Critique de Evil Dead (2013)

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Evil Dead

de Fede Alvarez

avec Jane levy, Shiloh Fernandez, Jessica Lucas, Lou Taylor Pucci, Elisabeth Blackmore

Etats Unis- 2013 – 1h31

Rating: ★★★★☆

 

Découvert sur le net grâce à un court métrage fort prometteur Ataque de panico!,  Fede Alvarez jeune cinéaste uruguayen ne tarde pas a attirer l’attention des producteurs hollywoodiens toujours en quette de jeunes talents. C’est Sam Raimi qui jette son dévolu sur le réalisateur débutant et lui propose de refaire son désormais classique Evil Dead., film qui l’a consacré au rang de maître de l’horreur.

Cinq ami(e)s investissent une cabane isolée dans les bois dans le but d’aider une des leurs camarades à se débarrasser de sa dépendance à l’héroïne. Leur paisible retraite ne sera que de courte durée, chamboulée par la découverte d’un mystérieux grimoire dans les fondements de la battisse. Ils paieront cher cet excès de curiosité qui réveille accidentellement un esprit démoniaque tapis dans la forêt.

10ans déjà que l’on entend tout et n’importe quoi sur une hypothétique reprise de la franchise Evil Dead, qui faute de films s’était déclinée sous de multiples formes: Jeux vidéo, comédie musicale, et comics. On a connu les hommages opportunistes (Cabin Fever de Eli Roth) et les outrages post-modernes (le très médiocre The Cabin in the Woods de Drew Goddard ) jusqu’à ce que l’on apprenne que le projet est enfin sur le point de ressusciter sous les regards bienveillants  des créateurs de la célèbre série horrifique: Sam raimi, Roger Tapert et Bruce Campbell.

Aux commandes Fede Alvarez et son co-scénariste ont la bonne idée de traiter le film de manière réaliste et adulte, évitant ainsi les écueils d’un cinéma post-pubère qui gangrène le cinéma de genre avec la même efficacité que le démon particulièrement malveillant du film.

Le jeune cinéaste écrit son scénario d’après ses souvenirs, et préfère prendre ses distances avec le film de Sam Raimi plutôt que de chercher à coller à la virgule prêt au métrage originel. Il nous gratifie d’une scène introductive qui plonge immédiatement les spectateurs dans l’univers ésotérique de Evil Dead, puis, prend son temps  dans sa mise en place de l’intrigue et le développement de ses personnages. Ce parti pris sera largement bénéfique au déroulement de l’histoire, créant ainsi une empathie sincère pour les protagonistes, rendant de ce fait la peur plus tangible et l’horreur plus insoutenable.

Le remake joue habilement dans son premier tiers de l »ambiguïté concernant le personnage principale : la jeune Mia (Jane Levy), junkie attachante dont on ne sait pas si elle est victime d’un esprit malin ou d’une crise de manque qui provoquerai d’effrayantes hallucinations. Fede Alvarez lève progressivement le voile sur la réelle nature démoniaque qui a pris possession de la jeune femme, et le récit s’accélère au fur et à mesure que le mal contamine ses camarades. A partir de cet instant nous avons le droit à un véritable déluge d’hémoglobine, de mutilations, amputations et autres tortures maléfiques dont la qualité des maquillages et effets spéciaux en plateau renforce l’aspect malsain et éprouvant des scènes gores.

Le réalisateur respectueux de l’œuvre originelle conserve certains ingrédients qui ont fait la renommée de Evil Dead: les plans point de vue du démon dans la forêt, la cave, la tronçonneuse, ainsi qu’une grande partie de la mythologie, et abandonne judicieusement le côté cartoon, le personnage de Ash, et les blagues des 3 Strooges, empreintes trop marqués de la personnalité de Sam Raimi. On regrette cependant que le réalisateur s’affranchisse dans la dernière partie du film de sa volonté de réalisme, une petite entorse qui lui permet plus facilement d’iconiser son personnage principal pour un duel final particulièrement sanglant.

Evil dead version 2013, appartient à une catégorie de films trop rares, celle des remakes réussis capable de fédérer dans un même élan les fans du film de 1981, et les jeunes spectateurs avides de sensations fortes. On ne peut espérer que l’expérience sur la réalisation du film sera aussi formatrice et encourageante pour l’avenir artistique du jeune Fede Alvarez qu’elle le fut en son temps pour son mentor et prédécesseur.

Mart1

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