Critique de The Land of Hope

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Kibô no kuni

De Sono Sion

Avec Isao Natsuyagi, Jun Murakami, Megumi Kagurazaka

Japon, Grande Bretagne, Taïwan – 2012 – 2h13

Rating: ★★★★★

Dans un village près de la centrale de Nagashima, un agriculteur vit avec sa femme atteinte d’Alzheimer, son fils ainsi que l’épouse de ce dernier. D’une vie de labeur, entre la récolte des brocolis et l’élevage des vaches, un tremblement de terre entraîne l’explosion de la centrale nucléaire, changeant le courant de la vie de chacun…

Sono Sion, connu pour son goût de l’insolite et de la provocation, est aussi un expert en récit polyphonique, la plus grande preuve étant son film de 4h The love exposure. Dans un traitement de l’esthétique de la ruine, on a tous en mémoire les images de la catastrophe de Fukushima, le réalisateur réfléchit sur le problème du nucléaire au Japon. D’une part il complète son imagerie avec celle des disparus du 11 septembre 2001, les panneaux de message, d’autre part il évoque ouvertement le cafouillage médiatique suite à Fukushima. De là, les figures de la paranoïa et de la psychose sont suggérées et incarnées par Izumi (l’héroîne du précédent film de Sono Sion, Guilty of romance) tout d’un coup aliénée par le tout sécuritaire.

Maintenant revenons sur les trois couples. Trois âges, les retraités qui s’aiment les yeux fermés, les trentenaires qui doutent et vont devenir parents et les jeunes adultes qui commencent juste à se dire je t’aime. Dans cette adversité de la catastrophe nucléaire, chacun des couples va se solidifier, dans la douleur sauf le couple de vieux, car ils ont construit et établit suffisamment de souvenirs et de choses (un arbre par génération). Alors le film se mue en fable ou poésie pour nous faire réfléchir sur la mort et la dangerosité de la vie. Ma formule est bizarre non? Pour préciser, je dirais que la vie est compliquée au point qu’on met une vie à la dompter. Sono Sion, sur ce point, est à la fois grave et léger: un couple de personnes âgées à l’approche de la mort danse dans la neige avant que la femme soit portée sur le dos de son mari, ou le jeune couple marchant minutieusement dans les débris enneigés.

Au final, pour un metteur en scène signifié « punk », Sono Sion établit un discours sur la sagesse.

Hamburger Pimp

 

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…