Critique de Love Exposure

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Rating: 4.5/5 (4 votes cast)

 

Ai no mukidashi

De Sono Sion

Makiko Watanabe, Itsuji Itao, Hikari Mitsushima

Japon – 2008 – 3h57

Rating: ★★★★☆

Yu est un jeune garçon dont la mère vient de mourir. Son père, en référence à la forte foi de son épouse défunte, devient prêtre. Mais suite à la rencontre d’une femme exubérante venant continuellement à l’église, quelque chose va changer chez le père de Yu, lui-même grandissant dans la plus profonde solitude. Il rejoint alors une bande de voyous…

Dans la lignée de Takashi Miike, Sono Sion est aussi un réalisateur iconoclaste, provocateur et subversif, qui pour ce film part d’un postulat sur la religion pour traiter des groupes de gangs de jeunes des lycées japonais afin d’arriver finalement à construire un film épique. Sur utilisation décalée de musique classique, c’est un conte d’initiation, un conte d’apprentissage sur la perversité et le mal qui en découlerait. En effet, Yu, être épuré et honnête n’aura de reconnaissance seulement dans sa quête du mauvais. De là, un maître excentrique se substituant au père absent et du gang qui l’enrôlera, il deviendra le leader.

Mais de la longueur du film, le récit filmique s’écrit avec force dans une polyphonie, proposant une belle galerie de personnages, tout aussi loufoques les uns des autres, entre parodie kung-fu (le sens littéral du terme), réflexion sur les sectes et la religion et blagues potaches. Et la longueur permet aussi un riche travail visuel : pellicule à grain, caméra DV, steadycam et mêmes zooms et ralentis grossiers, sûrement pour suggérer l’ébullition de l’esprit de la jeunesse et ses soucis de spiritualité. Mais la longueur est aussi un défaut sur ce film car la seconde partie n’a pas la même intensité que la première, car elle est bien plus linéaire, académique et moins auteursisante, même si il est traité d’amour lesbien de façon explicite.

Est-ce vraiment la société qui nous pervertit ? Ou tout simplement le désir bien que maintes fois pensés ou écrits par des intellectuels (philosophes, psychanalystes, romanciers) reste encore suffisamment tabou pour les jeunes l’abordent encore avec un trop plein surtout dans ce contexte pessimiste. On en rigole ou on n’en parle pas, pire on en parle mal, tout comme la religion, alors bravo à Sono Sion capable d’aborder en un film autant de thèmes actuels.

Ps: excellent clin d’oeil à La Femme Scorpion… voire à Kill Bill

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…