Critique de The Conjuring: les dossiers Warren

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Rating: 3.2/5 (5 votes cast)

The Conjuring

de James Wan

avec Patrick Wilson, Vera Farmiga, Lili Taylor et Ron Livingston

Etats-Unis – 2013 – 1h50

Rating: ★★★★☆

James Wan fait définitivement partie des réalisateurs les plus malins de sa génération. Toujours constant, sachant s’adapter à n’importe quel genre, en s’ en réappropiant les codes. Insidious, son précédent opus, marquait par son jusqu’au boutisme et réaffirmait l’épouvante et le film de maison hantée dans une époque plutôt encline à la suggestion et aux portes qui claquent. A cela, Wan répondait à grand coup de musiques oppressantes et d’une galerie de fantômes tout droit sortis de cauchemars d’enfant. L’annonce de The Conjuring, au sujet similaire, augurait donc une avancée du jeune homme sur le dossier Maison Hantée.

Aimant pousser son délire à fond, Wan s’empare donc ici d’une “histoire vraie”, du moins de personnages réels, à savoir Ed et Lorraine Warren, démonologues et enquêteurs sur le paranormal, ayant notamment officié à Amityville (enfin, d’après Wikipedia). Le film s’attarde sur une de leurs enquêtes supposées, la famille Perron, fraichement débarquée dans la nouvelle maison tranquille à la campagne, qui se retrouvent très vite en proie à des phénomènes paranormaux pas cools. Histoire vraie ou pas, au final là n’est pas vraiment le propos.

Néanmoins, James Wan y croit et met tout en oeuvre pour crédibiliser son histoire / coller le plus à la réalité. Son background 70’s fonctionne, ses acteurs habitent leurs personnages (même Patrick Wilson fait oublier Patrick Wilson) et on a de l’empathie pour eux.  Pas de personnages secondaires vraiment loufoques, peu de respirations et très peu de gag.


Pourtant, là où Insidious tenait de l’Horreur, The Conjuring joue sur la Terreur. Les jumpscares sont de plus en plus inventifs et moins évidents, même si Wan prend toujours son temps pour alourdir l’ambiance d’une scène avant de faire surgir l’élément terrifique, élément terrifique toujours très graphique et marquant. Charpenté comme un cauchemar, le film s’apparente à un train fantôme, à l’instar de La Dame en noir de Watkins, plongeant son spectateur dans un tourbillon de frayeurs et de sursauts, habillement amené par une maitrise parfaite de la mise en scène. Les motifs de terreur sont renouvelés et les codes réinventés par des choix de caméras et un découpage ingénieux.

Comme ce fut le cas pour Insidious, Wan ne se contente pas de faire un film de maison hantée et préfère l’enrichir en le combinant avec les codes d’un autre sous genre de l’Epouvante (on ne précisera pas plus pour éviter les spoilers). Là encore, le réalisateur rectifie le tir et prend le temps de crédibiliser sa seconde partie, livrant une des scènes du genre les plus impressionnantes que l’on ait vu depuis des décennies. Toujours prêt à surpasser ses confrères et à aller jusqu’au bout de son délire, Wan maitrise ses deux tableaux et livre un film riche en scènes terrifiantes , auta,t d’impacts graphiques qui suivent le spectateur, bien après que l’écran de cinéma se soit éteint.

Habile, inventif, ayant tiré les leçons des critiques faites à Insidious, James Wan prouve une nouvelle fois qu’il fait partie des réalisateurs de genre à suivre et à ne pas lâcher.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.