Critique de L’Ecume des jours

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L’écume des jours

De Michel Gondry

Avec Romain Duris, Audrey Tautou, Omar Sy, Aïssa Maïga, Gad Elmaleh

France – 2013 – 2h05

Rating: ★★★★★

Colin, jeune parisien dandy bohème, vivant entouré de ses amis Nicolas, cuisinier et avocat, et Chick, ouvrier prolétaire lecteur assidu de Jean-Paul Sartre (pardon Jean-Sol Partre), souhaite rencontrer l’amour et s’en impatiente. Lors de l’anniversaire du chien d’Isis, une amie commune aux trois garçons, Colin  rencontre Chloé…

Roman absurde, surréaliste ou incompréhensible, L’écume des jours de Boris Vian semble excellemment correspondre à l’univers du réalisateur Michel Gondry. D’ailleurs Colin est construit en tant qu’alter ego de l’ancien clipper attitré de Björk, personnage inventeur (le pianocktail) féru de bonnes musiques et de machines en tout genre. De plus la maison du protagoniste n’est pas en reste, véritable laboratoire (une souris y vit, une sonnette insecte et les instructions directes d’un grand chef cuisinier), elle sera un témoin en perpétuel changement de la vie des personnages, des couleurs vives et rayonnantes aux couleurs ternes jusqu’au noir et blanc. Car ce film est sur la vie et le temps qui passe, et malheureusement les douleurs et les souffrances qui s’accumulent quand auparavant ce sont l’euphorie et le ludisme qui sont mis en avant. Cependant, le film n’est pas en deux parties, mais en multitudes d’histoires, que ce soit le séducteur Nicolas ou l’impossible mariage entre Chick et Alise.

En effet, on a l’impression que chaque scène est propice à une idée visuelle baroque ou humoristique: une danse sur du jazz allongeant les jambes, une prise de drogue qui n’est pas de la drogue( des discours en stereo), une prestation publique de lecture de Jean-Sol Partre à l’esthétique artistique soviet, une église proposant une course de voiture pour choisir le couple à marier ou un boulot consistant à donner de la chaleur humaine à des munitions d’armes de police. Oui, ce Paris pensé par Boris Vian a toute sa force fantasmatique avec Michel Gondry, tout en restant moderne et très actuel (existe-t-il encore une conscience prolétaire, les travaux qui n’en finissent plus dans Paris). Cela se remarque surtout dans le délitement causé par le temps, avec un disposition tragique qui n’était pas connu chez Gondry, on lui reprochait souvent de ne pas assez travaillé son récit et de trop se concentrer sur le visuel. Ce dernier se montre triste et grave, il avait commencé à la faire avec The We and The I, notamment dans son travail de clair obscur dans la dernière partie du film en noir où des souvenirs apparaissent en surimpression.

C’est le film français de ce début d’année et il serait peut-être temps que le cinéma français accorde la place qu’il mérite à Michel Gondry, metteur en scène toujours dans la recherche et l’originalité.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…