« J’suis nervous breakdown » en 10 films

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Votre femme vous a quitté en emportant tout, vos gamins se foutent de vous,  votre patron vous colle une pression d’enfer, les gens vous exaspèrent, vous vous demandez pourquoi vous devez payer autant d’impôts alors que vous gagnez si peu, votre voiture tombe en rade alors qu’il pleut des cordes puisqu’il fait un temps de merde depuis six mois… Bref, ca va pas du tout ! Z’êtes limite nervous breakdown….

Comme disait le Dalai Lama (ou quelqu’un d’autre, je sais plus) : « Pet contenu, furoncle au cul ».  Voici donc dix héros de films qui en ont marre de se contenir et de suivre des règles qui les rendent lentement (mais surement) dingues. Bref, dix types sous pression qui en ont ras la casquette et qui se mettent à faire dans la vraie vie ce que les gens normaux comme vous et moi ne feront jamais. Place aux mecs qui craquent !

 

TAXI DRIVER de Martin Scorsese (1976)

Travis Bickle est nervous breakdown depuis qu’il est revenu du Vietnam. Insomniaque et en proie à la solitude, il trouve un poste comme taxi de nuit, arpentant les coins les plus mal famés de New York. Jeté comme une merde par la fille dont il est amoureux, Travis s’achète des armes à feu, tâte de la fonte et part en guerre contre la décadence urbaine car il a de l’énergie destructrice à évacuer. Son cœur balance entre assassiner un sénateur et sauver une prostituée mineure des griffes de son proxénète. Par une curieuse ironie des temps modernes, ce facho névrotique de Travis va devenir un héros local.

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CHUTE LIBRE  de Joel Schumacher (1993)

William Foster est nervous breakdown depuis qu’il a perdu son boulot et que sa femme l’a quitté.  Coincé dans un gigantesque embouteillage, cet ancien cadre de la défense laisse sa voiture en plan et part régler ses comptes avec la société. Un coca trop cher, un type un peu pressant à la cabine téléphonique, des travaux qui n’en finissent pas… William est à fleur de peau et un rien l’irrite dangereusement, surtout lorsqu’il a une arme à la main. Normal que sa femme s’affole lorsqu’il décide de braver l’interdiction judiciaire de voir sa fille. Parce qu’en fait, il n’est pas si méchant William. Il est juste… à cran.

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SEUL CONTRE TOUS de Gaspar Noé (1998)

Le héros de Seul contre tous (et de Carne), qui n’a pas de nom, est nervous breakdown depuis un bon moment déjà. Père d’une enfant retardée avec laquelle il éprouve des sentiments ambigus, cet ancien- boucher chevalin a de l’aigreur à ne plus savoir qu’en faire. Voulant redémarrer sa vie après sa sortie de prison (il a tué par erreur celui qu’il pensait responsable du viol de sa fille), il ne fait que se conforter dans l’idée que la vie, c’est que de la merde. Chômage, misère, mort…  La violence qui est dans sa tête explosera-t-elle encore dans la réalité ?

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FIGHT CLUB de David Fincher (1999)

Le héros de Fight Club, qui n’a pas de nom,  est nervous breakdown depuis qu’il est devenu insomniaque et schizophrène. Exaspéré par la monotonie quotidienne, cet expert en assurances rencontre Tyler Durden, un vendeur de savon qui va l’émanciper en lui faisant renoncer à la société de consommation et créer un club clandestin où les loosers peuvent se castagner entre eux pour retrouver leur virilité perdue. Tout un programme d’autant plus que la finalité du plan est de détruire la société moderne en remettant tous les comptes bancaires à zéro.

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EXTENSION DU DOMAINE DE LA LUTTE de Philippe Harel (1999)

Notre Héros, qui n’a pas de nom, est nervous brekdown depuis qu’on l’a largué, ce qui l’a rendu misogyne. Informaticien désabusé, il part en voyage d’affaires avec Tisserand, son supérieur hiérarchique. Si Notre Héros galère avec la gent féminine, pour Tisserand, la vie sexuelle n’est encore qu’un fantasme. Car nos sociétés libérales nous font croire que le bonheur réside exclusivement dans deux domaines indissociables : la réussite professionnelle et la réussite sexuelle.  Ratez cette dernière et vous serez dépressif jusqu’à la fin de vos jours. Enfin bon, c’est ce que nous dit Houellebecq.

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JOHN Q. de Nick Cassavetes (2002)

John Q. Archibald est nervous breakdown depuis qu’il sait que son assurance ne couvrira pas les frais de la transplantation cardiaque qui sauvera son fils. Ni une, ni deux, John Q. fait une prise d’otage dans l’hôpital pour se faire entendre face à l’injustice aveugle à laquelle sont soumis ceux qui n’ont pas de couverture sociale. Bon, tout ça, c’était avant Obama et la réforme du système de protection sociale aux Etats-Unis. Mais diantre, ça fait du bien de gueuler un grand coup ! Sur la même trame scénaristique du sympathique preneur d’otage (héritée d’Un après-midi de chien de Sidney Lumet), il y a également Mad City  de Costa-Gavras, portant quant à lui sur les licenciements abusifs.

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EDMOND de Stuart Gordon (2005)

Edmond Burke est nervous breakdown depuis qu’il trouve sa vie merdique. Il a pourtant une bonne situation financière et professionnelle ainsi qu’une ravissante épouse. Mais ça suffit pas et Edmond envoie tout balader un soir et part dans la ville pour «revivre». Direction les putes mais c’est déjà trop cher pour lui. S’ensuit une spirale de la loose où Edmond va tout perdre…. pour finalement retrouver l’amour en prison dans les bras d’un prisonnier afro-américain. Ironique lorsque l’on sait qu’Edmond est raciste et homophobe, non ?

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TAKE SHELTER de Jeff Nichols (2010)

Curtis LaForche est nervous breakdown depuis qu’il est victime d’hallucination et de rêves apocalyptiques. La fin du monde est proche, les amis ! Une tempête gigantesque va s’abattre sur les hommes et Curtis décide d’engloutir toutes les économies familiales pour construire un abri souterrain pour protéger sa fille et sa femme. L’entourage de Curtis panique. Serait-il en train de perdre la raison ? Puisque la frontière entre folie et illumination n’étant marquée que par une intervention divine, il faudra à Curtis une sacrée dose de détermination pour prouver qu’il voit juste.

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SUPER de James Gunn (2010)

Frank D’Arbo est nervous breakdown depuis que son ex-junkie de femme est retournée dans les bras d’un dealer très dangereux. Contacté par Dieu en personne, ce modeste employé de fast-food décide de devenir… un super-héros. Un peu comme Kick-Ass si ce n’est que Frank frappe dans le tas, du petit dealer de shit au resquilleur des files d’attente. Par chance, il y a une forte proportion de criminels parmi les gens qu’il tabasse à tour de bras. Rejoint dans sa quête par une geek hystérique, Frank va tout faire péter pour retrouver sa femme. Cruelle ironie : les exploits ne suffisent pas à obtenir l’affection de celle qu’on aime.

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GOD BLESS AMERICA de Bobcat Goldthwait (2011)

Frank Murdoch est nervous breakdown lorsque, la même journée, il perd son travail et se fait diagnostiquer une tumeur cérébrale incurable. Sa femme étant partie depuis longtemps avec sa petite fille insupportable, Frank se dit qu’il n’a plus rien à perdre et décide de se faire plaisir. Il va traverser les Etats-Unis pour dégommer tous les gens qui l’exaspèrent dans la vie, en particulier à la télévision. Des pétasses de la télé-réalité aux chroniqueurs républicains arrogants, en passant par les intégristes religieux, Frank va se faire plaisir d’équilibrer les choses selon son propre goût, rapidement rejoint dans sa cavale meurtrière par une ado désabusée. Mais même toute la violence du monde ne suffit pas à venir à bout de la connerie ordinaire. Je n’aurai qu’un chose à dire dans ce cas là: « Monde de merde ! »

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».