Critique de Wolverine : Le Combat de l’immortel

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The Wolverine

De James Mangold

Avec Hugh Jackman, Tao Okamoto et Rila Fukushima

Etats-Unis – 2013 – 2h06

Rating: ★★☆☆☆

J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.

La bonne, c’est que ce film est meilleur que le précédent dédié à Wolverine.

La mauvaise, c’est que c’est facile de faire mieux, et qu’ici, c’est clairement pas assez.

C’est vraiment con, je l’attendais ce projet quand même, au début déjà, quand Aronofsky avait été annoncé à la réa et McQuarrie (scénariste de Usual Suspects, entre autres), puis quand Mangold a pris la relève.

Ce bâtard de Mangold putain, il a réussi à m’y faire croire en citant une liste de références qu’il avait en tête en faisant le film, en ayant fait Copland et 3 :10 pour Yuma, mais il ne réussit jamais à faire décoller un film qui est déjà handicapé par un scénar torché avec le cul.

Commençons par ce scénario tiens, d’ailleurs.

Alors qu’il est agréable de voir que le film est fait en ignorant les codes du film super héroïque posés par Marvel récemment, on se rend vite compte que la structure ne marche pas. McQuarrie avait promis une adaptation plutôt fidèle de l’arc le plus connu du griffu, écrit par Claremont et dessiné par Miller, mais il se trouve que son scénar a été beaucoup retouché par un abruti qui ne semble pas avoir compris qu’au milieu du film, on est sensé savoir qui est l’antagoniste du héros. Ici, on a juste des jeux de trahisons aux enjeux plus pourris les uns que les autres, avec des persos secondaires qui vont de très faibles à moyen, une mutante ennemie, sorte de Poison Ivy du pauvre qui n’a juste rien à foutre là, des stéréotypes du Japon qui font passer Soleil Levant pour un exemple de tolérance et le climax le plus naze qu’il soit. Je ne vais pas spoiler, mais vous verrez, c’est juste une grosse faute de goût qui de plus arrive comme un cheveu sur la soupe et n’a rien d’assez fort pour justifier la présence de CETTE fin là à la fin de CE film là.

De plus, afin de mettre le héros face à ses faiblesses, on décide de lui retirer son pouvoir de guérison pendant toute une partie du film, mais même ça, ça ne fonctionne pas, puisqu’il se prend quand même 15 000 balles sans broncher dans le buffet et fait tout comme il l’aurait fait autrement. Il y a un truc qui s’appelle en anglais la « Suspension of Disbelief », qui consiste en un contrat tacite passé entre l’auteur et son spectateur qui acceptera ce que lui montre le film, mais pour ça, il faut l’aider, dramatiquement, que des choses se passent, qu’il y ait des conséquences, qu’il ne se retrouve pas à se dire « ah oui, c’est vrai, il a pas son pouvoir » quand le scénariste est à court d’idées, mais qu’il y croit. J’y ai pas cru une seconde. En gros, il vaut mieux montrer que son personnage est en danger plutôt que de le dire. Je n’ai jamais eu la sensation que Wolverine était en danger, ou si rarement.

Pour ce qui touche au travail d’adaptation, encore une fois, je trouve ça foireux. Je suis le premier à aimer quand une adaptation n’est pas un calque de l’œuvre d’origine, mais ici, on a des rajouts foireux, des persos et des intrigues mal écrites qui n’ont rien à foutre ici.

Au niveau de la réalisation, Mangold est un bon faiseur, mais ici, il est complètement dépassé par les évènements et à part une ou deux séquences un peu ludiques et sympas (où il est d’ailleurs aidé par un chef op’ plutôt doué), c’est plat, ça se veut beau, épique, iconique sans jamais l’être. Quand est ce que les réalisateurs moyens comprendront que si on veut faire dans la contemplation, il faut donner un réel point de vue à sa caméra sinon on se fait juste chier, assis, comme une vache regardant passer le train ?

La séquence du début par exemple, au Japon pendant la seconde guerre mondiale, est l’une des meilleures du film, mais elle l’aurait été bien plus si on avait eu un découpage et une réa plus dynamiques. La séquence d’action impliquant un train à un moment était sympa, un combat au sabre bien éclairé m’a rappelé le combat à Shanghai dans Skyfall et il y a quelques secondes où des ninjas avec des flèches sont utilisés de manière originale.

A part ça, c’est juste le vide, entre cette réa qui n’a pas passé 1999, ce scénar foireux et ces personnages bidons, on a pas de bol.

Reste un Hugh Jackman toujours parfait dans le rôle, une sidekick sympa et une scène post-générique qui est meilleure que tous les post-génériques Marvel réunis.

Je ne pense pas le revoir, ni le conseiller, ni même en parler.

En 2003, j’aurais dit « C’est mieux que Daredevil, c’est moins bien que Blade »

Un vrai film moyen du bas du panier.

Skreemer

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About Skreemer

Comme le dirait son bon pote Brassens, « Autrefois, quand j’etais marmot, J’avais la phobie des gros mots, Et si je pensais «merde» tout bas, je ne le disais pas… Mais Aujourd’hui que mon gagne-pain c’est de parler comme un turlupin, Je ne pense plus «merde» pardi ! mais je le dis. » En plus de tout ça, Skreemer a un goût certain pour la bagarre verbale avec les cons, les livres, les films et les bandes dessinées. Ses biscuits préférés sont les Hello Kitty à la fraise et il a toujours du Coca-Light et des clopes chez lui au cas où une demoiselle passerait. Par contre, il fait de longues phrases sans fin, avec plein de virgules dedans et n’aime pas les tomates. De plus, il est petit en taille et compense en utilisant du verlan.