente. Leur prochain film, Inside Llewyn Lewis, sortira vers la fin de l’année et laisse à nouveau présager un savoureux moment de cinéma.

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David Cronenberg

Que ce soit les métamorphoses de la chair ou le pouvoir de l’esprit, Cronenberg a exploré ses thématiques favorites comme un scientifique mènerait une expérience. De ses débuts, jalonnés de bobines SF expérimentales et de bis goreux, au cinéma d’auteur, avec Crash ou Cosmopolis, la filmographie de Cronenberg est une démonstration de cinéma, l’ayant placé au rang de maître du genre, puis de cinéaste reconnu.

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Alfonso Cuarón

Représentant avec ses amis Guillermo Del Toro et Alejandro Gonzalez Inarritu le renouveau du cinéma mexicain, Alfonso Cuarón est un cinéaste imprévisible et surprenant. Difficile à étiqueter, Cuarón navigue depuis plus de 20 ans entre les genres, aussi à l’aise sans budget qu’aux manettes d’un Harry Potter. Le succès pour seule constante. Loin de s’assagir, le Mexicain s’attaque à des projets toujours plus ambitieux, que ce soit sur la forme ou sur le fond. Après avoir réalisé l’un des meilleurs films d’anticipation (Les Fils de l’homme), Cuarón revient fin 2013, avec son projet le plus dingue : Gravity.

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Guillermo Del Toro

Ce réalisateur mexicain n’a plus à faire ses preuves, mais pourtant, continue à se dépasser à chacun de ses films, nous offrant des univers graphiques hors du commun et en épaississant son visuel avec de l’affect. De plus, il est un réalisateur de genre qui touche à tous les genres, du film de science-fiction au film fantastique en passant par le film historique et l’adaptation de bande dessinée. Il revient cette année avec Pacific Rim et de belles promesses pour le futur.

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Quentin Dupieux

Quelque part entre Marcel Duchamp, Luis Buñuel et David Lynch, le cinéma de Quentin Dupieux ressemble à la musique électronique qu’il produit sous le nom de Mr. Oizo. En roue libre, comme le pneu tueur de Rubber. Chez Dupieux, on sait d’où on part sans trop savoir où l’on va, tout en sachant que le voyage ne ressemblera à rien de connu. Depuis le houspillé Steak, Dupieux persévère à défricher son propre champ, celui d’un cinéma comique futuriste, expérimental et autonome. Il vient de boucler deux nouvelles comédies : Wrong Cops et Réalité.

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David Fincher

Fincher provient, comme beaucoup de réalisateurs américains, de l’univers du clip. Mais contrairement à beaucoup, dès son premier film, il ne fait rien d’autre que du cinéma, empruntant à ses codes et en jouant comme personne. Après une décennie 90’s très fructueuse et offrant de très grand films, il s’avère que les années 2000 sont encore meilleures et Fincher réussit à garder cette maîtrise tout en insufflant du cœur à ses films. Après Social Network, Millenium et l’annulation de son projet 20 000 Lieues sous les Mers, nous avons hâte de voir ce que le bonhomme nous réserve!

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William Friedkin

Après avoir définitivement marqué le cinéma des années 70 et 80 avec des chefs-d’œuvre tels que L’Exorciste, French Connection, Le convoi de la peur ou Police Fédérale Los Angeles, William Friedkin connait une légère baisse de régime durant la décennie 90. A partir des années 2000 il redonne un réel regain à sa carrière, notamment en revenant vers un cinéma plus viscéral et plus proche de ses débuts. C’est ainsi que le metteur en scène nous offrira Traqué, Bug puis Killer Joe, coup de poing cinématographique, démontrant si nécessaire qu’il n’a rien perdu de sa hargne.

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James Gray

James Gray a réalisé 5 films en l’espace de 19 ans. Assez peu certes, mais son investissement au niveau de l’écriture et l’implication hautement personnelle des thèmes qu’il aborde y sont pour beaucoup. Son premier film, Little Odessa, sort en 1994 alors qu’il est tout juste âgé de 25 ans. Ce film pose les jalons de son cinéma, à savoir les personnages en marge, les fêlures humaines et le cadre familial qui les entoure. The Yards, son œuvre la plus réussie, connaît un échec à sa sortie. James Gray ne reviendra sur les écrans qu’en 2007 avec La Nuit Nous Appartient puis Two Lovers l’année suivante, qui se révèle être plus intimiste que ses précédents films. On espère que les échos négatifs à propos de The Immigrant, son prochain film, seront rapidement démentis.

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Tsui Hark

Après l’échec cuisant de son chef-d’œuvre, The Blade en 1985, Tsui Hark a vécu une impitoyable traversé du désert. Et pourtant, son grand retour, Seven Swords, colossale épopée martiale, vint en remontrer à tous qu’il était encore et toujours le plus grand metteur en scène d’Hong-Kong, d’Asie, osons dire du monde. Bouleversant toutes les conventions, dynamitant avec fureur la notion de séquence, de plan, de champ, de mouvement dans le champ, par une démesure expérimentale profondément géniale, Tsui Hark se permet tout, sombrant à chacun de ses essais dans une folie cinématographique nécessaire. Wu xia pian aux chorégraphies extraordinaires, fables politiques bien plus subversives qu’il n’y paraît, Tsui Hark ose et impose, et nous, nous n’avons d’autre choix que de nous taire, et de nous délecter, aux anges.

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Mamoru Hosoda

Après avoir officié à la Toei Animation pour diverses séries télé et films qui en sont issus, Hosoda  rejoint le studio Madhouse, pour le compte duquel il réalise deux films, La Traversée du Temps et Summer Wars, véritables petits bijoux SF, l’un sur le Temps, l’autre sur le Virtuel. Puis en 2011, le cinéaste choisit l’indépendance, quittant le studio pour fonder le sien, le Studio Chizu et réalise alors son chef d’oeuvre, Ame et Yuki, les Enfants-Loups, prouvant ainsi qu’il est un concurrent de taille pour l’indétrônable Miyazaki.

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Kim Jee-woon

Le réalisateur sud-coréen numéro un. Sa filmographie est la plus progressive des metteurs en scène de sa génération : honnêtement, de Deux sœurs, on ne pensait pas regarder un film comme J’ai rencontré le diable par la même personne. Et de plus, il a été à la baguette du plus grand blockbuster sud-coréen, Le Bon, la Brute et le Cinglé, cela fait de lui un expert en grand écart alors. Bien que son aventure américaine, Le Dernier rempart, divise, Kim Jee-woon a un temps d’avance sur ses pairs, à moins que Transperceneige de Bong Joon-ho ne change la donne.

Rian Johnson

Découvert avec Brick, et grand ami d’un autre réalisateur qu’on admire, Lucky McKee, Rian Johnson a su se démarquer du cinéma indépendant mumblecore pourri que Miramax nous sert à la louche en offrant un premier film rendant hommage au film noir tout en étant un vrai film noir se passant dans le cadre d’un lycée. Une réelle vision, une envie de bien faire et en même temps de plaire sans se fourvoyer, Johnson frappe encore avec Brothers Bloom et Looper, un des films favoris de la rédaction l’année dernière. Nous sommes très curieux de voir ce que l’avenir lui promet. 

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Terrence Malick

Si papy Alain Resnais fait de la résistance, papy Terrence Malick reste bien plus vigoureux et peut être perçu comme le meilleur réalisateur en vie, face au Français en pré-retraite. Sans concession, épuré, métaphysique, son style gêne autant qu’il a d’adhérents. On s’était posé la question s’il n’était pas un cinéaste hors-genre, par la difficulté de catégoriser ses trois derniers films : Le Nouveau monde (conte historique ?), Tree of life (film fantastico-psychanalytico-expérimental) et À la merveille (faux film cerveau). Mais cela montre un cinéaste qui a le total contrôle de ses œuvres à en abuser, et tant mieux.

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Lucky McKee

Découvert en 2002 avec son premier film, May, Lucky McKee apparaît dès lors comme un des réalisateurs les plus doués de l’Horreur indé américaine. Fort d’une photo impeccable et d’une mise en scène maîtrisée et inventive, McKee est également auteur de la plupart de ses scénarios. Ancrant souvent son fantastique dans un réalisme contemplatif, le cinéaste aime à dépeindre l’Humanité, dans toute sa complexité et sa dualité.

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Steve McQueen

Artiste contemporain engagé et réputé, Steve McQueen se lance dans le cinéma en 2008 et file un sacré coup de défibrillateur au cinéma britannique. Deux films à son compteur et autant de chefs-d’œuvre. L’esthète anglais surprend par la maîtrise et la subtilité de sa mise en scène; atouts qui l’autorisent à traiter des sujets des plus périlleux : La grève de la faim des prisonniers de l’IRA dans Hunger, l’addiction au sexe avec Shame et bientôt l’esclavage dans le très attendu Twelve Years a Slave (prévu pour le 22 janvier prochain). God save McQueen !

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Takashi Miike

Il peut tourner jusqu’à quatre films par an, mais malheureusement ne peut en réussir qu’un parfois. Il peut réaliser un long-métrage dans un académisme asiatique rappelant ses aînés (Kenji Misumi ou Masami Kobayashi) ou dans un bordel iconoclaste pop jusqu’au-boutiste (Gozu ou Ichi the killer) avec une tendance dans la violence et le sexe déviant. Chacun de ses films est une expérience, positive ou négative, dans les deux cas il est rare d’être insensible à son style.

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Jeff Nichols

Le plus folk des réalisateurs de cette liste. Digne héritier de Terrence Malick, ce jeune cinéaste venu de l’Arkansas réalise à moins de 30 ans Shotgun Stories, un drame fraternel aussi puissant que juste. Avec Take Shelter et Mud, Jeff Nichols poursuit son portrait d’une Amérique profonde à dimension humaine. La violence y est bien présente mais reste toujours au second plan, préférant explorer les déchirures intérieures de ses personnages sensibles.

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Christopher Nolan

43 ans comme Nicolas Winding Refn, européen ayant grandi une partie de sa vie sur la côte est américaine, comme Nicolas Winding Refn. Il a la similarité avec le cinéaste danois de ne pas s’encombrer d’éléments ou motifs cinématographiques mielleux, lourds ou sucrés pour son récit, qu’il écrit avec une sophistication et complexité à rendre tortueux. Il admet, il veut faire des blockbusters, par chance il veut en faire des intelligents et honnêtes. Et ces dernières années ont montré qu’il avait dépassé le profil le précédent lui ressemblant le plus, Bryan Singer, dépassé la référence du cinéaste d’action des années 90, John Mctiernan et qu’il cherchait à atteindre la référence ultime du blockbuster intelligent : Steven Spielberg. Et Interstellar pourrait être bien meilleur que Minority Report

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Park Chan-wook

Après sa trilogie de la vengeance, ode dantesque et ultra-stylisée au revenge movie, Park Chan-wook n’a de cesse de continuer à explorer les arcanes du cinéma de genre en artisan certes extrêmement maniéristes mais totalement sincère. Implacable et foutrement habile avec les ruptures de tons inopinées et le mélange des genres dans ses premiers travaux, Park Chan-wook s’est peu à peu laissé aller à une certaine fragilité, oubliant parfois son approche frontale et virtuose de la violence, dans une volonté d’apaisement progressif, de rencontre avec un plus large public. Lady Vengeance, I am a cyborg but… ou Thirst, ceci est mon sang, souvent conspués par les adeptes des premières heures de Park, sont, et n’en déplaise à certains, de vrais, de beaux, parfois de grands moments de cinéma de genre en vertu notamment d’un travail d’écriture et de narration foisonnant brillamment illustré par une mise en pratique formelle toujours aussi maîtrisée et inventive.


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Sono Sion

A peine connu il y a encore deux ans en Europe, l’enchaînement des sorties Guilty of Romance (son chef d’œuvre) et Land of Hope lui permet une notoriété grandissante. Et pourtant ses films sont tous d’une grande différence (on peut noter Love Exposure, un long-métrage de quatre heures…). Poète anarchiste dont la biographie varie selon les journalistes (évoqué comme pervers à l’école, artiste performer de rue, peut-être pornographe…), il démontre, avec Takashi Miike, d’un anticonformisme à nous inspirer et à défendre.

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Christopher Smith

Le cinéma de genre anglais a actuellement le vent en poupe, et pour cause, la Grande-Bretagne est le berceau de brillants enfants terribles. Christopher Smith de Creep à Triangle, en passant par Black Death et Severance, touche à tout avec un talent certain, jouant la carte d’un traitement autant que faire se peut minimaliste. Filmant avec une fascination malsaine la monstruosité et la folie sous toutes ses formes, Smith opte pour une subversion discrète, par petites touches souvent subtiles mais toujours violentes et justes. De son tueur en série difforme mais touchant hantant le métro londonnien, aux habitants hérétiques du petit village épargné par la peste bubonique, ce sont ces êtres destructeurs car en marge, esseulés, qui emprisonnent inexorablement sa caméra et s’impriment durablement sur nos rétines.

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Steven Spielberg

Le grand réformateur du cinéma grand public moderne américain tel qu’on le connaît tous, c’est lui. Sam Raimi, Tim Burton, James Cameron, Peter Jackson, Guillermo Del Toro et plein d’autres mecs encore lui doivent une partie de leur art. Spielberg, c’est celui qui fait aimer le cinéma aux gamins. Mais Spielberg, c’est surtout une machine de guerre de la mise en scène, un papy indestructible qui a retrouvé une nouvelle jeunesse dans les années 2000, enquillant les grands films à vive allure sans perdre une once d’inventivité. On attend son Robopocalypse de pied ferme.

 

Quentin Tarantino

Le principal reproche que font les détracteurs de Tarantino à son égard est sa soi-disant roublardise visant à ne faire que piller dans le patrimoine du septième art pour ensuite recracher toutes ces influences à l’écran. Ce qui semble ironique dans cette observation est qu’elle fausse justement toute l’appréciation de son cinéma. En puisant et en retravaillant un ensemble d’influences, Tarantino recrée un langage cinématographique unique, de sorte que chacun de ses films est identifiable en l’espace de quelques secondes. Tarantino, avant d’être cinéaste, est un cinéphage, au point même de parfois donner l’impression d’être un pur produit de son amour immodéré du cinéma.

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Ben Wheatley

S’il possède un style tout à fait personnel, empreint d’improvisation et de réalisme, le réalisateur anglais Ben Wheatley aime à s’essayer aux différents genres du cinéma. Du polar familial (Down Terrace) au film d’horreur (Kill List), de la comédie acide (Touristes) au film en costumes sous acide (A Field in England), ce nega-Edgar Wright préfère déterrer les racines du mal pour exposer sa vision d’une Angleterre violente et repliée sur elle-même.

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Nicolas Winding Refn

Aussi décrié qu’adoré, Nicolas Winding Refn  est un cinéaste qui ne peut laisser son spectateur indifférent. Citant à tour de bras Kubrick, Scorsese, Lynch ou Tarkovski, il balaie les genres, manipulant leurs codes pour mieux les transcender. Après avoir touché le cinéma mainstream avec sa trilogie Pusher et Bronson, Refn s’est affranchi du genre pour livrer des métrages de moins en moins balisés, toujours plus sensoriels et métaphysiques.

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Edgar Wright

Les années 2000 marquent le retour du cinéma de genre britannique. Chef de file de cette “British Invasion”, Edgar Wright (Shaun of the Dead) est un grand fanboy cinéphage, maîtrisant les codes des films de genre et aimant les détourner pour rendre hommage au cinéma de genre qui a bercé sa jeunesse. Geek devant l’éternel, il signe même en 2010 un film calibré pour sa génération, la nôtre, avec Scott Pilgrim. Son prochain film, The World’s End, marque sa première incursion dans la SF.

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Rob Zombie

Deux putains de chefs-d’œuvre au compteur, instantanés, absolus, définitifs : The Devil’s Rejects, road movie d’une sauvagerie extrême purement rock’n’roll, The Lords Of Salem, somptueux opéra satanique baroque tout aussi rock’n’roll. Rob Zombie a tout du fruit de l’union diabolique entre Sam Peckinpah, Stanley Kubrick, et le Tobe Hooper de la grande époque. Implacable, brutale, radicale est sa mise en scène, gorgée d’une subversion insidieuse et douloureuse, mais salvatrice est son propos. C’est au cœur de tout un courant du cinéma ultra-contestataire des années 70 que Zombie s’inscrit, vomissant des flots d’une ironie extrêmement corrosive sur une bande-originale du tonnerre de Satan. Mais poète démoniaque il est aussi, artiste du cauchemar infernal, cauchemar qui n’aura jamais revêtu une beauté aussi troublante.

 
 

Dossier réalisé par Hamburger Pimp, Lullaby Firefly, Naughty Bear, Nico Darco, Skreemer, The Vug et Zelig

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