Critique de Dead Mine

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Dead Mine

De Steven Sheil

Avec Ario Bayu, Sam Hazeldine,  Afwan et Andre

Indonésie – 2012 -1h27

Rating: ★★☆☆☆

Il y a quelques années, Steven Sheil nous avait gratifié d’un Mum and Dad pour le moins gratiné : sa sitcom particulièrement déviante matinée de torture porn bien dégueulasse, et vomissant   sur les valeurs familiales à grand renfort d’humour noir pas toujours très fin, avait su nous mettre l’eau à la bouche dans l’espoir de futurs projets tout aussi dégénérés. C’est après quelques années sans aucune nouvelle du bougre que nous le retrouvons finalement, alors qu’on ne l’attendait plus, aux commandes du coup d’essai destiné au marché international de la toute nouvelle succursale asiatique de HBO. Dead Mine sur le papier, quand bien même ça fleure bon le  »vas-y que j’te pompe hardcore l’excellent The Descent de Neil Marshall » (celui-ci roublard, suçant déjà allègrement et ce jusqu’à la moelle le mythique Predator de John Mc Tiernan), ça excite un brin.  Dans les faits, eh bien, force est de constater non sans une petite pointe de tristesse que… ça le fait quand même beaucoup moins. Mais point de panique, si tu te cherches une petite péloche horrifique sympathique qui fait son taf… mais pas trop, te divertit… mais pas trop, te fournit ta dose d’hémoglobine… mais pas trop, tu peux tout de même te laisser tenter… mais pas trop. Tout cela se laisse regarder sans douleur et contient même malgré tout, quelques beaux petits morceaux de bis décomplexés, quand bien même il faudra être patient, les vingt dernières minutes nous tirant enfin efficacement de la torpeur.

Un groupe d’explorateurs internationaux débarquent sur une petite île indonésienne afin de s’atteler à des recherches archéologiques pour le moins mystérieuses. Les deux scientifiques à la tête de l’expédition révèlent rapidement au reste de l’équipe suspicieuse de quoi il retourne véritablement : ils souhaitent mettre la main sur un trésor mythique qui aurait été enfoui sous terre par les forces japonaises durant la Seconde Guerre Mondiale. Attaqués par des pirates, ils se voient contraints de se réfugier dans une ancienne mine abandonnée. Ils se rendront très vite compte qu’ils ne sont pas seuls, d’étranges créatures rôdent dans les tunnels… mais là encore n’est pas le plus grand danger.

En réalité, et là est le problème principal de Dead Mine, celui-ci souffre désespérément de la comparaison avec le métrage sauvage de son compatriote Neil Marshall. Moins tendu, moins intense, ne suscitant à aucun moment un quelconque stress claustrophobique, moins sadique et sanglant, il ne cesse pourtant de manière quelque peu masochiste, voire totalement suicidaire, de copier son aîné : créatures quasi-identiques aux crawlers, ces dernières étant terrées dans des grottes à la production design qui ne sent pas très bon le déjà-vu. Certes le point de départ du récit et le cadre géographique dans lequel il se déroule n’est pas du tout le même, mais la structure narrative et les péripéties originelles font très sérieusement écho à celles de The Descent. Bref nous sommes au choix, soit dans l’hommage maladroit, soit dans le plagiat pur et simple, à toi cher lecteur de voir. Mais rappelons que le cinéma de genre se caractérise par une récupération et un retravail constant de structures narratives ultra-codées qu’il convient de transcender par la mise en scène. La répétition parfois brute des thèmes et des récits aux passages obligés est constitutive du genre et plus particulièrement du cinéma d’horreur, mais encore faut-il avoir quelque chose à apporter avant même de songer à se lancer dans un exercice de transcendance du matériau de base, et là autant l’admettre, Steven Sheil et son scénariste rament grave. La mise en scène s’avère irrémédiablement plate, peine sérieusement à mettre en valeur la nature environnante et le décor souterrain qui jamais au grand jamais ne suscite la moindre impression d’enfermement. Pire encore, les scènes d’action réussissent la prouesse d’apparaître encore plus molles et illisibles que celle de Neil Marshall, ce qui constituait à mes yeux peut-être le seul et unique véritable défaut de The Descent. Le scénario se perd en un amas indigeste de twists et autres révélations faisant irruption très/trop régulièrement, en séquences de dialogues interminables (notons tout particulièrement un échange anglo-nippon tout en traductions laborieuses absolument insupportable) jusqu’à un final qui, tout en atteignant des sommets dans le domaine de l’incohérence, nous offre enfin un pur moment de fun décomplexé somme toute assez original et inattendu. Le métrage se trouve alors à notre grand soulagement presque sauvé du naufrage complet par un feu d’artifice portnawak’ qui fait pour le coup grandement plaisir. Soyons clair et honnête, ce n’est toujours pas très bien torché, mais au moins ça assume le délire et ce jusqu’au bout. Je te laisse cependant la surprise du dernier tour de bobine, cela te fera au moins une seule petite mais bonne raison de mater la chose, c’est peu je te l’accorde… Le reste du temps, tu peux éventuellement t’amuser avec tes potes à repérer les  »étranges » points communs qui trainent ça et là avec l’autre film de monstres vicelards planqués sous terre, bien meilleur celui-ci tu l’auras compris, je te prédis un riche jeu à boire en perspective.

Si Dead Mine est un cadeau de l’un de tes amis (qui ne t’aime finalement peut-être pas beaucoup), tu peux tout de même tenter l’aventure. Si Dead Mine traine sur les linéaires d’un magasin d’occaz’ à un prix dérisoire, why not ! Si Dead Mine est à prix vert à la Fnac, fuis à grandes enjambées et remate toi The Descent que tu possèdes certainement dans ta dvdthèque, là au moins tu auras de quoi satisfaire ton appétit de fanatique de survivals hardcore. Si tu veux découvrir Steven Sheil, procure toi Mum and Dad qui témoigne du potentiel réel du bonhomme, et considérons tous ensemble le second essai du monsieur comme une petite erreur de parcours pas totalement honteuse, mais quand même pas bien folichonne, de justesse tirée du gouffre (et d’une seule et unique étoile) par un final qui vaut tout de même le coup d’œil eu égard à sa petite folie communicative.

 

Naughty Bear

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About Naughty Bear

Esprit vengeur adepte donc de la loi du Talion enfermé dans une peluche : œil pour œil, dent pour dent de préférence marteau au poing (quand il n’a pas les mains occupées à manipuler des cartes à jouer)… tout cela en version nounours bien sûr ! Aimant humblement à philosopher sur toutes formes de monstruosités y compris la sienne »Je sais que je suis une bête, cependant j’ai le droit de vivre non ? »… tout cela en version nounours bien sûr ! Un scanner récemment effectué a pu révéler qu’il possédait en guise de rembourrage des pellicules plein la tête (hardcores si possible), l’écriture s’avère dès lors le seul et unique moyen de les exorciser. Avez-vous déjà vu un nounours armé d’une machette se confectionnant un masque avec le cuir ou plutôt le tissu de ses victimes ? Maintenant, oui.