Critique de Sous surveillance

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The Company You Keep

de Robert Redford

Robert Redford, Shia LaBoeuf, Susan Sarandon

Etats Unis-2013-2h05

Rating: ★★★☆☆

Robert Redford est un un acteur qui a une place bien à part dans le cinéma américain.

Il fut d’abord l’une des grandes icônes du courant contestataire du Nouvel Hollywood, ces films engagés des années 60/70 qui rompirent avec la politique des studios. Il est devenu par la suite le porte drapeau du cinéma indépendant US en tant que président du festival du film de Sundance. En adaptant le roman de Neil Gordon The Company You Keep, il revient sur ces années de luttes et de revendications et pose un constat amère sur les idéaux perdus d’une génération sacrifiée.

Suite à la reddition d’une ancienne activiste du mouvement Weather underground dont certains membres furent responsable de la mort d’un vigile au cours d’un braquage 30 ans auparavant, Jim Grant, avocat, est contraint d’abandonner la clandestinité et de reprendre la fuite afin de se disculper auprès des autorités de sa complicité dans ce tragique évènement.

Aidé d’une troupe d’acteurs solides (Stanley Tucci, Julie Christie, Brendan Gleeson, et la très engagée Susan Sarandon), Robert Redford aborde son récit avec distance et réserve, privilégie une réalisation classique, dépouillée de tout effet de mise en scène ostentatoires, essayant ainsi de conserver un regard objectif sur les thèmes traités dans son film.

De cette manière, il souhaite renouer avec une forme de cinéma dans lequel il a grandit en tant qu’acteur, et rappeler les travaux de ses pères du 7ème art (Sidney Pollack, Arthur Penn….), et renvoi directement au film de Sidney Lumet: A bout de course sorti en 1988 qui traite des mêmes évènements.

C’est malheureusement peine perdue, Robert Redford réalise un thriller mou, dénué de rythme, et semble avoir abandonné comme son personnage tout désir de révolte et de changement.

Il traite le sujet de manière trop superficielle pour que le public ne se sente concerné par cette période troublée de protestation contre la guerre du Vietnam qui a vu naître en Amérique du nord une nouvelle forme de terrorisme domestique.

On y voit cependant un parallèle certains avec la parcours du cinéaste et l’engagement éteint de son personnage. Il traite ainsi de la disparition d’un type de cinéma anticonformiste qu’il a soutenu tout au long de sa carrière, un cinéma qui n’a aujourd’hui d’ indépendant que le nom, réduit à un simple terme marketing des studios qui désigne les films destinés a remporter des Oscars.

Il semble tout de même subsister une légère lueur d’espoir, incarnée par le personnage de journaliste teigneux et intègre, interprété avec brio par Shia LaBoeuf. Son rôle rappelle les protagonistes du film de Alan J Pakula: Les Hommes du président. A la la différence prêt, l’immense salle de rédaction décrite dans le classique avec Redford est ici réduite à peau de chagrin, mais le désir de faire la lumière sur la vérité demeure intacte.

Robert Redford signe un film presque résigné, modeste, sur une page de l’histoire contemporaine américaine qui passionne toujours autant le public mais qui semble avoir perdu en chemin tout désir de subversion. L’ex Sundance Kid referme son livre d’images et de coupures de presses, le sentiment d’avoir accomplit son devoir en tant qu’artiste, et impatient de connaître la nouvelle génération de cinéastes qui va reprendre le flambeau.

Mart1

 

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