Critique de No Pain No Gain

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Pain and Gain

De Michael Bay

Avec Dwayne Johnson, Mark Wahlberg, Anthony Mackie, Tony Shalhoub et Ed Harris

Etats-Unis – 2013 – 2h10

Rating: ★★★★☆

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J’ai toujours aimé Michael Bay, beaucoup même. Je suis le genre de type qui bourré, va remater The Rock et écrire une longue lettre d’amour habitée au mec.

Mais depuis quelques temps, j’ai eu, quand je parlais de ses derniers films, du mal à le défendre. Vous savez, ce truc où vous parlez d’un truc que et que vous vous retrouvez à parler plus fort que tout le monde en concluant que de tout manière, ils sont bêtes. Je suis conscient que parfois, j’en ai trop fait, mais aujourd’hui, je suis heureux de voir qu’avec Pain & Gain, Bay se défend tout seul, que son film a un propos et que ce dernier est servi en permanence par un réalisateur doué, un monteur camé et un cast fabuleusement drôle.

Je me souviens de ma réaction quand le projet avait été annoncé, j’avais reçu la news avec étonnement et enthousiasme. En même temps, intervenant dans une période où l’humour archi-gras devenait de plus en plus parasite à son cinéma, je me suis dit que ça lui permettrait d’exorciser cet aspect là de son cinéma en un film dédié rien qu’à ça pour retourner sur quelque chose de plus sérieux.

Depuis cette annonce, il a fait trois Transformers, c’est à dire, un bon film et demi disséminé dans trois films où l’action était meilleure à chaque épisode, mais où la narration et l’humour se perdaient de plus en plus. Trois films où on pourrait se méprendre et croire que Bay n’en a plus rien à foutre de raconter une histoire.

C’est dans cette ambiance qu’arrive Pain & Gain donc.

Et c’est avec ce film là que je me reprends à croire en Bay, sans me forcer, à croire en lui comme à l’époque.

Pourquoi ?

Parce qu’on se rend compte, dès la première image, que cette histoire là, que Bay nous raconte vouloir faire depuis 8 ans, est une histoire qu’il veut raconter. Et déjà, c’est un très bon point de voir un réalisateur impliqué dans ce qu’il dit. Malgré la loufoquerie, la folie et la violence du film, pas une seconde on ne s’éloigne de l’histoire qui est racontée, pas une seconde (bon, si, allez, 2 mini scènes et un plan), la caméra filme autre chose que ce qui est nécessaire à l’histoire et à sa compréhension.

Et surtout, ce qui fait plaisir ici, c’est qu’il ne perd jamais l’humain de vue, et ça, ça faisait longtemps, depuis au moins The Island ! Le film est character driven à donf et chaque acteur est dirigé et filmé comme il se doit, comme il on est sensé nous les imaginer si on nous racontait ça. Mark Wahlberg est excellent, The Rock est sublimé par la caméra de Bay et en même temps, est un acteur comique vraiment talentueux et devrait faire beaucoup plus de comédie, et le reste du cast n’est pas en reste non plus.

Le film est une comédie noire, une comédie adulte dont le créneau était jusqu’ici pris par les frères Coen, mais l’entrée de Bay est fracassante. Comme chez les Coen, tous ses personnages sont des abrutis et sont confrontés à leur bêtise, mais aussi à celle du monde, c’est presque un cri de détresse naïf dans un monde cynique.

Mais pour finir, et ce qui est vraiment beau, c’est que rien de tout ça ne m’étonne venant de Bay, tout ça, il l’a toujours eu en lui dans ses bons films et en plus léger dans les moins bons. Et le film n’est jamais autre chose que du Bay, ce n’est jamais Bay essayant de faire du Coen Bros., nan, c’est lui qui se livre, formellement et thématiquement. D’ailleurs, c’est génial de voir ce film en connaissant un peu le cinéma du type, parce qu’alors qu’il nous a présenté dans ses autres films des héros virils, musclés dans un monde macho à donf, ici, il nous montre, à travers ce récit inspiré d’une histoire vraie, que dans la vraie vie, ces gens là sont des ânes. Il nous montre aussi ce rêve américain et comment la pression de ce dernier peut pousser aux raccourcis, aux rêves.

Je ne vais pas trop spoiler le film, mais on a ici ce que je demande avant tout à n’importe quel film, c’est la croyance en soi même. Et Pain & Gain, mis à part quelques petites longueurs, est un exemple criant de ça, il ne se travestit pas, reste entier du début à la fin, étonnant, drôle, intelligent, jouissif et me parle sur tous les aspects, de fond comme de forme.

Skreemer

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About Skreemer

Comme le dirait son bon pote Brassens, « Autrefois, quand j’etais marmot, J’avais la phobie des gros mots, Et si je pensais «merde» tout bas, je ne le disais pas… Mais Aujourd’hui que mon gagne-pain c’est de parler comme un turlupin, Je ne pense plus «merde» pardi ! mais je le dis. » En plus de tout ça, Skreemer a un goût certain pour la bagarre verbale avec les cons, les livres, les films et les bandes dessinées. Ses biscuits préférés sont les Hello Kitty à la fraise et il a toujours du Coca-Light et des clopes chez lui au cas où une demoiselle passerait. Par contre, il fait de longues phrases sans fin, avec plein de virgules dedans et n’aime pas les tomates. De plus, il est petit en taille et compense en utilisant du verlan.