Critique de The Call

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The Call

De Brad Anderson

Avec Halle Berry, Abigail Breslin, Morris Chestnut et Michael Eklund

Etats-Unis – 2013 – 1h34

Rating: ★★☆☆☆

Jordon est une opératrice au 911, le numéro de téléphone qui centralise les appels d’urgence aux États-Unis. Lors d’un appel, elle assiste, impuissante, à l’enlèvement d’une adolescente qui sera retrouvée morte et mutilée. Six mois plus tard, déjà bien traumatisée par l’événement, Jordan se retape le même type d’appel. Une ado qui hurle dans le coffre d’une voiture, enlevée par le même maniaque. Cette fois, l’opératrice fera tout pour sauver la gamine.

Les centre d’appel et ses sonneries incessantes, ses micro-casques, ses ready/not ready… Voilà le monde de rêve dans lequel nous convie The Call, dernier film de Brad Anderson, Master of Horror plutôt respecté ici grâce à deux films (Session 9 et The Machinist). On avait même été indulgent avec son Empire des ombres dans la catégorie des films fantastiques sympas mais pas ouf non plus. En effet, le cinéaste possède des capacités indéniables pour poser une ambiance et faire monter un suspense avec trois fois rien. Bref, de quoi garder un peu d’espoir avec l’arrivée de ce nouveau thriller, téléphonique cette fois-ci, dont l’histoire a été imaginée par Richard d’Ovidio, précédemment responsable de 13 fantômes.

Niveau mise en scène, Brad Anderson assure une nouvelle fois, nous tenant en haleine avec une histoire à la con. Filmant au plus près des visages lors des scènes de terreur, saupoudrant ci et là de quelques légers effets gore, le bougre impose vite sa griffe horrifique sur des scènes d’action relevant presque de l’exercice imposé (la victime cachée sous le lit, l’altercation avec l’automobiliste, l’intrusion dans l’antre du tueur). Le résultat reste efficace en dépit d’un scénario qui ne va pas plus loin qu’un épisode des Experts, s’inscrivant dans la lignée des thrillers horrifiques mainstream initiée par Le Silence des agneaux.

Du bon revival 90’s en somme si l’ensemble n’était parachevé par une morale post 11 septembre 2001 qui pue du cul, qui pue des chaussettes . Si The Call nous amène dans les coulisses d’une société ultra-sécuritaire, elle nous présente aussi des flics aussi dévoués qu’inefficaces et des opératrices à bout de nerfs. Cela justifie-t-il de faire l’apologie d’une justice personnelle dans un monde de surveillance accrue quand celui-ci ne parvient paradoxalement pas à garantir la sécurité des individus qu’il est censé protéger ? Alors quoi ? Plus de caméras ? Plus de flics ? Plus d’armes personnelles ? D’autant plus que, scénaristiquement, rien ne va réellement justifier la cruauté dont fait preuve le personnage d’Halle Berry lors des fatidiques dernières secondes du film. Bref, tout ça est ultra-réactionnaire mais on ne perd toujours pas espoir que Brad Anderson refasse un jour un film à la hauteur de ses capacités.

 

The Vug

 

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».